Si le génocide se poursuit depuis la trêve du 19 janvier en s’étendant notamment à toute la Cisjordanie, de manière plus insidieuse mais tout aussi réelle, la campagne BDS¹ continue son inexorable chemin vers la justice.
Par Florian Gillard
Carrefour : entre fermetures et pertes
La complicité de Carrefour dans la colonisation de la Palestine et dans le génocide en cours se traduit par un coût de plus en plus important pour l’entreprise. Son partenaire dans une grande partie du monde arabe, Majid Al Futtaim, a annoncé le 7 janvier 2025 que le géant de la grande distribution allait cesser ses opérations à Oman. Cette décision fait suite à la fermeture de ses magasins en Jordanie deux mois plus tôt, où l’entreprise française s’est vue remplacée par une autre chaîne de supermarchés. Ces deux décisions permettent d’augurer la fin des activités de Carrefour dans d’autres pays de la région. Si la direction du groupe ne l’admet pas, tout le monde s’accorde pour dire que la pression des militant·es BDS a été à l’origine de ces victoires. De fait, les profits de l’entreprise ont baissé de 50% entre 2024 et 2023 et ses actions en bourse ont baissé de plus de 7%. Un bel encouragement au boycott !
Finlande : 100 apartheid free zones !
C’est un joli cap que les militant·es BDS finlandais·es ont atteint. Les Apartheid Free Zones (ou Zones Libres d’Apartheid) sont des lieux culturels, des commerces, des syndicats, des universités et des institutions en tout genre qui s’engagent à ne pas entretenir de liens avec Israël ou des entreprises complices de la colonisation et du génocide. Cette campagne BDS permet un boycott plus large que l’échelle individuelle et ne se limite pas seulement aux cibles désignées par le mouvement : à terme, le but est de couper, partout dans le monde, tous les liens avec des entreprises complices de violations des droits humains.
En Belgique, la campagne AFZ suit son cours et est menée par BDS Bruxelles, l’ABP et Palestina Solidariteit. N’hésitez pas à les contacter si vous voulez que vos lieux favoris deviennent des Apartheid Free Zones
reebok, du sang sur le maillot
Comme Adidas et Puma avant elle, la marque italienne Errea a mis fin au parrainage qu’elle accordait à l’association israélienne de football (IFA). L’IFA comporte plusieurs équipes dans les colonies en territoire palestinien occupé, alors que les sportif·ves palestinien·nes sont exécuté·es ou mutilé·es par l’armée israélienne et que les déplacements de l’équipe nationale de football palestinienne sont constamment restreints. Rappelons cette pratique des tireurs d’élite israéliens consistant à tirer dans les genoux des footballeurs, même les plus jeunes, afin de briser leur passion… C’est maintenant au tour de Reebok d’avoir fait le choix de la honte et de parrainer l’IFA. Boycottons Reebok jusqu’à son retrait.
coca-cola, le boycott que tout le monde attendait
Si nombre d’activistes n’ont pas attendu le signal du mouvement BDS pour boycotter Coca, la marque de soda est enfin sur la liste officielle des entreprises complices de la colonisation ! Selon des recherches de WhoProfits, Coca-Cola Israël « exploite un centre de distribution et de refroidissement dans la zone industrielle de la colonie israélienne d’Atarot ». De plus, sa filiale Tabor Winery « produit du vin provenant de vignes situées dans le territoire occupé et les colonies en Cisjordanie et dans le Golan syrien ». Non seulement Coca-Cola profite de la colonisation et du vol des terres palestiniennes, mais il contribue également au génocide (pardon, à l’effort de guerre) israélien via les taxes versées à l’État colonial. Ces motifs de boycott s’ajoutent à la liste innombrable des responsabilités criminelles de la marque états-unienne : vol de l’eau dans de nombreuses régions d’Amérique latine, pratiques mafieuses et répression féroce des syndicalistes, méthodes de commercialisation agressives, épidémies d’obésité et de diabète, etc. La marque est certes omniprésente et le boycott est parfois difficile, mais des alternatives existent (évitons cependant Pepsi, qui détient SodaStream, la marque israélienne notoirement connue) !

¹ : Lancée en 2005 par la société civile palestinienne, la campagne non violente BDS appelle au boycott d’Israël jusqu’à ce qu’il se plie aux trois obligations majeures que le droit international lui impose envers les Palestiniens :
- le retrait du territoire palestinien occupé;
- l’égalité absolue entre les citoyens juifs et palestiniens en Israël ;
- l’application du droit au retour des réfugiés palestiniens garanti par la résolution 194 de l’ONU.