Inertie de la communauté internationale : profit pour Israel

Edito Palestine 65, Septembre 2015 

Israël profite outrageusement de l’inertie de la communauté internationale et de l’impuissance de ses institutions.

Avec l’occupation et l’exploitation du territoire palestinien par les colons, qui ont aussi largement colonisé le gouvernement d’Israël, c’est un nouveau type de nationalisme israélien qui s’est instauré en Israël et parmi les occupants israéliens du territoire de Palestine et la conception même de l’Etat hébreu qui s’en trouve transformée.

Les Etats occidentaux et les Nations Unies, en ne condamnant pas l’expansionnisme israélien et la négation des droits des Palestiniens, se rendent gravement complices de ces violations du droit humanitaire et international.

Cela fait plus de 15 ans que le petit Mohamed Al Durra a été abattu en direct devant les caméras de France 2. Depuis, plus de 1500 enfants palestiniens ont été tués par l’occupant israélien et plus de 6000 ont été grièvement blessés. Selon l’ONU elle-même, 543 écoles ont été endommagées ou détruites rien qu’en 2014.

En ne sanctionnant pas le gouvernement israélien et son armée pour les crimes de guerre et les crimes contre l’humanité commis contre les Palestiniens, les gouvernements occidentaux témoignent d’une politique des deux poids, deux mesures et incitent à se révolter tous ceux qui, en Palestine, se sentent abandonnés par la communauté internationale et bafoués dans leurs légitimes revendications. Ce qui ne les exonère en rien de l’obligation de respecter eux aussi le droit humanitaire.

Seuls l’application stricte des règles du droit international et des Conventions de Genève en particulier, le respect des résolutions des Nations Unies et la reconnaissance de la Palestine dans ses frontières de 1967 offriront les garanties de coexistence pacifique entre Palestiniens et Israéliens.

L’occupation, la colonisation, le repli ultranationaliste et identitaire juif en Israël, ainsi que l’appui sans réserve des gouvernements occidentaux à Israël, sont les causes objectives et indéniables de la non-résolution du conflit israélo-palestinien. C’est contre ces causes qu’il y a lieu de mobiliser les opinions publiques. C’est notamment en appelant les citoyens à rejoindre le mouvement BDS pour pallier l’inertie de la communauté internationale et l’impuissance de ses institutions que l’on contribue de manière concrète et efficace à obliger alliés d’Israël et Israéliens à mettre fin au déni de justice et au martyre du peuple palestinien.

Sans la moindre intervention pour lever les obstacles que constituent l’occupation et la colonisation, il est hypocrite et vain d’appeler les Palestiniens à des négociations de paix.

Mobilisons-nous pour que le gouvernement belge reconnaisse sans délai l’Etat de Palestine, pour que l’Union européenne suspende ses accords d’association avec Israël et ce, aussi longtemps qu’Israël poursuit la colonisation et l’occupation de la Cisjordanie et de Jérusalem-Est, ainsi que le blocus de Gaza.

Pierre Galand

 

 

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