38 ONG alertent sur la situation catastrophique au Nord de la bande de Gaza, et exhortent les dirigeants du monde entier à agir maintenant pour mettre fin aux atrocités d’Israël.
L’assaut des forces israéliennes sur Gaza a atteint un niveau d’atrocité effroyable. Le nord de Gaza est en train d’être rayé de la carte. Sous couvert d’« évacuation », les forces israéliennes ont ordonné le déplacement forcé d’environ 400 000 Palestiniens piégés dans le nord de la bande de Gaza, y compris dans la ville de Gaza. Il ne s’agit pas d’une évacuation, mais d’un déplacement forcé sous les tirs. Depuis le 1er octobre, aucune nourriture n’a été autorisée dans la zone, et les civils sont affamés et bombardés dans leurs maisons et leurs tentes.
Les hôpitaux, déjà débordés, reçoivent l’ordre d’évacuer. Ils sont à court de carburant et de fournitures essentielles, tandis que les médecins et les infirmières se battent pour sauver des vies avec le peu qu’il leur reste. Les blessés affluent – enfants, personnes âgées, victimes des frappes aériennes israéliennes – mais il n’y a pas de ressources pour les soigner.
Le docteur Mohammed Salha, directeur par intérim de l’hôpital Al-Awda, dans le nord de la bande de Gaza, décrit ainsi cette situation désastreuse : « L’armée israélienne nous a contactés plus d’une fois pour que nous évacuions l’hôpital… [Tous] les services sont remplis de blessés et nous laissons sortir même les blessés légers ou modérés, parce que nous n’avons pas [assez] de lits pour eux.J’ai [dit clairement aux militaires israéliens] que nous n’évacuerions pas l’hôpital tant qu’il n’y aurait pas d’ambulances capables de préserver la vie des blessés que nous avons et d’atteindre un autre hôpital qui offre un meilleur service aux blessés ».
Le monde ne peut pas continuer à assister aux atrocités commises par le gouvernement israélien. Les dirigeants mondiaux ont le devoir légal et moral d’agir maintenant. La Cour internationale de justice (CIJ) a ordonné à Israël de prendre toutes les mesures en son pouvoir pour empêcher la commission de tous les actes relevant de l’article II de la Convention sur le génocide, notamment « le meurtre de membres du groupe ; l’atteinte grave à l’intégrité physique ou mentale de membres du groupe ; l’imposition intentionnelle au groupe de conditions d’existence devant entraîner sa destruction physique totale ou partielle ; et l’imposition de mesures visant à entraver les naissances au sein du groupe ». Rien ne prouve qu’Israël ait respecté ces ordres, et le massacre des Palestiniens n’a fait que s’intensifier.
Toute tentative d’altérer l’intégrité territoriale de Gaza constitue une violation flagrante du droit international. Cela est particulièrement flagrant à la lumière du récent avis consultatif de la CIJ, qui renforce considérablement l’obligation des États tiers de prendre des mesures décisives. S’ils ne le font pas, ils risquent de se rendre complices de la perpétuation de l’occupation illégale.
Les États tiers doivent cesser dès maintenant le transfert de toutes les armes, pièces et munitions susceptibles d’être utilisées pour commettre de nouvelles violations du droit humanitaire international
Toutes les parties doivent permettre aux organisations humanitaires d’accéder sans entrave au territoire afin de fournir une aide en fonction des besoins, sans restriction de type, de volume ou de lieu. L’acheminement de l’aide doit rester impartial et indépendant des objectifs militaires afin d’éviter son instrumentalisation ou sa politisation. Les civils ne doivent pas être contraints de fuir pour recevoir de l’aide ; ceux qui choisissent de rester chez eux doivent être protégés par le droit international.
Nous exigeons un cessez-le-feu immédiat et la fin de l’occupation illégale par Israël. Les dirigeants mondiaux doivent agir conformément à la résolution de l’Assemblée générale des Nations unies sur l’avis consultatif de la CIJ et s’acquitter de leur obligation de ne pas faciliter ou soutenir l’occupation illégale d’Israël. Les États tiers doivent cesser dès maintenant le transfert de toutes les armes, pièces et munitions susceptibles d’être utilisées pour commettre de nouvelles violations du droit humanitaire international.
L’heure n’est pas au silence, mais à l’action. La population de Gaza ne peut pas attendre. Le monde doit intervenir maintenant avant que d’autres vies innocentes ne soient perdues.
[Notes aux rédactions : Le transfert forcé de civils palestiniens à Gaza constitue une grave violation de la quatrième convention de Genève et n’équivaut pas à une évacuation autorisée.Les zones de relocalisation n’offrent pas de sécurité, d’abris adéquats ou de services essentiels, et il n’y a aucune garantie que les populations déplacées pourront revenir une fois les hostilités terminées]
Signataires :
ActionAid
Action For Humanity
Afri (Action from Ireland)
Amos Trust
Bloody Sunday Trust
Centre for Global Education
CESVI
Children Not Numbers
Christian Aid
Churches for Middle East Peace (CMEP)
Comhlamh Justice for Palestine
Council for Arab-British Understanding (Caabu)
Embrace the Middle East
Feminist Humanitarian Network (FHN)
Gender Action for Peace and Security (GAPS)
Global Justice Now
HelpAge International
Interpal
Ireland-Palestine Solidarity Campaign
Islamic Relief
KinderUSA
Medical Aid for Palestinians (MAP)
Médecins du Monde Spain
Middle East Children’s Alliance
Muslim Aid
Novact Institute for Nonviolence
Oxfam
Plan International Jordan
Sabeel-Kairos UK
Sadaka-The Ireland Palestine Alliance
TDH Italy
Trócaire
Trinity College Dublin Students’ Union/ Aontas Mac Léinn Choláiste na Tríonóide (TCDSU/AMLCT)
Vento di Terra
War Child
War on Want
WeWorld
Welfare Association
Communiqué paru en anglais le 16 octobre sur Oxfam.org