Edito par Pierre Galand, Président de l’ABP
Bulletin n°106, hiver 2025
Le 19 juillet 2024, la Cour internationale de justice (CIJ) a rendu un avis qui condamne Israël pour sa politique et ses pratiques illégales dans le Territoire palestinien occupé (TPO). Elle appelle les États à cesser toute forme d’assistance à Israël et à prendre des mesures pour le contraindre à se plier à ses obligations, au premier rang desquelles l’évacuation de toutes ses colonies et la fin de l’occupation du TPO. Le 18 septembre 2024, l’Assemblée générale des Nations Unies (AGNU) adopte une résolution historique qui exige la mise en oeuvre de ces mesures au plus tard dans les 12 mois. La Belgique a voté cette résolution.
Le 28 octobre 2025, la commission d’enquête internationale indépendante de l’ONU, conduite par Mme Navy Pillay – ancienne juge de la Cour pénale internationale entre autres– dépose un rapport de 62 pages accusant formellement Israël de commettre un génocide contre la population de Gaza. Cette réalité était déjà reconnue par l’immense majorité des associations de défense des droits humains, au premier rang desquelles Amnesty International.
Puis vint la résolution du Conseil de sécurité du 7 novembre 2025 sur la Palestine avalisant le plan Trump pour Gaza. Comme l’a déclaré Francesca Albanese, la bonne nouvelle est que le Conseil se réunisse. La mauvaise nouvelle, ajoute-t-elle, c’est que ses conclusions sont contraires à celles de l’AGNU et de la CIJ précitées. Cette résolution 2803 contrevient en effet au droit à l’autodétermination du peuple palestinien, aux obligations faites aux États parties à la Convention sur le génocide de protéger la population victime de génocide à Gaza et des exactions conjointes de l’armée et des colons israéliens en Cisjordanie et à Jérusalem-Est.
Cette résolution dite « plan de paix » n’est rien d’autre que le remplacement d’une force d’occupation par une autre. Elle contourne les règles du droit international et les avis de la CIJ et risque d’aboutir, sous la pression des États-Unis, à ne prendre aucune sanction ni autres mesures concrètes pour mettre fin aux violations graves de toutes les normes impératives du droit international et du droit humanitaire infligées au peuple de Palestine.
Le cessez-le-feu n’est pas respecté par Israël, l’aide humanitaire n’arrive qu’au compte-goutte, des États comme l’Allemagne reprennent officiellement leurs livraisons d’armes à Israël et suspendent leur soutien financier à l’UNRWA. Quant à l’Union européenne (UE), elle ne s’est mise d’accord sur rien, sauf sur le maintien de ses accords de partenariat avec l’État voyou.
Notre mobilisation doit se poursuivre et se renforcer pour que les crimes de génocide, d’apartheid, de persécution et de colonisation commis par Israël ne soient pas passés par pertes et profits au regard de l’Histoire. Notre solidarité multiforme avec les Palestiniens reste une obligation, car nous contribuons ainsi à la défense des valeurs, des principes et des règles qui doivent préserver notre humanité et conduire la communauté des nations vers la coexistence pacifique, la sécurité partagée et le développement.
Enfin, je souhaite dire mon admiration et ma gratitude à celles et ceux qui maintiennent le cap avec nous, qui ont contribué à la création du très salvateur «Fonds contre l’impunité » destiné à nos actions en justice et qui continuent à soutenir financièrement l’ABP.