Situé dans le camp de New Askar, (nom reconnu par l’UNRWA), le Keffieh Center a été co-fondé en 2011 par plusieurs bénévoles, dont Mohammed. Il y propose aux enfants du camp des activités culturelles, dans le but de préserver la culture et les traditions palestiniennes, à commencer par l’incontournable danse locale, la Dabké. Mohammed a écrit ce poème exposant la démarche du centre dans la perspective de leur prochaine tournée estivale en Europe.
« Nous aimons la vie chaque fois que nous le pouvons…
Nous plantons des arbres d’espoir entre deux martyrs…
Et nous chantons pour que le mur se fissure,
Afin que la vie puisse se faufiler au travers. »
Mahmoud Darwish

« Nous résistons — non par les armes,
mais par des sourires qui refusent de mourir,
se dessinant obstinément sous des regards fatigués.
Nous dansons — non par absence de chagrin,
mais parce que la joie, elle aussi,
est une forme de résistance qui résonne jusque dans nos os.
Nous frappons la terre de nos pieds —
un rythme empreint de courage et de désir —
appelant l’espoir à jaillir de la poussière,
chaque pas comme un hymne,
chaque battement comme un appel à la liberté.
Main dans la main — l’enfant et l’aîné —
nous rassemblons les plaies de notre histoire,
les pansant avec tendresse,
avec mémoire,
avec un espoir si fort qu’il ne puisse être réduit au silence.
Contre toute attente,
nous persistons.
Nous résistons.
Nous existons.
Car cette terre chante dans nos veines,
et que nous n’avons jamais été destinés à disparaître.
Notre keffieh n’est pas un simple tissu —
c’est l’histoire enroulée autour de l’âme,
un symbole d’appartenance,
notre tonnerre silencieux, notre cri le plus puissant.
Même lorsque les voix se brisent de douleur,
nous nous levons,
et nous crions : Palestine. »