Tribunal Russell sur la Palestine – Cape Town – Communiqué de presse 6 novembre 2011

Ce dimanche 6 novembre 2011, le Tribunal Russell sur la Palestine a poursuivi  ses travaux sur le thème  « Les pratiques d’Israël envers le Peuple palestinien violent-elles l’interdiction internationale de l’apartheid ? ».

De nombreux témoignages ont porté  sur les violations des droits humains par l’Etat d’Israël à l’encontre des Palestiniens dans les territoires occupés et en Israël même. Ils ont détaillé différentes mesures discriminatoires telles que: démolitions de maisons, punitions corporelles, détérioration des services de santé et d’éducation notamment pour les enfants, interdiction d’aller et de venir dans les territoires palestiniens. Même les libertés religieuses sont restreintes , des milliers de Musulmans et de Chrétiens sont interdits d’accès aux services religieux et aux lieux saints. Un témoin a estimé que pas moins de 30 pour cent de ces violations sont des pratiques d’apartheid. Avec pour conséquences d’empêcher le peuple palestinien de fonctionner en tant que groupe social.

Stéphane Hessel et Mairead Maguire lors de la session du Tribunal Russell sur la Palestine à Cape Town, 5 novembre 2011
Stéphane Hessel et Mairead Maguire lors de la session du Tribunal Russell sur la Palestine à Cape Town, 5 novembre 2011

D’autres intervenants ont présenté l’arsenal  législatif israélien sans cesse modifié en vue de restreindre davantage les droits des Palestiniens. Des lois militaires s’appliquent aux Palestiniens des territoires, tandis que des lois civiles régissent la vie des colons. D’autres témoins ont souligné les différents statuts juridiques selon l’endroit où ils résident. A titre d’exemple,  les Palestiniens de Jérusalem doivent prouver leur qualité de résident, faute de quoi leur statut est révoqué. D’autres lois visent la population israélienne.  Elles obligent les  associations qui défendent les droits des Palestiniens à déclarer l’origine de leurs fonds et leur interdisent de soutenir les campagnes de boycott.

D’autre part, une politique systématique d’exploitation des ressources du peuple palestinien (travail, agriculture, environnement, eau,…) résulte d’un plan coordonné dès 1967, a soutenu un témoin. La viablité des villages est aussi rendue impossible par  l’absence d’accès à l’eau, aux routes, …, avec pour conséquence un exode volontaire des populations épuisées par ces conditions. Une politique de même nature est appliquée en territoire israélien dans les villages palestiniens, en particulier les villages bédouins du Neguev.

Le caractère juif de l’Etat d’Israël est utilisé par les autorités israéliennes pour justifier les différentes violations aux droits humains,  y compris le déplacement de populations, qualifié de nettoyage ethnique par un témoin. La destruction massive de maisons de Palestiniens, le transfert de populations et la construction du Mur participent de cette politique de nettoyage ethnique avec pour but ultime la judaïsation d’un maximum de terres de la Palestine historique. Selon ce témoin, il s’agit d’une politique d’apartheid, une notion utilisée officiellement en Israël (hafrada) et qui signifie “acte de séparer”. Le Mur étant lui-même qualifié de “barrière de séparation”.

Des juristes, en s’appuyant sur la jurisprudence des juridictions internationales, ont rappelé les notions qui permettent de qualifier si des pratiques s’apparentent au crime d’apartheid. Outre les crimes contre l’humanité et crimes de guerre déjà dénoncés, notamment par la Cour Internationale de Justice, la notion de persécution d’un peuple a été précisément définie.

Enfin, cette journée s’est conclue par l’intervention d’un juriste qui énoncé les différents moyens d’action possibles au niveau juridique national et international en vue de mettre fin aux violations des droits fondamentaux des Palestiniens présentées lors de cette session. Il a rappelé avec insistance le rôle essentiel de la société civile pour amener les gouvernements à se conformer à leurs obligations internationales. Notamment par le biais de la campagne BDS (boycott, désinvestissement, sanctions) comme moyen alternatif de faire respecter le droit international.

Cette troisième session du TRP a été marquée par deux incidents: la menace de retrait de la citoyenneté israélienne à une parlementaire arabe de la Knesset citée comme témoin au TRP et le piratage du site web du Tribunal Russell sur la Palestine.

Lundi 7 novembre, les conclusions du jury seront annoncées lors d’une conférence de presse à Cape Town.

Pour d’autres informations sur le Tribunal Russell sur la Palestine :

https://www.facebook.com/russelltribunal

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