Pas de place en résidence universitaire pour les Palestiniens

Des dizaines d’étudiants arabes à l’Université de Tel Aviv se sont vu refuser des chambre dans les dortoirs pour l’année universitaire à venir, en raison de la préférence accordée aux étudiants avec les dossiers militaires,  selon ce qu’aurait déclaré à des étudiants un secrétaire dans le bureau du doyen.

Il y a moins de lits attribués pour les citoyens israéliens cette année parce que plus d’étudiants étrangers, principalement des États-Unis,  ce sont inscrits pour les cours, selon la déclaration des étudiants.

Taymur Mansur devant une résidence universitaire à Tel Aviv mercredi. (@Tali Mayer)
Taymur Mansur devant une résidence universitaire à Tel Aviv mercredi. (@Tali Mayer)

Les dortoirs sont normalement divisées à peu près également entre les étudiants juifs et arabes, chaque groupe comporte environ 40 % des lits, et 20 % vont aux étudiants étrangers. Mais en raison de l’afflux d’étudiants étrangers, l’université a changé le système de points qu’elle utilise pour attribuer des dortoirs aux étudiants et maintenant elle accorde davantage de poids aux états de service militaire.

« Nous avons parlé au bureau du doyen et l’un des secrétaires a clairement pointé l’armée ou le service civil sur le formulaire des dortoirs, en nous disant que ces clauses augmentaient considérablement le nombre de points », a déclaré Mohammed Awad, président de la section sur le campus du parti Balad.

Des centaines d’étudiants palestiniens vivent dans le nord du pays, ce qui rend difficile pour eux de faire la navette entre le domicile et l’université.

L’Université de Tel Aviv n’a pas voulu commenter la modification du système d’allocation des dortoirs. Elle a déclaré que 600 lits vont à des étudiants israéliens, 300 à des étudiants étrangers et 50 à de nouveaux immigrants. L’université a confirmé qu’il y a moins de places disponibles dans les dortoirs de cette année, mais a dit que c’était à cause de travaux de réparation importants.

Le président du parti Balad, le député Jamal Zahalka, a demandé à Yoav Ariel, le doyen des étudiants, de réexaminer les critères d’inscription. Zahalka a déclaré que les critères sont injustes parce que les étudiants arabes sont légalement exemptées de service militaire et national.

Taymur Mansur, un étudiant druze qui est sur le point de commencer sa deuxième année d’études pour un diplôme en travail social, a déclaré avoir obtenu une chambre en dortoir l’an dernier, mais que l’université a rejeté sa demande de résidence pour l’année à venir. Mansur n’a pas servi dans l’armée pour des raisons religieuses et est convaincu que c’est ce qui empêche l’université de lui fournir un logement.

Certains étudiants dont les demandes ont été rejetées ont fait appel de la décision et attendent une réponse dans les prochaines semaines, tandis que d’autres ont commencé à chercher un appartement en dehors du campus pour le partager avec un colocataire. Mais tous les étudiants ne peuvent pas se permettre les coûts supplémentaires d’un loyer et ont déclaré que leur incapacité à obtenir une chambre d’étudiant signifie leur abandon de l’université. Ce n’est pas la première fois la question a attiré l’attention dans le pays.

En 2006, la Cour de district de Haïfa avait ordonné à l’Université de Haïfa de retirer la mention du service militaire ou national de son formulaire de demande de résidence, invoquant la discrimination contre les étudiants arabes. L’université a interjeté appel devant la Cour suprême, mais avant qu’elle ne puisse statuer sur le cas, la Knesset avait adopté un amendement à une loi prévoyant des avantages financiers pour les anciens combattants, prévoyant expressément des prestations aux anciens combattants bénéficiant de logements universitaires.

d’après l’article de Jack Khoury, Ha’aretz

traduction : Julien Masri

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