Noam Chomsky se voit refuser l’entrée en Cisjordanie et en Israël

Le professeur Noam Chomsky, un linguiste américain et militant de gauche, s’est vu refuser l’entrée en Israël et en Cisjordanie, dimanche [16 mai 2010].

Aucune raison n’a d’abord été donnée à la décision, mais le ministère de l’Intérieur a déclaré plus tard que les agents de l’immigration à la frontière du pont Allenby vers la Jordanie avaient mal compris les intentions de Chomsky pensant d’abord qu’il devait aussi se rendre en Israël.

Noam Chomsky, interdit d'entrée par l'armée israélienne
Noam Chomsky, interdit d'entrée par l'armée israélienne

Chomsky, qui effectue une tournée de conférences dans la région, devait prendre la parole à l’Université de Bir Zeit, en Cisjordanie, lundi.

Le porte-parole du ministère de l’Intérieur Sabine Haddad a déclaré que les fonctionnaires étaient maintenant en train d’essayer d’obtenir l’autorisation de l’armée israélienne, qui contrôle l’accès à la Cisjordanie, afin de permettre à Chomsky d’entrer sur ce territoire.

« Nous essayons de communiquer avec les militaires pour clarifier les choses et si ils n’ont pas d’objection, nous ne voyons pas pourquoi il ne devrait pas être autorisé à passer, dit Hadad.
Chomsky a déclaré que les inspecteurs avait imprimé les mots « entrée refusée » sur son passeport alors qu’il tentait de traverser à partir de la Jordanie par le pont Allenby.

Quand il a demandé à un inspecteur israélien pourquoi il n’avait pas reçu la permission, on lui a dit que l’explication serait envoyée par écrit à l’ambassade américaine. « Ils n’ont apparemment pas apprécié le fait que je devais donner une conférence dans une université palestinienne et non pas en Israël », Chomsky a déclaré à Reuters par téléphone depuis Amman.

Chomsky est arrivé au pont Allenby à environ 13h30 et a été emmené pour interrogatoire, avant d’être libéré vers Amman à 16h30.

Dans un entretien téléphonique avec Channel 10, Chomsky a déclaré que les interrogateurs lui avaient dit qu’il avait écrit des choses que le gouvernement israélien n’avait pas aimées : « J’ai proposé [à l’interrogateur d’essayer de] trouver un gouvernement dans ce monde qui aime ce que je dis ».

Chomsky est professeur au Massachusetts Institute of Technology et est reconnu par les universitaires de part le monde. Il s’identifie à la gauche radicale et est souvent critique à la fois des politiques israéliennes et américaines.

Chomsky a déclaré être venu en Israël et en Cisjordanie en 1997, quand il s’est exprimé à l’Université Ben Gourion et à Bir Zeit. Il a dit que ses précédentes visites en Cisjordanie avaient été dans le cadre de voyages en Israël.

Son hôte palestinien, député Mustafa al-Barghouti a qualifié la décision « d’action fasciste, visant la suppression de la liberté d’expression. »

L’Association pour les droits civils en Israël a dénoncé le ministère de l’Intérieur pour « recours à la détention et expulsion afin d’empêcher un homme d’exprimer son opinion », le qualifiant de « caractéristique d’un régime totalitaire. »

« Un pays démocratique où la liberté d’expression est un principe directeur ne se ferme pas en face de la critique ou des idées qui ne sont pas confortables et ne refuse pas l’entrée invités car il n’accepte pas leurs opinions. Au lieu de cela, il gère ces opinions par le biais d’un débat public », a déclaré l’IARC dans un communiqué.

Le député de Kadima Otniel Schneller, d’autre part, a fait l’éloge du geste. « Il est bon qu’Israël ne permette pas l’un de ses accusateurs d’entrer sur son territoire », a-t-il déclaré. « Je recommande [à Chomsky] d’essayer l’un des tunnels reliant la bande de Gaza et l’Egypte. »

Amira Hass

source : Ha’aretz

traduction : Julien Masri

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