par Andreas Malm,
traduit de l’anglais par Étienne Dobenesque,
Éditions La fabrique, février 2025, 168 pages
Chronique par Michel Brouyaux
Quel point commun y a-t-il entre la destruction de la planète et le génocide à Gaza ?
Ceci : la suppression de toute limite.
L’extractivisme gazier et pétrolier n’a jamais été aussi actif que ces deux dernières années, malgré les cataclysmes environnementaux qui en résultent.
De même, à Gaza, les quelques limites « fixées » à Israël par ses alliés ont été franchies les unes après les autres.
Chaque massacre de civils en amène un deuxième, puis un autre encore pire, jusqu’à ce que l’horreur s’installe dans la banalité du quotidien : dorénavant, tout est permis.
Andreas Malm situe le début de l’assujettissement de la Palestine en 1840, lors de l’écrasement de Saint-Jean-d’Acre par les Anglais, grâce à la force de frappe de leurs bateaux à vapeur.
Un épisode peu connu, remarquablement narré par l’auteur.
Il s’agissait, pour l’empire à l’époque le plus puissant du monde, de contrôler la route des Indes, d’éliminer un concurrent — l’Égypte et son coton — et de barrer la route au nationalisme arabe.
Bien plus tard, en 1917, l’Empire britannique visera à sécuriser ses intérêts en promouvant l’établissement de populations juives en Palestine.
Dans un débat très vif avec ceux qui insistent sur le rôle des lobbies, Malm démontre que c’est bien davantage la volonté géopolitique de préserver l’ordre pétrolier qui explique le soutien occidental à Israël.