News BDS – décembre 2025

La fiction du cessez-le-feu a permis à Israël de poursuivre à bas bruit son génocide tout en désarmant la critique internationale. Pour autant, les citoyens à travers le monde ne sont pas dupes et continuent à se mobiliser en soutenant la campagne BDS jusqu’à ce que justice soit rendue au peuple palestinien.

Par Florian Gillard

Le boycott académique ne faiblit pas

Depuis deux ans, étudiants, chercheurs et professeurs d’universités accentuent la lutte pour un boycott académique d’Israël.

En Irlande, le National College of Art and Design, la plus prestigieuse institution d’éducation artistique du pays, a confirmé ne pas avoir d’investissements en Israël et a mis fin à son projet Erasmus avec les universités israéliennes, tout en s’engageant à une vigilance accrue sur le respect des droits humains dans ses partenariats actuels et futurs.

En Italie, les universités de Bologne, de Milan, de Venise et de Messine se sont prononcées pour mettre fin à toute collaboration avec des institutions et entreprises israéliennes jusqu’à ce qu’Israël se conforme au droit international et respecte les droits fondamentaux des Palestiniens. L’université de Bologne s’est même engagée à aider à reconstituer le secteur éducatif palestinien.

L’enseignement secondaire se met aussi à boycotter Israël, avec notamment des écoles en Colombie et en Irlande qui rejoignent la campagne Apartheid Free Zone.

Pneu crevé pour Israël

Cet été, la course cycliste La Vuelta a fait beaucoup parler d’elle en raison d’innombrables mobilisations de la part de supporters, de citoyens et de sportifs dénonçant la participation d’une équipe israélienne, Israel Premier Tech (ex-Israel Start Up Nation).

En octobre, l’équipe a décidé d’arrêter d’arborer le drapeau israélien et a retiré “Israel” de son nom. Un des principaux promoteurs de l’équipe, le milliardaire sioniste Sylvan Adams, a également essuyé un camouflet dans la gestion de son équipe. En novembre, le principal sponsor, Premier Tech (entreprise canadienne), lui a fait faux-bond.

Plus récemment, le gouvernement régional des Îles Canaries a annoncé qu’il refusait d’accueillir les étapes finales de La Vuelta 2026 tant que Sylvan Adams ne se retirait pas totalement et tant que l’équipe, rebaptisée NSN Cycling Team, ne rompait pas ses relations avec le reste de ses sponsors impliqués dans le génocide des Palestiniens, à savoir les universités de Tel-Aviv et Ben-Gourion.

Affaire à suivre donc, mais il semblerait que la partie soit très mal engagée pour le sportwashing à l’israélienne.

Malaisie : un exemple contre la normalisation

Le People’s Justice Party (PKR), parti de centre-gauche malais dont le président est également Premier ministre du pays depuis 2022, a récemment adhéré à la campagne BDS. Le PKR a déclaré projeter de former un comité dédié à la mise en œuvre, à l’échelle nationale, des mesures concrètes en accord avec les recommandations du BDS, seul ou en coopération avec d’autres pays.

Ce n’est pas la première fois que la Malaisie fait parler d’elle dans le contexte du génocide perpétré par Israël : elle a déjà interdit l’accès de ses ports aux bateaux israéliens ou se dirigeant vers Israël et est notamment cofondatrice du Groupe de La Haye, un ensemble d’États dont l’ambition est de coordonner les efforts légaux et diplomatiques afin de défendre le droit des Palestiniens à l’autodétermination. Le peuple malais, via les groupes BDS locaux, a également infligé de grosses pertes financières à certaines entreprises complices du génocide, comme McDonald’s.

Ces décisions s’inscrivent dans un contexte historique particulier, la Malaisie ayant été un des premiers États au monde à qualifier Israël d’État d’apartheid et ayant toujours refusé toute forme de normalisation, en contraste avec nombre de pays arabes ou du Sud global qui capitulent peu à peu sous la pression états-unienne et établissent de bonnes relations avec l’État génocidaire.

Changement de paradigme aux États-Unis ?

Ce n’est un secret pour personne : les États-Unis sont le principal soutien d’Israël, à la fois économiquement, politiquement et militairement. Démocrates ou Républicains, une grande majorité de l’establishment politique du pays soutient Israël et son génocide, sous l’influence notamment de lobbies sionistes comme l’AIPAC.

Pourtant, au cœur même de l’impérialisme capitaliste, l’image d’Israël s’effrite. En atteste notamment la victoire de Zohran Mamdani à la mairie de New York, après une campagne axée sur le pouvoir d’achat et la gratuité des services publics. Attaqué de toutes parts pour ses positions en faveur de la justice pour les Palestiniens et de son soutien à BDS, alors que ce sujet n’était même pas au cœur de sa campagne, le socialiste est resté ferme dans ses convictions et a gagné les élections non pas en dépit de ses positions pro-palestiniennes, mais en partie grâce à elles.

Si cette évolution est plus manifeste dans l’électorat démocrate, désormais massivement hostile à la politique israélienne, le soutien à celle-ci s’affaisse également chez les républicains, en particulier parmi la jeunesse.

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