Votre argent finance probablement le génocide en Palestine !

Votre argent finance probablement le génocide en Palestine! 

Fin novembre dernier, paraissait le dernier rapport Don’t Buy Into Occupation. Ce rapport étudie les liens entre les institutions financières européennes et les entreprises qui participent aux crimes d’occupation, de colonisation, d’apartheid et de génocide commis par Israël contre les Palestinien·nes. 

Le constat est édifiant : 1 115 institutions financières européennes,  (banques, compagnies d’assurances, fonds de pension, gestionnaires d’actifs financiers et banques d’investissement) investissent à hauteur de 1 813 milliards US dollars dans des entreprises liées  à l’occupation, à la colonisation,  à l’apartheid et/ou au génocide des Palestinien·nes par Israël. Au total, 140 entreprises sont épinglées,qui bénéficient de $310 milliards de prêts et $1 503 milliards d’investissements de la part de généreuses institutions financières européennes selon le rapport pré-cité.

Le top 5 des sponsors de crimes de guerre

Parmi ces institutions, on retrouve de nombreuses banques actives en Belgique. BNP Paribas se situe en première position des sponsors officiels des crimes de guerre et crimes contre l’humanité israéliens. KBC, ING, Belfius suivent le géant dans le classement belge.

BNP Paribas : $70 milliards

BNP Paribas, active chez nous, dont l’État belge est un des principaux actionnaires ( 5,5% de parts). La banque est très généreuse envers les entreprises actives dans l’occupation, la colonisation, l’apartheid et le génocide puisque ce ne sont pas moins de $70 milliards qui leur sont octroyés par BNP. 

Parmi les entreprises que finance BNP Paribas, on retrouve Caterpillar, BAE Systems ou encore Palantir, pour n’en citer que quelques-unes. Petit tour d’horizon non exhaustif.

Caterpillar, en Palestine, c’est davantage une entreprise de démolition que de construction. Les bulldozers D9 de la marque sont utilisés par l’armée israélienne pour détruire maisons, routes, hôpitaux, canalisations d’eau, tant en Cisjordanie qu’à Gaza. Leurs front runners sont utilisés pour raser Gaza mais aussi pour servir de boucliers à l’armée israélienne. Caterpillar et BNP, c’est une histoire d’amour à $725 millions, prêts et souscriptions additionnés.

Front runner Caterpillar utilisé à Gaza par l’armée israélienne

BAE Systems, quant à elle, est une entreprise de construction d’armes. Elle fournit des kits de lancement de missiles téléguidés, participe à la chaîne de production des F-15, F-16 et F-35, fournit un système d’artillerie mobile équipé au phosphore blanc¹ (M109 howitzer) à “l’armée la plus morale du monde”

M109 howitzer de BAE Systems

Palantir. Cette entreprise fournit des systèmes technologiques à l’armée et aux services de renseignements israéliens et développe des logiciels dignes d’une fiction post-apocalyptique. Parmi ces logiciels, on retrouve notamment Gotham. Ce logiciel intègre un nombre massif d’informations provenant de sources différentes et peut ensuite détecter des “comportements suspects”. Il peut s’intégrer à des drones, à des capteurs et envoyer des instructions.
Black Mirror, vous connaissez ?

Palantir et l’armée d’occupation israélienne, ce n’est pas seulement une histoire de “business”, mais aussi de convergence idéologique. Ainsi, le CEO de Palantir, Alex Harp, déclarait: “Je suis fier que nous soutenions Israël de toutes les manières possibles.”

L’entreprise, régulièrement pointée du doigt par l’ONU pour son rôle dans des opérations militaires ayant causé de nombreuses victimes civiles, a par ailleurs été épinglée par Amnesty International dans son rapport paru en septembre 2025, qui identifie 15 entreprises contribuant à l’occupation et au génocide accompli par Israël. On peut notamment y lire : 

“Amnesty appelle aussi les États, les institutions publiques et les investisseurs à se désengager de Palantir : ne plus acheter ses services, cesser les contrats, vendre leurs parts, interdire sa participation dans des foires, marchés, contrats publics, financements – pour éviter d’être complices des crimes reprochés à Israël.”

Un appel que ne semble pas avoir entendu BNP qui, en août 2025, investissait à hauteur de $490M dans l’entreprise Palantir en août 2025.

BNP Paribas se trouve en outre sur la liste de banques et assurances à boycotter dans le cadre de la campagne Boycott Désinvestissement et Sanctions (BDS). 

