Nous, citoyennes et citoyens, associations, organisations de la société civile, syndicats, enseignants, artistes et travailleurs de différents secteurs, demandons à la RTBF de se retirer du Concours Eurovision de la chanson tant qu’Israël y participe.
Du 12 au 16 mai prochain se tiendra une nouvelle édition du Concours Eurovision de la chanson. Le 4 décembre dernier, l’Union européenne de radio-télévision (UER) a confirmé le maintien de la participation d’Israël à l’édition 2026 du concours.
Cette décision a suscité de nombreuses réactions à travers l’Europe. Des artistes, des syndicats et des organisations de la société civile dénoncent la présence d’Israël dans un événement culturel international alors que la guerre menée contre le peuple palestinien, en particulier à Gaza, se poursuit.
En réaction, plusieurs diffuseurs publics européens, notamment aux Pays-Bas, en Espagne et en Slovénie, ont annoncé leur retrait du concours, estimant qu’il était impossible de maintenir une posture de neutralité dans un tel contexte. En Belgique, la RTBF et la VRT ont toutefois confirmé leur participation.
Une mobilisation croissante
Partout en Europe, les mobilisations se multiplient.
Des syndicats de l’audiovisuel, y compris au sein de la RTBF et de la VRT, ont appelé au boycott du concours. Plusieurs organisations de la société civile ont également pris position.
Des artistes ont choisi de se retirer de l’événement. Le chanteur belge Loïc Nottet a notamment annoncé qu’il ne participerait pas au concours en raison de la présence d’Israël.
Pour de nombreux acteurs du monde culturel et médiatique, il est devenu impossible de séparer divertissement et responsabilité politique alors qu’un génocide est commis sous les yeux du monde.
Nous appelons la RTBF à reconsidérer cette décision et à se retirer du concours tant qu’Israël y est maintenu.
Une responsabilité particulière pour un média public
En tant que média de service public financé par les citoyens, la RTBF a une responsabilité particulière en matière de respect des droits humains, du droit international et de solidarité.
Participer à l’Eurovision dans les conditions actuelles revient à contribuer à la normalisation d’un État accusé par de nombreuses organisations internationales de commettre des crimes de guerre, des crimes contre l’humanité et d’imposer un régime d’apartheid au peuple palestinien.
Nous refusons que le service public belge prenne part, même indirectement, à une opération de blanchiment politique et médiatique. L’État israélien utilise régulièrement les grands événements culturels internationaux pour améliorer son image sur la scène internationale.
Dans ce contexte, maintenir la participation de la RTBF à l’Eurovision revient à ignorer l’indignation exprimée par une large partie de la population face à la destruction de Gaza et le génocide du peuple palestinien.
L’argument de la neutralité ne tient pas
L’Eurovision se présente comme un espace de coopération culturelle entre les peuples. Mais cet idéal ne peut servir de prétexte à ignorer des crimes graves. En 2022, l’UER avait exclu la Russie du concours moins de 24 heures après l’invasion de l’Ukraine afin de préserver la réputation de l’événement. Il est légitime de s’interroger sur l’absence d’une décision similaire aujourd’hui.
Il ne s’agit pas de juger les artistes individuellement. La question posée est celle de la représentation officielle d’un État et de l’utilisation d’un événement culturel pour normaliser une situation politique marquée par un génocide, l’occupation, la colonisation, l’apartheid et les violations des droits humains.
Nous appelons la RTBF à agir de manière cohérente avec les valeurs qu’elle affirme défendre.
Nous demandons :
- le retrait de la RTBF du concours Eurovision tant qu’Israël y participe
- le non-envoi d’un·e candidat·e belge, et
- la non-diffusion du concours dans ces conditions.
Un tel choix enverrait un signal fort : la culture ne peut servir de paravent à l’oppression, à la colonisation et aux violations du droit international.
La solidarité avec le peuple palestinien exige aujourd’hui des actes.
Nous appelons les citoyennes et citoyens, les organisations sociales, les syndicats, les associations et les responsables politiques à se mobiliser pour défendre la paix, la justice et les droits humains.
La solidarité internationale et la mobilisation citoyenne sont essentielles pour faire respecter le droit et protéger les populations.
Nous appelons également à la mobilisation devant les locaux de la RTBF afin d’interpeller le service public audiovisuel sur sa responsabilité et d’exiger une position cohérente avec les principes de respect du droit international et des droits humains.
