La vallée des fleurs

Christophe Oberlin, Photographies de Samer Mohdad et Joss Dray, Editions Erick Bonnier, 2013.

 

Christophe Oberlin est professeur à l’université de Paris VII; il connaît bien Gaza où il s’est rendu en tant que chirurgien, membre de missions humanitaires, plus d’une trentaine de fois depuis 2001.

Marj El Zouhour est le nom d’un hameau isolé situé au Sud Liban, en territoire israélien déclaré « zone de sécurité ». Nommé ainsi ironiquement (Marj El Zouhour signifie la vallée des fleurs), c’est en fait un lieu aussi désertique qu’inhospitalier et infesté de scorpions ; il doit sa notoriété au fait d’avoir accueilli les 417 Palestiniens, membres ou supposés tels du Hamas et du Jihad islamique, capturés dans la bande de Gaza et en Cisjordanie par l’armée israélienne et déportés, sur ordre d’Yitzhak Rabin, en 1992. Cette expulsion avait été dénoncée par les médias et condamnée par l’ONU, l’Europe et les USA.

Bien que Rabin ait clamé en son temps avoir expulsé là de dangereux terroristes, la sociologie réelle du groupe est fort différente : celui-ci compte en effet nombre d’intellectuels (médecins, instituteurs, professeurs, étudiants, politiques, imams, députés, ministres), essentiellement pacifistes. Ce lieu d’exil, où Rabin espérait qu’ils y disparaîtraient à jamais, est devenu paradoxalement, grâce à la volonté et à la détermination de ces hommes, un véritable séminaire de formation politique pour une génération de militants qui s’y réfèrent encore aujourd’hui. Des anciens de Marj El Zouhour occupent toujours la scène politique. Plusieurs d’entre eux ont fait l’objet de tentatives d’assassinats ciblés. Ce livre recueille le récit de leur exil qui a duré une année.

L’auteur continue de rechercher les vraies raisons de ce coup de force israélien.

 

C.S.

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