Edito : Si vis Pacem, para bellum

Bulletin N°78,

Si vis pacem, para bellum…

« Si tu veux la paix, prépare la guerre » : cette locution latine est chère aux puissants, à Israël et ses alliés. 
La puissance de feu israélienne est considérable. Ses armements conventionnels, chimiques et nucléaires dépassent de loin ceux de la totalité de ses voisins et sont sans commune mesure avec ses besoins de défense. On peut se demander à quelles missions sont affectés les cinq sous-marins nucléaires fournis par l’Allemagne ces dernières années au titre de réparation du préjudice lié au judéocide!

Israël figure aujourd’hui au palmarès des plus grands pourvoyeurs d’armes dans le monde. Le pays concurrence même la France et la Grande-Bretagne sur le marché de l’armement. 

Face à cette armada, les Palestiniens ne disposent d’aucun moyen sérieux d’assurer leur défense. Ainsi, en 1978, lors d’une mission à Beyrouth avec Naïm Khader où nous devions rencontrer Yasser Arafat, l’un des conseillers du Raïs nous fit découvrir la cache souterraine qui abritait le seul char des forces de l’OLP. Cela avait quelque chose de pathétique. 

En écrasant militairement et policièrement les Palestiniens, en pratiquant une politique de contrôle social et de discrimination à leur égard, les gouvernements israéliens se rendent coupables de crime d’apartheid tant en Israël même que dans les territoires occupés par l’armée et les colons. L’enfermement des habitants de Gaza en est l’une des formes les plus odieuses. S’imposer par la force brutale est la politique qui fut utilisée par toutes les puissances coloniales. Elle visait à soumettre les peuples occupés par la terreur afin qu’ils soient résignés et renoncent à leurs revendications légitimes. Israël, comme d’autres puissances militaires, use également de ce déploiement de violence pour tester ses nouvelles armes et ne se prive pas de faire de cette expérimentation sur le terrain un argument commercial de vente auprès des pays acheteurs d’armements. 

« Ami, entends-tu… »

Parfois, des militants solidaires de la cause palestinienne, partis en mission civile en Palestine occupée, reviennent avec l’impression d’un certain défaitisme dans les populations et s’en inquiètent pour l’avenir de la cause elle-même. Pour qui a eu l’occasion, dans les années 60 et 70, de se rendre dans les nombreux pays colonisés par les Européens, c’est souvent la même observation qui était faite. Or c’est précisément en cette période sombre de l’histoire des peuples du grand sud que s’organisaient les résistances. Celles de Gandhi, des Algériens, des Vietnamiens, de Lumumba au Congo et des pays de la ligne de front contre l’apartheid sud-africain.

Alors, plus que jamais, soyons attentifs à ces jeunes et moins jeunes, ces femmes et ces hommes en Palestine qui, courageusement, au travers de regroupements multiples, sociaux, culturels, économiques, politiques, constituent les réseaux de la résistance à l’envahisseur israélien. Soyons solidaires de leur combat car il est juste. Mobilisons-nous car toute forme de recul de la cause palestinienne – du fait aussi de la faiblesse et des divisions des gouvernants, des complicités criminelles des alliés de l’occupant – traduit un déni, voire un mépris du droit international, du droit des peuples à disposer d’eux-mêmes et à la coexistence pacifique. C’est l’état de droit au sein de la communauté des nations qui est ainsi bafoué. 

Pierre Galand, Président de l’ABP.

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