EDITO: LE DROIT MALGRÉ TOUT

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Le 18 novembre 2019, l’administration étatsunienne annonçait ne plus juger illégales les colonies israéliennes en territoire palestinien occupé. Cette décision s’ajoute à la longue liste des cadeaux faits par Donald Trump à son homologue israélien Benjamin Netanyahou,
qui constituent autant de coups de poignard dans le dos des Palestiniens. Avec en filigrane, toujours, le même fondement : effacer le droit au profit de la loi du plus fort.

Au lendemain de la Seconde Guerre mondiale, les tentatives de civiliser les relations entre États ont accouché du droit international qui, sans les supprimer pour autant, a permis de canaliser les rapports de pouvoirs et de prédation. À ce titre, il est devenu le dernier recours dont peuvent se prévaloir les faibles face à l’arbitraire des puissants.

Ainsi, les Palestiniens, dans leur lutte inégale, mais ô combien légitime pour le droit et la dignité, ont-ils toujours pu s’appuyer sur un imposant corpus législatif, notamment constitué des résolutions de l’ONU.

Les violations massives de celles-ci par Israël et les USA ne doivent pas faire oublier l’importance de «dire» le droit, en ce qu’il permet de consacrer une certaine idée du juste.

C’est ce qu’a rappelé la Cour européenne de Justice de l’UE dans un arrêt rendu le 12 novembre sur l’étiquetage des produits des colonies. L’argument de fond de ce jugement qui interdit que ces marchandises portent la mention « made in Israël » repose en effet sur le fait que la colonisation représente une « violation des règles essentielles du droit international ».

C’est également au nom de l’obligation faite aux États de faire respecter le droit international humanitaire que l’Association belgo-palestinienne a exigé – et obtenu ! – l’annulation de la mission économique, organisée par les Régions bruxelloise et wallonne, prévue en Israël du 8 au 11 décembre 2019.

Si ces décisions ne peuvent que nous réjouir, la route est encore longue pour que l’impératif de justice pour les Palestiniens triomphe sur les basses considérations géostratégiques et mercantiles. Gageons que les mobilisations de la société civile, telles que la campagne #ThisIsApartheid que nous avons lancée à l’occasion de la Journée internationale de solidarité avec le peuple palestinien, permettront à l’avenir de remporter d’autres victoires déterminantes du droit sur la barbarie.

par Pierre Galand, Président

 

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