Projet de nettoyage ethnique de Gaza : la Belgique doit convoquer l’ambassadeur des États-Unis

Consternant, effroyable… Les mots manquent pour qualifier le plan de Donald Trump pour la bande de Gaza exposé ce 4 février 2025. S’exprimant depuis Washington aux côtés du Premier ministre israélien Benyamin Netanyahou, le président étatsunien a réitéré son appel en faveur d’une relocalisation des Palestiniens hors de l’enclave en ruine, en précisant cette fois qu’il concernerait toute la population et qu’il serait permanent. Vantant le potentiel économique du territoire côtier palestinien, il a également indiqué que les États-Unis allaient en « prendre possession » afin d’en piloter la reconstruction, ce en vue de le transformer en « Côte d’Azur du Moyen-Orient ».

Le fait qu’un projet de nettoyage ethnique de masse assorti d’une agression militaire soit formulé aussi ouvertement en dit long sur l’estompement des normes du droit international. Après que son prédécesseur Joe Biden ait apporté un appui honteux, mais sans faille à Israël dans la poursuite de son génocide à Gaza, Trump assume quant à lui de façon décomplexée son soutien à la perpétration d’un autre crime contre l’humanité.

Vider Gaza n’est pas seulement un rêve de fanatiques qui aspirent à recoloniser le territoire, mais également un projet qu’assume ouvertement l’establishment politique israélien depuis le 7 octobre 2023.

Ce plan, au-delà du cynisme consistant à aborder une tragédie humaine sous le prisme des opportunités immobilières, rappelle à quel point le nouveau locataire de la Maison-Blanche est aligné sur l’agenda colonial israélien le plus extrémiste. En effet, vider Gaza  n’est pas seulement un rêve de fanatiques qui aspirent à recoloniser le territoire, mais également un projet qu’assume ouvertement l’establishment politique israélien depuis le 7 octobre 2023. De nombreuses déclarations officielles en attestent. Dès le 13 octobre 2023, un plan visant à chasser les Palestiniens de Gaza vers l’Égypte avait même été conçu par les renseignements israéliens, comme l’avait alors révélé le média en ligne Mekomit. Toujours en 2023, des projets circulaient déjà au Congrès des États-Unis pour répartir les Gazaouis dans les pays limitrophes.

Le projet israélo-étatsunien évoque également le « plan décisif » émis dès 2017 par le chef de file des colons messianiques, Bezalel Smotrich, aujourd’hui ministre de la Sécurité nationale. Il consiste à expulser tous les Palestiniens qui refuseraient de se soumettre au régime d’apartheid et à massacrer ceux qui résisteraient. Au regard de l’offensive sanglante en cours en Cisjordanie, où l’armée d’occupation se livre à des tueries, des expulsions et des démolitions de masse inédites depuis sa conquête du territoire en 1967, le danger d’un autre nettoyage ethnique d’ampleur n’y est pas non plus à négliger.

Bien plus qu’une « outrance » de plus de la part de Trump, comme s’est contenté de la qualifier le nouveau chef de la diplomatie belge Maxime Prévot, cette proposition risque donc bien d’être mise en œuvre, et doit par conséquent être prise au sérieux. Ce jeudi 6 février, le ministre de la défense israélien a d’ailleurs ordonné à l’armée de préparer le « départ volontaire » des habitants de la bande de Gaza.

La Belgique doit aller plus loin que sa timide condamnation de ce projet criminel : elle doit convoquer l’ambassadeur des États-Unis à Bruxelles pour le dénoncer dans les termes les plus fermes, et contribuer à coordonner une réponse européenne à la hauteur de sa gravité. « L’absence de réaction forte face à ces velléités de nettoyage ethnique revient à cautionner la disparition du droit international, auquel l’accord de coalition du gouvernement Arizona souligne pourtant son attachement. » Déclare Pierre Galand, président de l’ABP. « Il appartient aux Palestiniens et à eux seuls de décider de l’avenir de la bande de Gaza. La paix dans la région n’adviendra pas en les effaçant de la carte, mais en leur permettant d’exercer leur droit à l’autodétermination sur leurs terres ».

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