Edito par Pierre Galand, Président de l’ABP
Printemps 2025
Enfermés, bombardés, mitraillés, assassinés, affamés, assoiffés : telles sont les conditions infâmes que leurs geôliers, les planificateurs du génocide et leurs complices, imposent aux populations civiles de Gaza. Un Nuremberg du XXIe siècle devra rendre justice aux survivants et aux familles des disparus pour les souffrances indicibles qu’ils ont subies. La réaffectation des fonds européens dont bénéficie encore Israël de manière délictueuse doit servir à la reconstruction de Gaza par et pour ses habitants. Mais, dans l’immédiat, notre mobilisation doit forcer l’arrêt sans conditions des massacres et des destructions ainsi que l’ouverture totale du territoire à l’aide humanitaire. Il faut imposer à Israël le respect des conventions de Genève sur toute la Palestine occupée.
La justice internationale a très tôt alerté nos gouvernements et l’ONU sur la nature probable de ce qui était en train de se passer à Gaza, a lancé des mandats d’arrêt contre les responsables et a préconisé les mesures à prendre pour empêcher le génocide. Les nombreuses mobilisations à l’échelle globale, comme, chez nous, les manifestations monstres de solidarité des 11 mai (80 000 personnes) et 15 juin (120 000 !) l’illustrent : les peuples du monde entier dénoncent sans relâche ces crimes avérés contre l’humanité et la complaisance des États occidentaux et arabes qui concèdent à Israël un prétendu « droit de se défendre ». Lequel est rapidement devenu un permis de tuer toute une population civile sans défense en lui déniant toute humanité, en détruisant toutes ses infrastructures sanitaires, scolaires, sociales, culturelles et économiques de même que l’accès à l’eau ainsi que la plupart des habitations et des terres cultivables nécessaires à leur survie. Au crime de génocide à Gaza, s’ajoutent d’autres crimes contre l’humanité, les crimes d’apartheid et de persécution.
Aujourd’hui, l’urgence est moins celle de la reconnaissance sans lendemain d’une Palestine qui continuera à être détruite que de rendre effectif le droit du peuple palestinien à son autodétermination. Cela nécessite en premier lieu d’obliger Israël à se retirer définitivement et inconditionnellement de la bande de Gaza, de Cisjordanie et de Jérusalem-Est, conformément à l’avis de la Cour internationale de justice du 19 juillet 2024 et de la résolution de l’Assemblée générale de l’ONU du 17 septembre 2024.
Les attaques et les bombardements d’Israël contre ses voisins au Liban, en Syrie et en Iran démontrent à suffisance la dangerosité de notre soi-disant allié. Il est de la plus grande urgence de condamner fermement et d’isoler Netanyahou et son gouvernement et de prendre les mesures nécessaires pour empêcher le pire. La sécurité d’Israël et celle de la coexistence pacifique avec les autres peuples de la région seront à ce prix.
La Belgique dispose d’une loi de compétence universelle adoptée en 1993 ; il appartient donc au pouvoir législatif de prendre ses responsabilités, en reconnaissant la réalité du génocide perpétré par Israël, largement documenté par des ONG, des agences de l’ONU et d’autres courageux témoins. Les élus du Parlement fédéral doivent impérativement, en conscience, se prononcer sur une exigence essentielle : sauvegarder notre humanité.