L’indispensable action des citoyens

Bulletin 51, mars 2012

Edito

Passer quelques heures de contacts avec les hauts fonctionnaires du Conseil ou de la Commission européenne, ou avec les parlementaires européens en dit long sur l’aptitude réelle de l’Union à jouer un rôle quelconque pour empêcher Israël de poursuivre la colonisation et l’occupation de la Palestine.

Au Parlement, hormis deux groupes politiques – la G.U.E. et les Verts – tous les autres partis sont divisés sur la question palestinienne.

Certes, cela permet parfois l’adoption des résolutions conformes à la légalité internationale et aux droits des Palestiniens, notamment de geler encore aujourd’hui, après la guerre « cast lead » contre Gaza, l’ « upgrading » de l’accord d’association avec Israël. Il est toutefois frappant de constater combien de parlementaires, pourtant proches du dossier par leur appartenance à telle ou telle commission, sont ignorants ou mal informés des contenus des dossiers traités, notamment en ce qui concerne l’ACAA, un accord sur l’évaluation de la conformité et l’acceptation des produits industriels, qui importe particulièrement à Israël en ce qu’il faciliterait l’exportation de ses produits pharmaceutiques sur les marchés européens.

Il y a aussi les cyniques, tel ce président de la Commission des Relations extérieures qui, pour vous clarifier ses positions d’entrée de jeu vous annonce que juste avant vous, c’était l’ambassadeur d’Israël qui occupait votre siège. Il a conclu l’entretien en déclarant qu’ « en tant qu’allemand, jamais je n’accepterai de sanction à l’égard d’Israël ». Je croyais pourtant être à l’Europe !

Dans les couloirs du Conseil, c’est un ambassadeur qui nous confiait : « avec Israël nous pratiquons la politique du bâton et de la carotte… Sauf que lorsqu’Israël rejette nos timides recommandations, on ajoute une carotte ! »

La Commission, quant à elle,  vous aborde avec commisération. « Nous vous comprenons mais voilà, au-dessus, il y a Mme Ashton qui s’arrange toujours pour être en retard dans ses prises de position ». Ou encore, « parmi les 27 pays européens, il y en a 9 qui soutiennent des positions conformes aux droits des Palestiniens, 9 qui s’abstiennent et 9 qui sont pro-israéliens. Alors, nous, le mieux que nous puissions faire est de traîner les pieds face aux requêtes toujours plus pressantes des Israéliens. »

Est-ce à dire que le travail de pression sur les institutions européennes est inutile ? Je ne le pense pas. Car, fort heureusement, il y a des parlementaires engagés qui se battent pour une Europe de plus de cohérence entre valeurs proclamées et engagements politiques. Cette même Europe fut capable, suite à l’action citoyenne de soutien à la lutte du peuple sud-africain, d’adopter des sanctions contre l’Apartheid. Aujourd’hui, l’action B.D.S. renforcée et la résistance palestinienne peuvent constituer une étape significative dans le rapport de force citoyen à établir avec nos gouvernements et les institutions européennes.

Pierre Galand

Président

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