Signataires :
Organisations :
ABP (Association belgo-palestinienne Wallonie-Bruxelles)
ABP Liège
Agir pour la Paix
AJAB (Alliance juive antisioniste en Belgique)
Alternative Théâtre (asbl)
Asbl PEC
Barbaria Collective (collectif antiraciste, féministe et décolonial, Liège)
Belgium Global Sumud (délégation belge de la flottille Sumud to Gaza)
Bruxelles Panthères
Cafétéria Collective Kali, Liège
Campagne BDS – Comité ULB
Carolocataires Ensemble
Club Achille Chavée
Collectif Ni Jumet Ni Ailleurs
Le collectif liégeois contre l’islamophobie (Al-Quds)
Comité Verviers Palestine
Coordination namuroise belgo-palestinienne
Coordination Résistances
CRACPE (Collectif de Résistance Aux Centres Pour Étrangers)
Entraide et Fraternité / Vivre Ensemble
Front Anti-Expulsions Liège
Front2Mères Belgique
Global Sumud Belgium, délégation belge de la Global Sumud Flotilla
Halte aux guerres, halte à la guerre sociale
Identité Amérique Indienne
INTAL
Jeunes CSC Liège-Verviers-Ostbelgien
JOC Charleroi
JOC La Louvière
JOC Mons
La FLAM (Fronde Liégeoise Anti-Militariste)
Le service «Les Petits Câlins» de Charleroi (accueillantes)
Les Étudiants Socialistes Liégeois
Liège-Palestine Solidarité
Mouvement Citoyen Palestine
PAV (Paix Au Vietnam)
Plateforme Charleroi pour la Palestine
Samidoun Bruxelles
Solidarité Migrants Charleroi
Solidarité Palestine Namur
Université Populaire de Bruxelles
University Workers for Palestine
UPJB (Union des Progressistes Juifs de Belgique)
Vie Féminine Charleroi-Thuin
Wahamanif (mouvement des étudiants de l’Athénée Léonie de Waha, Liège)
Citoyen.nes :
Francine Adam
Hamdan Al Damiri, président de l’ABP Liège
Saleha Ammi
France Arets, militante active dans le soutien aux sans-papiers
Danielle Bajomée, ULiège
Malik Ben Achour, échevin PSIC à Verviers
Selma Benkhelifa, avocate, Bruxelles
Nadia Boumazoughe, militante BDS
Yamina Bounir, militante féministe anticoloniale
Nicolas Croes
Michèle Buchet
Alain De Clerck
Loïc Decamp, travailleur de l’éducation populaire
Léon Dede, membre du Comité Verviers Palestine
Myriam Dely
André Despontin
Alexis Deswaef, avocat, président de la FIDH
Bruno Di Pasquale, travailleur de la culture
Soumia Echiheb, travailleuse ONG
Anne-Marie El Najjar-Ghizzi, membre de l’ABP Liège
Aude Gaspar, Pourquoi devenir féministe ?
Angélique Hercot
Patrick Heuschen, producteur RTBF honoraire
David Jamar
Alain Jonckheere
Mehdi Kassou, Refugees Welcome
Philippe Kriescher, membre du Comité Palestine
Dieudonné Leclercq, ULiège
Vincent Libon
Jeanine Livet
Marie-Christine Lothier
Valter Lurlaro, Solidarité Migrants
Philippe Massenaux
Marc Mawet
Thierry Michel, cinéaste
Danielle Meunier
Jean-Pierre Michiels
Anne Morelli, ULB
Leila Mouhib, ULB
Renée Mousset, ancienne présidente de l’ABP Liège
Delphine Noels, réalisatrice et scénariste
Christine Pagnoulle, ULiège
Jorge Palma, Communauté chilienne Liège
Bernadette Peeterbroeck, éducatrice
Jean Peltier
Christine Philippart
Yves Pinon, activiste international
Danièle Radoux
Nadine Rosa-Rosso, militante
Nordine Saïdi, militant antiraciste et décolonial
Sarah Schlitz, députée Écolo
Colette Schréder
Daniel Schurmans
Lucienne Strivay, ULiège
Selchuk Tufek, artiste, Goslam City
Luk Vervaet, militant
Daniel Vanhove, militant pour la Palestine
Marianne VL Koplewicz, Éditions du Souffle
Muriel Willame
Angel ramos, comédien et humoriste
Michel Collon, journaliste et essayiste
Ismaïl Akhlal, auteur, acteur et metteur en scène
Mourad Boucif, réalisateur
Ahmed Al Moghrabi, chirurgien palestinien
Marianne Blume, membre de l’ABP