Le processus d’Oslo : quelques repères

Bulletin 58, novembre 2013

Sur fond de reprise des négociations entre Israéliens et Palestiniens en juillet 2013, les Palestiniens « célébraient », le 13 septembre 2013, les 20 ans de la signature des Accords d’Oslo et de ce qui allait devenir  par la suite le « Processus d’Oslo ». L’occasion de revenir sur les grandes lignes et principaux enjeux d’un processus de paix d’abord encensé puis tant décrié.

Alors qu’en 1991, le monde entier avait les yeux tournés vers Madrid où se déroulait la Conférence de paix sur le Moyen-Orient, qui réunissait l’ensemble des Etats de la région, pendant ce temps, Israéliens et Palestiniens menaient en secret des pourparlers qui allaient déboucher sur la signature, sur le perron de la Maison Blanche en septembre 1993, d’accords dits d’Oslo – Déclaration de principes sur des arrangements intérimaires- (ci-après DP). Saluée par l’ensemble de la communauté internationale, la signature de ces accords avait été précédée d’un échange de lettres dans lequel Israël reconnaissait l’OLP comme le représentant légitime du peuple palestinien et l’OLP reconnaissait officiellement l’existence de l’Etat d’Israël.

L’accord prévoyait la mise en place d’un « redéploiement » négocié et graduel de l’armée israélienne des Territoires autonomes palestiniens et un régime d’autonomie intérimaire ne devant pas dépasser cinq ans. Une Autorité palestinienne (ci-après AP), véritable gouvernement avec des prérogatives semi-étatiques, chargée de mettre en œuvre ces accords et de poursuivre leur négociation, allait voir le jour.

Parallèlement aux différents « redéploiements », la DP stipulait que les deux parties ouvriraient des négociations sur les dossiers épineux (réfugiés, colonies, Jérusalem, frontières, …) avec pour point d’orgue la conclusion d’un « statut final » pour le 4 mai 1999 au plus tard. La mise en œuvre de ces accords débute en mai 1994 (Accords du Caire) par l’évacuation de Gaza et Jéricho. L’accord de Taba signé en septembre 1995 étend l’autonomie à l’ensemble de la Cisjordanie et prévoit l’élection d’un Parlement palestinien. Il est à noter que la DP ne fait pas mention d’un Etat palestinien en tant que tel.

Conformément aux termes de l’accord de Taba, les premières élections palestiniennes avec l’élection d’un Parlement et d’un Président de l’AP auront lieu en 1996. Le processus d’Oslo sera ponctué par différents cycles de négociations débouchant chacun sur la signature d’un accord élargissant les zones autonomes (Accords de Wye River en 1998, Accords de Charm El Cheikh en 1999, …).

Dès février 1994, avec le massacre d’Hébron qui a vu un colon extrémiste tuer 29 Palestiniens en prière au Caveau des Patriarches, les premières brèches dans le processus de paix se font sentir. L’assassinat de Rabin en 1995 lui portera, quant à lui, un coup fatal. Devant l’absence de résultats concrets, la poursuite de la colonisation des territoires palestiniens  et les nombreux retards dans le redéploiement sur le calendrier prévu, la tension monte dans les territoires palestiniens avec pour seule réponse la répression violente de l’armée israélienne. Conscient de la gravité de la situation, le Président Clinton convoque un sommet de la « dernière chance » à Camp David en juillet 2000. Affaiblis, les Palestiniens n’en voulaient pas. Selon eux, ce sommet était insuffisamment préparé alors que l’on devait y aborder les questions les plus complexes. Il se terminera d’ailleurs le 25 juillet sur un échec cuisant dont les administrations israélienne et américaine rendront Yasser Arafat, le Président de l’AP, entièrement responsable. Une ultime tentative de sauver un processus de paix en totale décomposition est lancée par Clinton 2001 au sommet de Taba. Un accord de paix est à portée de main et de l’avis même des équipes présentes à ce sommet, jamais Israéliens et Palestiniens n’ont été si proches d’un accord de paix. Malheureusement, l’arrivée au pouvoir d’Ariel Sharon en 2001en Israël et de Georges Bush aux Etats-Unis, l’éclatement de la Deuxième Intifada et le déclenchement de l’Opération « Rempart » en 2002 avec la destruction systématique de tous les symboles de l’AP mettront définitivement à mal un processus déjà moribond, voire à l’agonie.

En 2003,  on assiste à une nouvelle relance du processus de paix avec la « Feuille de route ». Gérée collectivement par le Quartet (Union européenne, Russie, Etats-Unis et Nations Unies), le document prévoit l’établissement en trois étapes  d’un « Etat palestinien indépendant, démocratique et viable » avant fin 2005. Aucune des étapes n’a été réalisée, alors même que la « Feuille de route » a été dûment approuvée par le Conseil de sécurité des Nations Unies.

Enfin, en 2007, à l’invitation des Etats-Unis, Israéliens et Palestiniens se rencontrent à Annapolis dans le Maryland en compagnie de représentants de seize Etats arabes avec pour seul résultat la lecture par G. Bush d’une déclaration prévoyant un Etat palestinien pour la fin 2008 au plus tard.

Cinq ans plus tard, même s’il n’est pas déclaré officiellement mort avec la reprise en juillet dernier des pourparlers de paix entre Israéliens et Palestiniens, il ne fait aucun doute que le processus connaît un état de  mort clinique qui cache mal sa mort véritable.

Hocine Ouazraf

 

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