Un flop de la propagande israélienne et un nouvel essai de délégitimation de la cause palestinienne

L’opération de communication israélienne autour de la saisie d’un bateau iranien soit-disant remplis d’armes et de missile fait choux blanc.

Timing : 15 mars. Peu après le meurtre d’Itamar.

Objet : saisie d’un bateau, le Victoria, supposé transporter des armes en provenance d’Iran pour Gaza : au moins 50 tonnes d’armes et des missiles.

La preuve
: Rani Ben-Yehouda, vice-amiral et responsable de l’opération contre le Mavi Marmara, a présenté un manuel d’utilisation en persan pour les missiles trouvés dans le navire. (Pas malins, les Iraniens. Sans compter que les Gazaouis connaissent tous le farsi, ça va de soi. )

La mise en scène
: Toute la nuit, les soldats ont déchargé la cargaison et on a soigneusement préparé l’exposition. Netanyahou était attendu et les journalistes invités.

Le flop
: « Le Shabak a retenu une partie des journalistes étrangers pendant plus d’une heure avant de les laisser passer le contrôle de sécurité. Pas étonnant donc que nombre d’entre eux a décidé de quitter les lieux. »

Déclaration de Netanyahou
: « Tsahal et les combattants de la marine ont réussi à empêcher l’entrée d’armes dans la bande de Gaza destinées à être utilisée contre le peuple israélien…». Il a ajouté : « Cette tentative montre que des forces radicales continuent de vouloir attaquer Israël et sont déterminées à œuvrer pour la déstabilisation de la région. »
Message évident : Israël est menacé. L’Iran aide les Palestiniens de Gaza et veut déstabiliser le Moyen-Orient.

Lien avec Itamar et la propagande : Tzipi Livni, chef de l’opposition, membre de Kadima, a dit : « Il y a une campagne visant à délégitimer Israël. Les personnes responsables de transférer des armes dans la région sont également responsables de l’envoi de tueurs à Itamar. »

Message
: L’Iran n’aide pas seulement Gaza mais aussi les terroristes en Cisjordanie.
Décryptage :Pour redorer son image ternie, Israël focalise sur les ennemis d’Israël toujours prêts à le rayer de la carte.

On remarquera que, pour une fois, le Hamas n’est pas du tout cité. Pourquoi ? Amos Harel le dit clairement: « Le Premier ministre Netanyahu, qui fait face aux pressions américaines et européennes pour la prise d’une initiative diplomatique vis-à-vis des Palestiniens, souhaitait « vendre » la saisie des missiles comme une preuve de la politique meurtrière des Palestiniens. »

Marianne Blume

Source : Amos HAREL, Israel’s latest PR bid has failed, Haaretz, 17/03/2011

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