Appels à une plus grande détermination de l’UE

Nombreux ont été ces derniers temps les appels à une position plus ferme de l’Union européenne. Ces appels ont ceci d’original qu’ils proviennent tous de personnalités ayant exercé ou exerçant encore des fonctions officielles en vertu desquelles ils ont eu à connaître et à traiter du conflit israélo-palestinien.

En décembre, vingt-six anciens dirigeants européens ont écrit une lettre commune à l’Union européenne mais aussi aux gouvernements des 27 Etats membres les incitant à adopter un discours un peu plus résolu sur la situation dans les Territoires palestiniens occupés. Parmi les signataires, figurent l’ancien Haut Représentant pour la politique étrangère et de sécurité commune de l’Union, Javier Solana, l’ancien président de la République fédérale allemande Richard von Weizsäcker, l’ancien Premier ministre espagnol Felipe Gonzales, l’ancien président de la Commission et ancien Premier ministre italien Romano Prodi et l’ancienne présidente irlandaise Mary Robinson. Leur proposition est simple : l’UE doit refuser tout rehaussement de ses relations avec Israël tant que ce dernier ne gèle pas ses activités de colonisation en Cisjordanie et à Jérusalem-Est ; elle doit également refuser tout changement unilatéral apporté aux frontières de 1967 (la Ligne verte).

Les responsables de missions européennes à Jérusalem se sont également exprimés sur la situation de plus en plus préoccupante de la partie Est de la ville. Leur rapport souligne le caractère de plus en plus irréversible de l’occupation israélienne à Jérusalem-Est. Devant l’urgence de la situation, ils encouragent l’UE à traiter cette partie de la ville comme étant la capitale palestinienne, mais poussent également l’Union à prendre réellement des sanctions envers Israël.  Voici leurs propositions :
–    Les fonctionnaires de l’UE et les politiciens devraient refuser de visiter les bureaux du gouvernement israélien ou toutes installations situées dans la partie occupée de Jérusalem-Est ;
–    Les colons israéliens qui s’installent dans les zones palestiniennes de Jérusalem pourraient se voir refuser l’entrée dans les pays de l’UE ;
–    Les produits israéliens de Jérusalem-Est devraient être boycottés ;
–    L’UE devrait assurer une présence quand il y a un risque de démolition ou d’expulsion de familles palestiniennes, ainsi qu’aux affaires judiciaires israéliennes sur des démolitions ou des expulsions ;
–    L’UE devrait assurer une intervention lorsque des Palestiniens sont arrêtés ou intimidés par les autorités israéliennes du seul fait d’activités  culturelles, sociales ou politiques pacifiques dans Jérusalem-Est.
Aucune de ces propositions n’a à ce jour été relayée ou adoptée par l’UE ou un des ses pays membres. Quant au rapport des consuls, il semble une fois de plus avoir disparu dans les oubliettes de l’administration européenne.

Ces nombreuses initiatives partagent un point commun: elles lancent toutes un appel à ce que l’Union européenne exerce une réelle pression sur Israël pour relancer le processus de paix. Face à une administration américaine plus que frileuse sur le sujet, l’UE a en effet un rôle moteur à reprendre. A bon entendeur…

Nathalie Janne d’Othée

Sources :
–    Akiva Eldar, “Former European leaders: Sanction Israel over settlement building”,Haaretz, 10 December 2010.
–    “EU envoys: Treat East Jerusalem as Palestinian capital”, BBC, 10 January 2010.

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