Poursuite du génocide à Gaza : impunité et complicité

 Communiqué de l’Association belgo-palestinienne

« Nous sommes convaincus que le respect du droit international, y compris des droits humains et du droit international humanitaire, est essentiel pour empêcher le monde de sombrer dans un chaos violent. »

Maxime Prévot, vice-premier ministre et ministre des Affaires étrangères, à la conférence sur le désarmement tenue à Genève, le 25 février 2025.

A 2h20 du matin, ce 18 mars, en plein milieu du cessez-le-feu, sans avertissement préalable, Israël a bombardé la bande de Gaza du nord au sud avec une violence inouïe. A l’heure qu’il est, plus de 436 Palestien·ne·s ont été tué-e-s et des centaines blessé-e-s. En majorité des civils.

L’accord de cessez-le-feu négocié entre le Hamas et Israël par le Qatar, l’Egypte et les Etats-Unis était clair : trois phases qui devaient mener à la libération des prisonniers israéliens et de prisonniers palestiniens, la cessation permanente des hostilités et la reconstruction de Gaza. La première phase comportait notamment l’entrée de l’aide humanitaire, la réhabilitation des hôpitaux, centres de santé et autres, et l’entrée d’équipements de première nécessité dont des préfabriqués et des bulldozers. Or Israël a dès le départ manqué à ses obligations, refusant notamment l’entrée des équipements lourds et des préfabriqués. Des brèches dès le départ dans l’accord. Suivie de zéro sanction.

En mars, les parties devaient entamer la deuxième phase. Or, Israël, unilatéralement, impose de nouvelles conditions : il exige une extension de la première phase du cessez-le-feu jusqu’à la mi-avril, il réclame la « démilitarisation totale » du territoire, le départ du Hamas de la bande de Gaza et le retour des derniers otages, pourtant prévu dans la deuxième phase. Une nouvelle brèche dans l’accord. Suivie de zéro sanction.

Dans la poursuite de son mépris pour l’accord conclu, début mars, Israël coupe l’approvisionnement en électricité de la principale station de dessalement en fonctionnement à Gaza, une semaine après instauré un blocus complet à l’entrée de l’aide humanitaire et de marchandises, notamment de denrées alimentaires et de carburant. Une violation évidente du droit international humanitaire qui « atteste du génocide perpétré par Israël contre les Palestinien·ne·s dans la bande de Gaza occupée. », selon Erika Guevara Rosas, directrice de recherches d’Amnesty International. Et de poursuivre : « Ces actes inhumains et illégaux indiquent clairement qu’Israël poursuit sa politique consistant à imposer délibérément aux Palestinien·ne·s à Gaza des conditions d’existence conçues pour entraîner leur destruction physique – ce qu’interdit la Convention sur le génocide. » Plus qu’une brèche dans un accord, un crime. Sanctions ? Zéro.

Tant que les crimes d’Israël resteront impunis, rien ne changera. Bien sûr, les Etats-Unis soutiennent Israël et ont donné leur feu vert aux bombardements. Bien sûr, Donald Trump ne voit rien à redire à un nettoyage ethnique de la bande de Gaza. Mais que fait l’Europe ? Que fait la Belgique ? La Ligue arabe a présenté un plan pour la reconstruction de Gaza. Les États arabes et l’Union européenne l’ont salué et le Hamas est prêt à le prendre en considération en dépit du fait que ce plan prévoit sa complète mise à l’écart de la gestion politique de la bande de Gaza. Israël et les Etats-Unis l’ont refusé catégoriquement.

Si la Belgique ne réagit pas autrement qu’en paroles et ne sanctionne pas, si l’Union Européenne ne prend pas ses distances par rapport aux Etats-Unis et ne sanctionne pas, sa complicité est évidente. Dire que l’on défend le droit international et humanitaire et ne pas prendre ses responsabilités, voire répondre à ses obligations, inscrites dans les diverses conventions signées, c’est soutenir objectivement la politique israélienne.

L’Association belgo-palestinienne appelle d’urgence le gouvernement belge :

– à rappeler notre Ambassadeur de Tel Aviv et à renvoyer l’Ambassadeur d’Israël en Belgique;
– à geler à tous les niveaux les accords où les liens de coopération et de commerce avec Israël tant qu’il viole le droit international et poursuit le génocide contre la population de Gaza ;
– à jouer un rôle déterminant au niveau de l’Union européenne pour qu’Israël respecte l’article 2 de l’Accord d’Association portant sur le respect des droits humains et que des sanctions soient prises d’urgence vu les violations graves du droit humanitaire par Israël.

Un rassemblement aura lieu ce jeudi 20 mars à 13h devant le ministère belge des Affaires étrangères, rue des Petits Carmes 15 pour réclamer la fin du génocide à Gaza et des sanctions belges contre Israël. Lien vers l’événment Facebook : https://www.facebook.com/events/2046796765833253

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