En septembre 2025, le ministre des Finances et ministre délégué à la Défense, Bezalel Smotrich, a présenté un plan pour la Cisjordanie, assorti d’une carte. En vert, six enclaves (Hébron, Ramallah, Jéricho, Naplouse, Tulkarem et Jénine) où les Palestiniens pourront gérer leurs propres affaires; le reste sera annexé, soit 82% du territoire. Que deviendront les habitants de Bethléem, Qalqiliya, Salfit, Tubas, Abu Dis et tous les autres villages ou hameaux?
La réponse est sur le terrain: outre l’accélération des démolitions de maisons (6463 Palestiniens ont été déplacés de force à la suite de la démolition de leurs maisons entre le 7 octobre 2023 et le 31 mai 2025, selon OCHA), l’armée a chassé des camps de Tulkarem, Nur al-Shams et Jénine 40000 personnes et les colons, aidés par l’armée, procèdent par le harcèlement, la violence et le meurtre à un véritable nettoyage ethnique, notamment dans la vallée du Jourdain, les collines au sud de Hébron et la région de Maalé Adoumim (2200 Palestiniens, déplacés de force, selon OCHA et 5 000 Palestiniens qui habitent entre Jérusalem-Est et la colonie israélienne de Maalé Adoumim et ont reçu l’ordre d’évacuer). Le but clairement exprimé: «maximum de terres, minimum d’Arabes » et enterrement de l’État palestinien.
Si l’on regarde les six zones attribuées aux Palestiniens par Smotrich, cela reviendrait à concentrer 3 millions de Palestiniens sur 1000 km² déconnectés1.
Dans une déclaration récente, Smotrich a averti l’Autorité palestinienne que les forces de défense israéliennes la détruiraient «comme le Hamas» lors d’un éventuel affrontement violent au sujet de la Judée et de la Samarie (nom biblique pour la Cisjordanie).
En un mot, comme en cent: les Palestiniens de Cisjordanie sont menacés de subir le même sort que ceux de Gaza.