Un mépris odieux

Une fois de plus, la question palestinienne révèle toutes les incohérences et les vilenies du monde politique occidental.

Inutile de faire ici un rappel historique: le bulletin Palestine l’a déjà fait de manière circonstanciée au fil de ses numéros. Ce qu’il faut dénoncer aujourd’hui, c’est le fait que les gouvernements occidentaux ont accepté tacitement, sans broncher, que Netanyahou, chef du gouvernement d’Israël, de son armée et des colons, achève et scelle la disparition de l’État de Palestine. Les nombreux votes en faveur de la Palestine à l’Assemblée Générale de l’ONU resteront lettre morte tant que Netanyahou et ses complices ne seront pas poursuivis et condamnés pour la commission du génocide à Gaza et pour la guerre de colonisation menée en Cisjordanie et à Jérusalem-Est. Israël, enfanté par la mauvaise conscience des États qui ont laissé faire ou contribué au judéocide, s’est révélé non pas le grand refuge pour les survivants de ce crime des crimes mais le mauvais génie du Proche-Orient. Les gouvernements occidentaux ont permis aux extrémistes de croire à la réalisation de leur Grand Israël. Leur lâcheté, conjuguée à celle de certains États arabes, a laissé croire à la direction israélienne que tout lui était permis.

Ce drame n’est pas seulement celui du peuple palestinien. En effet, cette démission de nos gouvernements face à leurs responsabilités fragilise tout l’édifice du Droit International, qui devait garantir les règles de la coexistence entre les peuples et leur droit à l’autodétermination. Ne pas réhabiliter et faire respecter les droits fondamentaux des Palestiniens signifiera tôt ou tard la faillite –souhaitée par quelques-uns – de l’ensemble des instruments élaborés à partir de la Charte des Nations Unies en 1945. Le prétendu «Conseil de paix» imaginé et présidé par Trump n’a guère d’autre objectif que celui-là.

C’est aussi ce qui fait la centralité de la question palestinienne et l’importance du soutien à sa résistance. J’ai eu la chance, comme plusieurs d’entre nous, de travailler avec Naïm Khader, assassiné à Ixelles le 1er juin 1981, puis avec Chawki Armali et enfin, avec Leila Shahid: tous ont, avec talent, représenté la Palestine. Il nous appartient aujourd’hui de multiplier et d’entretenir nos contacts avec ses différentes émanations. Avec la courageuse société civile palestinienne qui porte la résistance contre l’envahisseur; avec celles et ceux qui nous ont accueillis en Palestine et espèrent nous revoir bientôt; avec Mme Amal Jadou, nouvelle ambassadrice de l’État de Palestine; avec les nombreux Palestiniens qui ont trouvé refuge chez nous.

Continuons à témoigner et agir, en rappelant que dire Palestine, c’est dire l’espoir, c’est faire solidarité, c’est rêver de Jérusalem comme phare de la réconciliation et de la paix pour l’ensemble du pourtour méditerranéen.

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