par Pascal Boniface,
Éditeur Max Milo, avril 2025, 282 pages
Chronique par Michel Brouyaux
C’est bien la première fois que l’on bombarde des gens qui ne peuvent aller nulle part ailleurs, souligne Pascal Boniface. Et pourtant, Israël bénéficie d’un soutien quasi général. À commencer par les médias, qui soutiennent Israël non pas « parce que les Juifs contrôleraient les médias », ce qui est faux, mais à cause du biais occidentaliste : proximité culturelle, mentalité coloniale toujours prégnante, défiance
– voire haine – du monde arabe. Pascal Praud par exemple, qui occupe désormais une place centrale dans les médias français, peut déclarer : « le 7 octobre a changé le monde. Il a changé ma vie.
Le monde arabo-musulman a déclaré la guerre à l’Occident. Israël est un rempart. »
Rarement, les événements du 7 octobre sont remis dans un contexte. Et tribune est largement offerte non seulement aux représentants de l’armée, mais aussi aux propagandistes les plus notoires et les plus discrédités d’Israël, comme Bernard-Henry Lévy ou Caroline Fourest. Dorénavant, le droit international n’est plus le droit s’il s’applique à nos amis. Ceux qui nient les crimes d’Israël pratiquent, nous dit l’auteur, « une autre forme de cancel culture ».
Un remarquable chapitre est consacré à la propagande officielle israélienne, la hasbara (littéralement : l’explication). On y apprend notamment que le ministère israélien des Affaires étrangères a mis en
place une équipe chargée d’alimenter le web. The Israel projects 2009 Global lang (age dictionary, un document non public, mais qui a fuité, énumère 25 règles pour une communication efficace). Il est par
exemple recommandé de montrer de la sympathie pour les deux parties, et non se contenter de dire qu’Israël a raison et les autres tort. Il faut employer un ton modéré, concéder de temps en temps un point à son interlocuteur. Ce chapitre vaut à lui seul le détour.