News BDS

par Simon Franssen

Début juin, j’ai eu le privilège d’assister au concert des Gun’s and Roses. Sur place, deux drapeaux ukrainiens flottaient aux extrémités de la scène.

Rien à redire au fait de défendre l’opprimé face à l’oppresseur.

Après un fabuleux solo de Slash, les premiers accords de Civil War résonnent au Passeio Marítimo de Algés de Lisbonne ; après le premier « I don’t want your civil war », Axl Rose glisse un mot de soutien au peuple ukrainien.

Normal de défendre l’opprimé face à l’oppresseur.

Rentré à Bruxelles et digérant la triste entrée en matière de la Belgique en Ligue des nations, je consulte le programme de la compétition : outre un alléchant Géorgie – Gibraltar, je vois que le match prévu entre l’Albanie et la Russie a été annulé pour les raisons que l’on sait.

Quoi de plus naturel que de défendre l’opprimé face à l’oppresseur ?

M’intéressant à la suite de la compétition, je note que le match entre Israël et la Russie est également annulé. Pour punir l’agression russe contre l’Ukraine… Mais, bien entendu, pas celle d’Israël contre le peuple palestinien.Israël, en dépit de son abominable politique d’apartheid, ne se voit fermer la porte d’aucun évènement culturel ou sportif et les drapeaux palestiniens sont bien peu nombreux à flotter à travers le monde, quant ils ne sont pas tout bonnement bannis (voir bulletin°90, page 29).

Un goût amer m’envahit la bouche et une question me taraude : à quand la fin du deux poids-deux mesures ?

Royaume-Uni

« Nous ne serons pas réduits au silence sur la Palestine, ni maintenant, ni jamais !» a annoncé le rappeur britannique Lowkey après que le lobby « We Believe in Israel » ait tenté de faire retirer ses chansons de Spotify. On s’en doute, la chanson « Long Live Palestine » n’a dû plaire qu’à moitié aux tenants de la hasbara israélienne. Sous prétexte de s’opposer aux contenus promouvant la violence, « We believe in Israel » n’atteste que du net penchant à la censure qui sévit dans la « seule démocratie au Moyen-Orient ». Heureusement, ce maccarthysme contemporain n’est pas arrivé à ses fins et le « Free my people, long live Palestine – we will never let you go » résonne toujours sur la plateforme de streaming musical.

Bruxelles

Alors que le drapeau ukrainien flotte pratiquement sur tous les bâtiments bruxellois, le Brussels Short Film Festival a décidé de contribuer au ripolinage de l’image d’Israël, en acceptant le sponsoring de son ambassade pour son édition 2022. Après avoir reçu des assurances de retrait du logo de l’ambassade d’Israël, l’ABP découvrit avec stupeur qu’il n’avait été que déplacé dans une autre section du site… Dans une carte blanche parue dans « Le Soir », les signataires rappellent au BSFF que le 1er février dernier, Amnesty International attestait de la pratique de l’apartheid par Israël. Comme nous l’avons mainte fois répété, toute forme de partenariat avec Israël a pour effet d’occulter les crimes contre l’humanité perpétrés par son État colonial. Du coup, le BSFF, l’année prochaine, on en tente une édition 2023 sans partenariat avec un État voyou ?

Norvège

Le 3 juin dernier, se tenait la conférence de la Confédération des syndicats de Norvège. Point remarquable : la Confédération a décidé de soutenir un boycott international de l’État israélien jusqu’à ce que celui-ci se plie au droit international. N’est-il pas désespérant de se réjouir de ce qui devrait être normal ?

USA/Israël

Début juin, General Mills, une entreprise américaine spécialisée dans l’agroalimentaire, a annoncé la vente de ses parts dans sa coentreprise basée en Israël à son ex-partenaire Bogdan Group. Épinglée par la banque de données du Conseil des droits de l’Homme des Nations-Unies listant les compagnies ayant des activités dans les colonies illégales israéliennes en Palestine occupée, l’entreprise était dans le viseur des militants BDS. Le petit manquement au droit international de General Mills ? Leur présence dans la zone industrielle d’Atarot, une colonie illégale au nord de Jérusalem.

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