Israël et la Palestine – Rejets de la colonisation sioniste au nom du judaïsme

par Yakov Rabkin, historien, éditions Gallimard,
i Littérature, avril 2024, 64 pages

Critique par Michel Brouyaux

Yakov Rabkin rappelle que c’est Ben Gourion qui affirmait, en 1922, que les Palestiniens sont les plus probables descendants des Juifs du Ier siècle. Ce qui ne l’a pas empêché d’organiser la Nakba, c’est-à-dire l’épuration ethnique des autochtones.

Pour l’auteur, le sionisme est une rupture: Israël incarne le nationalisme ethnique européen, plutôt que le judaïsme qui s’est développé pendant des millénaires. Le sionisme fait partie intégrante de l’aventure coloniale européenne, dont il a adopté les caractères biologique, suprémaciste, voire raciste, en éliminant les dimensions religieuse et morale du judaïsme.

Il a ainsi mis fin à l’entente séculaire entre les groupes ethniques et confessionnels de la région.

De plus en plus de voix juives, à l’intérieur et surtout à l’extérieur de l’État d’Israël, appellent à reconnaître que l’expérience sioniste a été une erreur tragique. L’égalité pour tous les habitants entre le Jourdain et la Méditerranée transformerait l’ethnocratie existante en un État de tous ses citoyens.

Dans sa remarquable postface, Rabkin compare le siège de Gaza au blocus de Leningrad pendant la Deuxième Guerre mondiale, qui dura 900 jours et qui tua plus du tiers de sa population. Leningrad devait être anéantie précisément parce qu’elle était un grand centre de sciences et d’ingénierie, qu’elle abritait des écrivains et des danseurs de ballet, qu’elle était le siège d’universités…

Un essai court, brillant et facile à lire…

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