Balcony over Jerusalem, A Middle East Memoir

Ce livre, en anglais, est surprenant par le choix des sujets abordés et le récit qui en est fait: on y trouve, par exemple, une analyse détaillée du système des 101 permis (voir p. 151) mis en place par Israël pour règlementer tout déplacement des Palestiniens, étouffer leur résistance à l’occupation et au vol de leurs terres.

L’auteur décrit les attaques qu’il a endurées de la part de la branche australienne du lobby israélien et donne l’occasion à d’autres journalistes professionnels de raconter leurs propres expériences : les reporters qui couvrent Israël et la Palestine sont la cible des lobbyistes qui censurent leurs reportages  pour améliorer l’image d’Israël et noircir celle des Palestiniens. Avant son départ pour Jérusalem, Lyons avait été « chouchouté » par les lobbies (invité à un « voyage d’étude » en Israël et à de nombreux repas arrosés). Mais, comme le note l’auteur : « la lune de miel n’a pas duré».

Du balcon de l’appartement où il habitait avec sa famille, surplombant Jérusalem-Est, Lyons a une vue imprenable sur la vieille ville et sur la vie des habitants dont il rend compte dans plusieurs anecdotes, avec humour et empathie. Par exemple, il parle de sa visite à un voisin palestinien dont la maison vient d’être démolie par l’armée israélienne : il trouve le propriétaire en train de laver les seules marches qui restent mais ne mènent plus nulle part. Lyons raconte aussi la mésaventure de l’agent de voyage, Nasser Jaber, qui, ayant provisoirement quitté sa maison pour y faire des travaux de rénovation,  voit, à son retour, que des colons ont investi la maison, en ont changé les serrures et lui disputent le droit de propriété. Pour avoir raconté cette éviction, en ayant donné des noms, Lyons s’est attiré les foudres des lobbies australien et israélien.

Lyons fait état d’une conversation étonnante avec Jodi Rudoren qui, à l’époque, dirigeait le bureau du NYT à Jérusalem. Elle dit : « Le traitement réservé par Israël aux Palestiniens ressemble fort à de l’apartheid – pas seulement dans les territoires occupés, mais aussi en Israël. » Lyons fait remarquer qu’elle n’en a jamais écrit un mot dans le NYT.

C’est l’un des meilleurs livres d’actualité politique que j’aie lu sur la question d’Israël – Palestine. Je le recommande vivement. C.Sch.

Balcony over Jerusalem, A Middle East Memoir by John Lyons with Sylvie Le Clezio, HarperCollins Publishers Australia, 2017 ; 374 pages de texte en anglais + 8 pages de photos.

John Lyons est un journaliste australien renommé. Avec sa femme, la photographe et cinéaste Sylvie Le Clezio et leur fils Jack, il a passé 6 ans, de 2009 à 2015, à Jérusalem comme correspondant au Moyen-Orient du journal The Australian.

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