KBC : $10 milliards d’investissements

KBC, quant à elle, finance plusieurs entreprises complices. Parmi celles-ci :

General Electrics, un fabricant d’équipements militaires qui fournit notamment à l’armée israélienne des hélicoptères AH62 Apache, chacun étant équipé de 8 missiles de précision et de centaines d’obus à longue portée qui participent à des frappes contre des civils. L’entreprise fournit également des turbines à gaz LM2500 utilisées dans les navires d’attaque de la marine israélienne employés pour des frappes militaires et pour faire appliquer le blocus maritime illégal de Gaza. Montant des transactions : $76M 

Booking est, lui aussi,  soutenu par KBC à hauteur de $289M. L’entreprise de tourisme colonial par excellence propose des logements dans des colonies illégales israéliennes se trouvant en territoire palestinien occupé et usurpé. On peut lire sur leur site, à propos d’un logement dans la colonie Kfar Adumim la mention “excellent emplacement”. Sans commentaire..

“En ne déclarant pas les colonies illégales, Booking participe à rendre les colonies profitables et durables” selon Human Rights Watch. 

Motorola, au service de l’armée israélienne, soutenu par KBC pour $29M de prêts et souscriptions. Principal fournisseur du réseau cellulaire militaire et de téléphones spécialisés de l’armée israélienne, l’entreprise permet à celle-ci de communiquer de manière cryptée. Elle fournit également les technologies qui permettent concrètement le maintien de l’occupation et de l’apartheid aux checkpoints.

ING, pas en reste

ING Group est un groupe néerlandais avec une filiale belge, ING Belgique. Celle-ci compte environ 3 millions de clients particuliers en Belgique. La banque finance notamment Maersk, HP ou encore Chevron, autant d’entreprises qui sont les cibles du mouvement Boycott, Désinvestissement et Sanctions (BDS). 

ING Group est un groupe néerlandais avec une filiale belge, ING Belgique. Celle-ci compte environ 3 millions de clients particuliers en Belgique. La banque finance notamment Maersk, HP ou encore Chevron, autant d’entreprises qui sont les cibles du mouvement Boycott, Désinvestissement et Sanctions (BDS). 

Maersk, la logistique derrière le génocide. L’entreprise transporte des cargaisons militaires, pour leur assemblage, vers des entreprises d’armement et expédie les armes vers Israël depuis les Etats-Unis. Ainsi, des véhicules militaires, des pièces détachées pour chars blindés ou encore des avions ont-ils  été livrés à l’armée israélienne par Maersk, rendant de ce fait réalisable le génocide des Palestinien·nes.
Fin 2024, l’Espagne a d’ailleurs interdit aux navires Maersk transportant des marchandises militaires vers Israël d’utiliser ses ports.
ING, de son côté, soutient l’entreprise à hauteur de $270M. 

Hewlett Packard Enterprise, plus connu sous le nom de HP, c’est l’épine dorsale de l’apartheid. Elle fournit à l’armée israélienne des ordinateurs, mais également des serveurs pour gérer les registres de population et les cartes d’identité en Israël. Ces derniers sont des éléments centraux du régime hiérarchisé de résidence et de citoyenneté du système d’apartheid israélien, qui accorde un statut et des droits inférieurs aux Palestinien·nes. L’entreprise participe aussi à la violation des droits des prisonnier·es palestiniens en fournissant à ces institutions de l’occupation israélienne des serveurs et des services de stockage de données. Rappelons que plus de 100 prisonnier·es ont été assassinées dans les prisons de l’occupation israélienne depuis le début du génocide.
ING et HP, un partenariat de$1150 millions. 

Chevron est le principal extracteur d’énergies fossiles en mer Méditerranée pour le compte d’Israël. Le géant pétrolier exploite et détient partiellement les plus grands gisements de gaz revendiqués par Israël. Chevron fournit de l’électricité à toutes les bases militaires,aux prisons et aux commissariats israéliens mais aussi aux colonies en Cisjordanie occupée. L’entreprise rapporte chaque année à Israël des centaines de millions de dollars provenant des paiements pour ses licences d’exportation de gaz, contribuant ainsi à financer le budget militaire d’Israël. Le transfert illégal de gaz par Israël vers l’Égypte est aussi rendu possible par Chevron, qui détient et exploite une partie du gazoduc East Mediterranean Gas. Ce gazoduc relie Israël à l’Égypte et traverse illégalement le territoire maritime palestinien.
ING investit dans Chevron un montant de $32 millions. 

