Edito. «Il ne s’agit pas d’un problème d’ignorance, mais d’inaction »

Par Pierre Galand, président de l’ABP

Ces mots ont été prononcés par Mohammed Al-Kurd à la tribune de l’Assemblée générale de l’ONU le 29 novembre 2021, journée internationale de solidarité avec le peuple palestinien. Dans un réquisitoire poignant, l’étoile montante de la jeunesse militante palestinienne (lire article page 26-29) a rappelé cette réalité implacable : qu’il s’agisse du nettoyage ethnique (en particulier dans son quartier de Sheikh Jarrah), du blocus de Gaza ou encore de la colonisation effrénée de la Cisjordanie, les forfaitures du gouvernement israélien sont connues de tous. Pour autant, rien ne laisse présager un début de réaction conséquente de la communauté internationale, pourtant seule à même d’empêcher sur le terrain l’impitoyable application de la loi du plus fort.

Combien de massacres, de châtiments collectifs et autres crimes contre l’humanité faudra-t-il encore pour déchirer le voile pudique honteusement jeté sur le désastre israélo-palestinien ? L’actualité géopolitique n’incite guère à l’optimisme. Dans le monde arabe, les autocrates se complaisent dans des partenariats conclus à la fois contre les intérêts de leur propre population (bien souvent ciblée par le logiciel espion Pegasus made in Tel Aviv), contre les Palestiniens (grands absents des accords de normalisation) et accroissant les tensions régionales au Moyen-Orient et au Maghreb.

Les Occidentaux ne sont pas en reste, qui ne ratent aucune occasion d’approfondir leurs liens avec Israël, dont le blason a été opportunément redoré grâce à une alternance politique qui n’a pourtant fondamentalement rien changé à l’architecture de la domination qui pèse sur les Palestiniens (lire dossier pages 3 à 25).

Ce qu’il faut bien qualifier de démission de la communauté internationale appelle à une mobilisation générale des citoyennes et citoyens attachés à la justice et au droit à l’autodétermination des peuples à travers le monde. C’est le sens de l’appel de Leïla Chahid, ancienne ambassadrice de l’Autorité palestinienne auprès de la Belgique, du Luxembourg et de l’Union européenne, lors d’une conférence-débat organisée par l’Association belgo-palestinienne le 27 novembre dernier. «Dans la période de reflux de la diplomatie palestinienne, les sociétés civiles des pays étrangers doivent se faire les relais de la population palestinienne auprès de leurs dirigeants pour que cesse cette fausse équivalence entre l’assassin et celui qu’on assassine.»

C’est en effet de notre capacité à assumer ce rôle d’allié à notre modeste niveau en pressant nos responsables politiques de poser enfin les actes nécessaires – à commencer par la mise en place de sanctions contre Israël – que dépendra en partie le maintien ou la chute du régime d’apartheid israélien.

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