VoteForPalestine2024 : que pense le MR ?

Les partis francophones ont répondu à un questionnaire en vue de faire connaitre leurs positions sur dix de nos demandes phares en vue des élections du 9 juin 2024.

Voici les réponses du Mouvement Réformateur :

Votre parti s’engage-t-il à promouvoir :
la reconnaissance de l’apartheid israélien ? X
l’interdiction du commerce avec les colonies israéliennes ? X
l’exclusion des marchés publics des entreprises impliquées dans les colonies ? X
un embargo militaire intégral contre Israël ? X
la suspension des missions économiques régionales en Israël ? X
le soutien du droit au boycott d’Israël ? X
le soutien à la société civile palestinienne ? X
le soutien à l’UNRWA ? X
des sanctions contre Israël ? X
la suspension de l’accord d’association UE-Israël ? X

Votre parti s’engage-t-il à promouvoir la reconnaissance de l’apartheid israélien ?

Non. Ce terme n’est pas applicable à la situation israélo-palestinienne car il n’y a pas de distinction basée sur la ségrégation raciale comme c’était le cas en Afrique du sud. 1,5 millions de Palestiniens vivent d’ailleurs en Israël.

Votre parti s’engage-t-il à promouvoir l’interdiction du commerce avec les colonies israéliennes ?

Non.

En ce qui concerne les produits israéliens issus des colonies, l’accord de gouvernement fédéral (2020) prévoit que notre pays fera de nouveaux pas dans le sens d’une politique de différenciation bilatérale et multilatérale à l’égard des colonies israéliennes. Il s’agit de travailler, au niveau européen, sur une liste de contre-mesures efficaces et proportionnées en cas d’annexion du territoire palestinien par Israël et sur une possible reconnaissance en temps utile de l’État palestinien. Les traités bilatéraux passés et futurs entre la Belgique et Israël font référence au territoire de l’État d’Israël. Par ailleurs, il est prévu que les Finances et l’Économie renforceront les contrôles sur les marchandises en provenance d’Israël. Une interdiction des produits israéliens provenant des colonies n’est donc pas envisagée par l’accord de gouvernement.

Il faut également être conscient qu’une politique de différenciation doit être menée de manière homogène, dès qu’un territoire est contesté. Cela devrait donc aussi s’appliquer au Maroc, puisque le Sahara occidental est un territoire contesté, ce que nous n’estimons ni pertinent ni souhaitable. Précisons en effet que cette politique de différenciation pourrait avoir des conséquences dommageables sur notre capacité à traiter diplomatiquement avec toutes les parties, qu’elle ne fera que déplacer ces produits ailleurs dans l’Union Européenne et qu’elle n’est pas opportune alors que le pays vient d’être victime des attaques terroristes du Hamas. On peut d’ailleurs s’étonner que personne ne réclame de sanctions contre ce mouvement terroriste.

Votre parti s’engage-t-il à promouvoir l’exclusion des marchés publics les entreprises impliquées dans les colonies ?

Non. Nous privilégions le dialogue diplomatique pour aboutir à une solution à deux Etats, seule porte de sortie dans ce conflit.

Votre parti s’engage-t-il à promouvoir un embargo militaire intégral contre Israël ?

Non.

Le Hamas cherche avant tout la destruction d’un pays et d’une société. Agissant comme il l’a fait, il savait par ailleurs à quoi il exposait de manière criminelle la population de Gaza. Ce n’est pas une guerre entre les Israéliens et les Palestiniens. C’est une guerre menée par des terroristes contre des valeurs démocratiques.

Ensuite, le Mouvement Réformateur reconnaît le droit à l’existence d’Israël et son droit d’assurer à tout moment sa défense et la protection de sa population. Le combat contre le terrorisme doit tous nous unir. Israël est la seule démocratie de la région et, de surcroît, à des voisins qui prônent sa destruction. C’est le droit d’Israël de vouloir vivre en paix et dans la sécurité et de prendre toutes les mesures légitimes afin de les assurer.

Le MR est résolument dans le camp de la paix et pour le respect des populations civiles palestinienne et israélienne. C’est pourquoi nous soutenons aujourd’hui un cessez-le-feu humanitaire. C’est la position du gouvernement. Ce cessez-le-feu doit être concomitant à une libération des otages israéliens détenus par le Hamas, qui est une organisation terroriste dont l’objectif est la destruction de l’Etat d’Israël.

Comme dans tout conflit armé, le Mouvement Réformateur plaide pour le respect du droit international et du droit international de la guerre par l’ensemble des parties au conflit, conformément, notamment, aux résolutions des Nations Unies, qui doivent être respectées par l’ensemble des parties prenantes. Il est également important que les populations qui en ont besoin puissent bénéficier d’une aide humanitaire et nous continuerons de plaider pour soutenir les civils de Gaza, en coordination avec nos partenaires européens et en veillant à ce que cette assistance ne soit pas dévoyée par des organisations terroristes. S’il y a des violations du droit international, Israël doit être sanctionné. Mais il faudra aussi des sanctions envers le Hamas, comme la saisie de ses comptes bancaires, l’arrestation de ses dirigeants, ainsi que des sanctions pour les Etats qui les couvrent.

