Rien ne semble faire dévier Israël de sa folie génocidaire. Face à la passivité criminelle de nos gouvernements, le mouvement BDS continue de prendre de l’ampleur et redonne espoir. Grâce à la mobilisation citoyenne, le boycott fait son effet et contribue à enrayer la machine de guerre israélienne.
Par Florian Gillard
Bulletin n°104 – été 2025
Livraisons d’armes : travailleurs et travailleuses contre le génocide
14 tonnes : c’est la quantité de matériel militaire interceptée et bloquée par les dockers de Fos-sur-Mer à proximité de Marseille le 4 juin dernier. Un bateau appartenant à l’entreprise de transport israélienne ZIM, le Contship Era, devait charger à son bord des pièces de mitrailleuses produites par la société d’armement française Eurolinks, pour les livrer à l’Israeli Military Industries, filiale de Elbit Systems.
C’était sans compter la mobilisation des syndicats et des travailleurs du port qui, après avoir appris la teneur de la livraison, ont décidé de bloquer le chargement. Leurs confrères du port de Gênes, en Italie, où le Contship Era devait faire escale avant de retourner en Israël, leur ont emboîté le pas quelques jours plus tard, inspectant sa cargaison afin de s’assurer qu’elle ne transportait pas d’armes. Chez nous, à Anvers, les dockers ont également bloqué des conteneurs de pièces d’armement militaire pour Israël.
Une fois de plus, les travailleurs ont fait preuve de plus de courage et d’humanité que les chefs d’États des pays européens.
Barcelone se retire à nouveau
Le 30 mai dernier, le conseil municipal de Barcelone a appelé le Salon du commerce de Barcelone à exclure les entreprises israéliennes complices du génocide des Palestiniens. Le conseil a aussi exhorté le conseil d’administration du port de Barcelone à ne pas laisser débarquer les bateaux impliqués dans le commerce militaire avec Israël.
Enfin, le maire de Barcelone a également annoncé la suspension de l’accord de jumelage entre Barcelone et Tel-Aviv. Elle avait déjà été mise en œuvre par la précédente maire en 2023, mais le jumelage avait été réinstauré par son successeur, qui a dû faire volte-face face à la mobilisation des citoyens.
Un bon rappel pour continuer le combat, même lorsque les efforts antérieurs ont semblé vains. Ixelles², entends-tu ?
Le boycott académique toujours présent
Chaque semestre apporte son lot de victoires en matière de boycott académique. Cette fois, c’est au tour des universités néerlandaises de rompre leurs liens avec les universités israéliennes complices du génocide.
Ainsi, l’université Radboud de Nimègue a rompu ses partenariats avec l’université de Tel-Aviv et l’université hébraïque de Jérusalem (UHJ), toutes deux « contribuant à des violations directes et spécifiques des droits humains » des Palestiniens.
L’université d’Utrecht a, elle, suspendu toutes ses dernières collaborations avec des institutions israéliennes, en raison des déplacements forcés imposés aux Palestiniens et des blocages de l’aide humanitaire par Israël.
L’université d’Amsterdam a, quant à elle, mis fin à son programme d’échange étudiant avec la UHJ, dénonçant les liens avérés entre l’université et le complexe militaro-industriel israélien.
Blanche-Neige ne blanchira pas Israël
Coup dur pour Disney : le nouveau film de Blanche-Neige a été retiré des cinémas au Koweït, au Liban et à Oman et a été massivement boycotté en Égypte et en Jordanie. Cela a coûté à Disney au moins 100 millions de dollars de pertes, résultat désastreux pour l’entreprise.
Les raisons du boycott ? Le choix, pour incarner l’héroïne immaculée, de l’actrice Gal Gadot, ancienne soldate israélienne et relais zélé de la propagande du gouvernement génocidaire israélien.
Ajoutons que le studio Marvel de Disney a fait revivre le personnage raciste et anti-palestinien Sabra dans Captain America. Le boycott contre Disney et ses produits dérivés continue donc, jusqu’à ce que l’entreprise revienne sur ses choix plus que douteux.
Microsoft
Depuis 34 ans, Microsoft accompagne fidèlement chaque étape de l’approfondissement du régime d’apartheid israélien – et désormais du génocide en cours contre les Palestinien·ne·s – notamment en soutenant le développement de son système carcéral et en fournissant des services Cloud Azure ainsi que des technologies d’intelligence artificielle.
Devant cette complicité persistante, il était plus que temps de lancer une campagne ciblée pour exercer une pression maximale sur l’entreprise.
Le mouvement BDS a choisi de viser en priorité un secteur particulièrement lucratif pour Microsoft : les jeux vidéo. Quelques conseils pour « gamer » en toute sérénité :
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Annulez votre abonnement au Xbox Game Pass ;
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Boycottez Candy Crush, Minecraft et Call of Duty – des franchises phares de jeux vidéo détenues par Microsoft ;
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Boycottez l’ensemble des produits Microsoft Gaming (tels que Xbox Game Studios, Activision, Bethesda et Blizzard).
1/ Lancée en 2005 par la société civile palestinienne, la campagne non violente BDS appelle au boycott d’Israël jusqu’à ce qu’il se plie aux trois obligations majeures que le droit international lui impose envers les Palestiniens : 1. le retrait du territoire palestinien occupé ; 2. l’égalité absolue entre les citoyens juifs et palestiniens en Israël ; 3. l’application du droit au retour des réfugiés palestiniens garanti par la résolution 194 de l’ONU.
2/ La commune d’Ixelles a suspendu le jumelage qu’elle entretenait avec la localité israélienne de Megiddo, mais s’est refusée à le rompre. Lire News BDS du n°101 de Palestine (3e trim. 2024).