Nom de l’association : Filastiniyat
Date de création : Créer en 2005 en Cisjordanie (Ramallah), en 2009 à Gaza
Site internet : www.filastiniyat.org
Contact : www.nawa.ps
Par Manon Marée
SES MISSIONS
Filastiniyat est une association de soutien au journalisme féminin. Partant du constat que les médias sont surtout aux mains des hommes, Wafa Abdel Rahman a souhaité développer un espace journalistique qui leur laisse l’opportunité de raconter, d’enquêter, d’analyser, depuis une perspective féminine.
L’association ne se veut pas seulement féminine, mais aussi féministe et revendique le titre. Le réseau Filastiniyat compte 900 femmes membres, dont 600 basées en Cisjordanie et à Gaza. Certaines ont été évacuées de Gaza et sont maintenant dans les pays voisins.
SES ACTIVITÉS
Ses journalistes bénéficient d’un renforcement professionnel par le biais de formations journalistiques, d’ateliers pratiques et de coachings éditoriaux.
Lors de situations « de crise », comme c’est le cas actuellement, le réseau offre un soutien matériel et psychologique à ses membres. D’une part, Filastiniyat fournit à ses journalistes des formations à l’auto-protection physique et psychologique.
À Gaza, des abris sont mis à disposition avec ordinateurs, connexion, kits d’hygiène, sanitaires privés, vêtements chauds et de l’aide financière.

« Le paradigme femme existe ; il compte. Nous (les femmes) ne sommes pas seulement des mères, des épouses, ou sœurs de… »
Wafa Abdel Rahman, fondatrice et directrice générale
Le réseau mène aussi un travail important de sensibilisation autour d’ateliers de décryptage médiatique et de campagnes pour la liberté d’expression.
Filastiniyat a créé, en 2012, NAWA, une plateforme en ligne pour publier des enquêtes et des articles qui reflètent les enjeux sociaux féminins et de la jeunesse. Le but est aussi de procurer un revenu à des femmes journalistes indépendantes.
SES DÉFIS
Les femmes journalistes palestiniennes sont au cœur d’une quadruple tension.
Comme pour toutes les associations palestiniennes, l’occupation reste la contrainte la plus lourde à supporter et à laquelle il faut s’adapter. Gaza et ses plus de 200 journalistes tués par Israël en sont une preuve indéniable : les journalistes sont une des cibles prioritaires du régime colonial israélien. Quand ils et elles ne sont pas assassiné·es, les journalistes sont arrêté·es et/ou harcelé·es. Malheureusement, l’Autorité palestinienne n’est pas en reste en termes de harcèlement à leur égard.
Ensuite, les conditions matérielles extrêmes dans lesquelles elles travaillent les plongent dans un environnement précaire : pénuries d’eau, d’électricité, de carburant. Quand elles ne sont pas confrontées aux bombes et aux déplacements forcés à Gaza, elles sont aux prises avec les sièges et les checkpoints en Cisjordanie.
Enquêter sur des faits ou les relater dans ces conditions peut sembler relever de la mission impossible.
En outre, s’imposer dans un milieu médiatique masculin et conservateur, dans une société elle-même conservatrice, où la voix des femmes peut être perçue comme subversive ou dangereuse, fait peser sur elles une double peine : travailler plus pour prouver leur valeur et encourir le discrédit qui frappe une femme qui donne la priorité à sa carrière plutôt qu’à sa famille.
Enfin, être quotidiennement exposées à la mort, aux bombardements, aux sièges militaires, à la destruction plonge les journalistes dans un état de choc qui finit par être permanent. Le besoin de soutien collectif est donc constant.
Comment la soutenir ?
Vous pouvez soutenir Filastiniyat de deux façons :
Vous pouvez faire un don sur leur site www.filastiniyat.org
Lisez, suivez, partagez le travail de ces femmes journalistes via la plateforme NAWA qu’elles ont mise en place.
Elles sont aussi actives sur leurs réseaux sociaux, notamment Instagram.
Rappelons que ces femmes risquent leur vie pour faire ce travail. Elles ont constamment peur pour elles, pour leurs conjoints, leurs enfants, leurs parents.