Des exemples parmi d’autres

Nous avons résumé ici l’implication de 3 banques importantes en Belgique. Mais de nombreuses autres banques (Belfius, Ackermans & Van Haaren, ou encore Degroof Petercam) figurent aussi dans le rapport Don’t Buy Into Occupation.
Consulter le rapport (en anglais) : www.dontbuyintooccupation
Consulter le rapport pour la Belgique : https://www.cncd.be/IMG/pdf/2025-dbio-rapport_pour_le_belgique_sans_tableau.pdf
Consulter le rapport pour la Belgique, avec les tableaux de prêts et investissements : https://www.cncd.be/IMG/pdf/2025-dbio-rapport_pour_le_belgique_avec_tableau.pdf

Il est important de souligner que les montants précités ne sont pas tous utilisés par les entreprises pour participer à des violations du droit international contre les Palestinien·nes. Ces montants représentent l’entièreté de l’investissement de BNP Paribas dans ces entreprises, qui ont d’autres activités par ailleurs.

Cela dit, ces montants représentent pourtant des leviers d’action puissants que les banques devraient utiliser pour intimer à  leurs clients, ces entreprises à la  complicité active, de se mettre en conformité avec le droit international en cessant de participer à des crimes de guerre et à des crimes contre l’humanité.

Responsabilité des banques et des États

La Cour internationale de justice le rappelait dans son ordonnance de janvier 2024 sur la plausibilité du génocide et dans son avis de juillet 2024 sur l’illégalité de l’occupation : Les Etats tiers ont l’obligation de ne pas apporter de soutien aux crimes commis par Israël contre les Palestinien·nes. Amnesty International, dans ses nombreux rapports mais plus particulièrement dans celui daté de septembre dernier, appelait les États et les institutions financières à tout mettre en oeuvre pour faire pression et ne participer ni au génocide, ni à l’occupation, ni à la colonisation israéliennes. 

“Les banques ne sont pas des entreprises ordinaires : elles exercent une influence considérable car elles décident quelles entreprises reçoivent du financement. Elles gèrent également l’argent des citoyens belges, qui ignorent souvent à quoi il sert. Elles ont donc à la fois un pouvoir et une responsabilité. Ce principe est inscrit dans des normes internationales telles que les lignes directrices de l’OCDE pour les entreprises multinationales et les Principes directeurs de l’ONU sur les entreprises et les droits humains. Toutes les banques actives en Belgique ont signé ces lignes directrices : nous ne faisons donc que leur rappeler leurs propres engagements, y compris dans les territoires palestiniens occupés. La pression n’est efficace que si la menace est crédible. Le désinvestissement est un signal clair.”, Magali de Bioley, chargée de plaidoyer Moyen-Orient au CNCD-11.11.11. 

Le désinvestissement fonctionne !

Plusieurs banques belges avancent sur le chemin du désinvestissement !
Degroof Petercam et Triodos ont par exemple placé Caterpillar sur la liste d’exclusion de leurs investissements. De son côté, Argenta a décidé, à la suite du plaidoyer de la coalition Don’t Buy Into Occupation, dont le CNCD-11.11.11, FairFin et 11.11.11 sont membres en Belgique, de cesser d’investir dans Motorola, Volvo et Heidelberg Materials, trois entreprises impliquées dans la colonisation. 

“Ces décisions montrent qu’il est possible de respecter les droits humains dans la politique d’investissement, souligne le CNCD-11.11.11 Mais d’autres facteurs financiers doivent suivre : rien ne justifie de continuer à financer des activités illégales.”

Que faire ?

Votre banque peut utiliser, à votre insu, votre argent pour financer l’occupation, la colonisation,  l’apartheid et/ou le génocide des Palestinien·nes par Israël. 

  1. Première étape pour protester contre l’éventuelle utilisation criminelle de votre argent : vous renseigner. Pour savoir si votre banque investit dans des entreprises liées à ces crimes, rendez-vous sur FairFin et/ou Don’t Buy Into Occupation. Leurs bases de données de qualité vous permettent de découvrir quels investissements éventuellement problématiques chaque banque fait. 
  2. Si vous constatez que votre banque fait des investissements problématiques, vous pouvez leur écrire. Des lettres pré-établies sont disponibles sur le site de FairFin ou apartheidfreezone. Nous vous conseillons d’adapter ces lettres en fonction des investissements spécifiques, pour documenter votre argumentaire. Le rapport DBIO détaille une à une les entreprises et en quoi chacune est problématique.
  3. Enfin, vous pouvez changer de banque. Il est difficile de vous recommander une banque, mais comme vous le constaterez, certaines sont davantage complices que d’autres. Encore mieux : d’autres ne figurent pas dans ces classements de la honte!

Chaque citoyen·ne a le droit et l’obligation morale et politique d’agir, pour ne pas se rendre complice d’un génocide.

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