Votre parti s’engage-t-il à promouvoir la suspension des missions économiques régionales en Israël ?

Non. Ces missions économiques jouent un rôle important, notamment sur le plan diplomatique.

Vous engagez-vous à lutter contre les tentatives de limiter la liberté d’expression des défenseurs des droits des Palestiniens, notamment celui au BDS, en évitant d’utiliser la définition de travail de l’antisémitisme de l’IHRA ?

Non. Le pogrom du 7 octobre 2023 et le conflit entre Israël et le Hamas a entraîné une explosion des actes et paroles antisémites : croix gammées dans l’espace public, profanation de cimetières, menaces, appels à la haine lors de manifestations publiques… L’importation de ce conflit sur notre territoire ainsi que la montée des populismes et des extrémismes, de gauche comme de droite, est préoccupante et nous invite à la vigilance. Nous sommes un pays libre, où règne la liberté d’expression. Mais il y a des limites très claires : nous ne pouvons tolérer l’incitation à la haine, à l’antisémitisme ou à l’islamophobie et l’incitation à la violence. Nous devons assurer la sécurité de tous ceux qui vivent sur notre territoire et ne laisser prospérer aucune parole, aucun acte antisémite ou islamophobe, aucune stigmatisation. Notre devoir, dans ce moment, est de rester unis comme pays, dans le respect de nos valeurs de tolérance et de démocratie. C’est ce bouclier de l’unité qui nous protégera des débordements, des dérives et de la haine.

Votre parti s’engage-t-il à soutenir la société civile palestinienne ?

Non. Il est important que les populations qui en ont besoin puissent bénéficier d’une aide humanitaire et nous continuerons de plaider pour soutenir les civils de Gaza, en coordination avec nos partenaires européens et en veillant à ce que cette assistance ne soit pas dévoyée par des organisations terroristes

Vous engagez-vous à oeuvrer à la soutenabilité financière de l’UNRWA ?

Non. La Belgique a pour l’instant confirmé son soutien à l’UNRWA, dans l’attente des résultats d’une enquête approfondie menée actuellement au sujet de l’Agence et de ses collaborateurs. Nous évaluerons à l’issue de cette enquête si ce soutien doit être maintenu. Dans l’immédiat, il est important que les populations qui en ont besoin puissent bénéficier d’une aide humanitaire et nous continuerons de plaider pour soutenir les civils de Gaza, en coordination avec nos partenaires européens et en veillant à ce que cette assistance ne soit pas dévoyée par des organisations terroristes.

Etes-vous favorables à l’instauration de sanctions économiques et diplomatiques contre Israël tant qu’il n’aura pas mis fin aux violations graves du droit international et des droits humains ?

Non.

S’il y a des violations du droit international, Israël doit être sanctionné. Mais il faudra aussi des sanctions envers le Hamas, comme la saisie de ses comptes bancaires, l’arrestation de ses dirigeants, ainsi que des sanctions pour les Etats qui les couvrent. Notre pays soutient par ailleurs le travail de la Cour internationale de justice. Rappelons également que l’Union européenne a répondu à l’appel de la Cour Pénale Internationale afin de lui permettre d’enquêter et d’établir les responsabilités de façon objective, en débloquant un budget de 5 millions d’euros. L’Union européenne se dit également prête à participer à toute initiative susceptible de relancer le processus de paix.

La Belgique a toujours prôné la solution à deux États comme étant la seule solution permettant d’apporter une réponse de long terme à ce conflit historique. Le Mouvement Réformateur reconnait toutes les aspirations légitimes du peuple palestinien et soutient des mesures égales de justice et de liberté pour les Israéliens et les Palestiniens. La seule solution durable est et restera une solution négociée, dans le respect des droits humains de chaque habitant d’Israël et de Palestine. Nous continuerons de plaider pour instaurer les conditions d’un Moyen-Orient pacifique. Nous sommes convaincus que la solution à deux États, avec deux États démocratiques, Israël et la Palestine, coexistant pacifiquement à l’intérieur de frontières sûres et reconnues, constitue la seule solution durable au conflit.

Etes-vous favorables à la suspension de l’accord d’association UE-Israël au titre de sa clause sur les droits humains ?

Non. Voir les réponses précédentes. Une solution négociée est pour nous la seule issue.

 

Pour débattre du programme des partis sur la question israélo-palestinienne, rejoingnez-nous le lundi 22 avril à 18h à l’IHECS (auditoire BV1) pour un débat pré-électoral centré sur la question israélo-palestinienne ! Plus d’infos : https://www.association-belgo-palestinienne.be/%C3%A9v%C3%A8nement/debat-pre-electoral-israel-palestine-quen-pensent-les-partis/?instance_id=1072

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