Saisir la justice contre l’inaction complice

Par Pierre Galand, Président de l’ABP 

Eté 2025

Les atermoiements de nos États à prendre les mesures nécessaires, et notamment des sanctions, pour empêcher la poursuite de la politique génocidaire et colonialiste du gouvernement Netanyahou, de son armée et des colons, sont criminels et intolérables.

Ils ont entraîné une mobilisation sans précédent et des protestations populaires dans le monde entier.
L’indignation est devenue le moteur d’un sursaut de conscience de l’humanité.

Après avoir invoqué le droit pour Israël à se défendre et lui avoir fourni les armes pour réaliser la destruction totale de la bande de Gaza, voilà que nos gouvernants discutent de l’opportunité de prendre prudemment leurs distances d’avec leur allié Netanyahou.
Il est vrai que celui-ci affirme plus clairement que jamais son intention de poursuivre la Nakba contre toute la population palestinienne et de s’approprier l’ensemble de la Palestine.

Ce ne sont pourtant pas les alertes et les mises en demeure juridiques qui ont manqué.
Dès le 9 novembre 2023, 120 ONG, dont l’ABP, accompagnées par 300 avocats internationaux, déposaient entre les mains du procureur de la Cour pénale internationale (CPI) une plainte dénonçant, preuves à l’appui, les prémices d’un génocide.

La démarche fut soutenue par l’Afrique du Sud qui, dès le 29 décembre 2023, engagea une procédure devant la Cour internationale de Justice (CIJ) contre Israël pour génocide.
Alors que plus de 50 États soutiennent cette dernière initiative, l’Union européenne et la majorité de ses États membres restent silencieux, et ce malgré les appels à agir lancés par les grandes organisations de défense des droits humains.

Face à l’immobilisme politique, l’ABP a déposé plainte, ce 22 juillet, pour complicité contre le gouvernement de M. De Wever.
L’association française Jurdi déposait une plainte similaire devant la Cour européenne de justice (CEJ) contre la présidente de la Commission européenne.

Plus que jamais, il importe de maintenir la pression contre l’exécutif et le législatif belges, que nous accusons de non-assistance à population victime d’un génocide.
Pour ce faire, nous avons ouvert un « Fonds contre l’impunité » auquel nous appelons nos concitoyens à contribuer (voir quatrième de couverture).

Celui-ci servira également à soutenir nos actions en justice en cours et futures, notamment contre les colons et soldats belgo-israéliens qui se livrent à de l’apologie de génocide ou contribuent aux crimes contre les Palestiniens.

Ne l’oublions pas, les crimes de génocide et d’apartheid sont imprescriptibles.
En clair, les coupables comme leurs acolytes peuvent être indéfiniment poursuivis et condamnés, car il n’y aura jamais prescription de leur crime et de leur complicité dans le temps.

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