Par Pierre Galand, Président de l’Association belgo-palestinienne, hiver 2024
La dévastation de Gaza et l’extermination de ses habitants… C’est ce que le gouvernement Netanyahou appelle le droit de se défendre. C’est ce que, dès le 9 novembre 2023, l’avocat Gilles Devers, qui nous a hélas quittés le 26 novembre dernier, soutenu par plus de 300 confrères, qualifiait de tentative de génocide et pour laquelle il déposait, au nom de 120 ONGs, une plainte entre les mains du procureur de la Cour pénale internationale (CPI) à La Haye. C’est ce que va confirmer le 15 décembre suivant la Fédération internationale des droits de l’Homme (FidH). La Rapporteuse spéciale des Nations Unies sur la situation des droits de l’Homme dans les territoires palestiniens occupés depuis 1967 a, elle aussi, publié deux rapports accusant formellement Israël de génocide à Gaza. Ce 5 décembre, enfin, Amnesty International a publié un rapport de 300 pages, fruit de neuf mois d’enquête, qui conclut lui aussi que les crimes commis par l’armée israélienne relèvent bien du génocide.
Comme à son habitude quant à toute critique de la politique israélienne, le Premier ministre Benyamin Netanyahou, déjà appelé à comparaitre devant la CPI, qualifiera ces accusations d’antisémitisme. Il orchestre ainsi une fois de plus la confusion qui lui sert de paravent pour camoufler son objectif d’éliminer tout projet de coexistence entre Israéliens et Palestiniens.
Le soutien inconditionnel des États-Unis et d’une partie de l’UE permet à Netanyahou et à son gouvernement de commettre un génocide et d’accélérer la colonisation de la Cisjordanie et de Jérusalem sans subir la moindre sanction internationale. L’institution onusienne en sortira complètement discréditée.
Les attaques contre le formidable mouvement de solidarité populaire avec la Palestine et les tentatives de certains États et de formations politiques de droite, voire du centre, de délégitimer ses actions pour que cesse le crime des crimes témoignent d’une révoltante injustice et d’une complicité qu’il nous faut dénoncer et combattre.
Mobilisons les forces progressistes pour la fin du massacre. Continuons d’exiger dans le même temps l’accès des secours médicaux et alimentaires d’urgence avec l’UNRWA, le CICR et les ONG internationales.
Obligeons les États membres de l’ONU, dont la Belgique, à reconnaître qu’il s’agit bien d’un crime de génocide et à se conformer aux prescrits de la Convention pour la prévention et la répression du crime de génocide.
Soutenons la résistance et, aux côtés des victimes, entreprenons les démarches judiciaires pour faire condamner toutes les formes de complicité avec l’État génocidaire. Réaffirmons, enfin, l’importance du mouvement Boycott, Désinvestissement, Sanctions (BDS).
Notre combat en faveur du respect des droits fondamentaux du peuple palestinien s’inscrit aujourd’hui dans la grande histoire des luttes anticoloniales, contre l’apartheid et pour l’émancipation des peuples.