Le joyeux design israélien s’expose à Bruxelles

Le jeudi (8 septembre), une exposition présentant les concepteurs israéliens sera ouverte à Bruxelles. Les « matériaux joyeux », des chaises et des vases funky, essayeront de présenter une image câline d’Israël, dissimulant la manière dont l’Etat impose l’apartheid et applique l’expansion coloniale.

Un catalogue de PromiseDesign, comme est appelée l’exposition itinérante, insiste sur ce point. « Heureusement, la conception israélienne ne reflète pas les aspects du drame politique en Israël et au Moyen-Orient », écrit l’historien Mel Bryars dans sa préface. « La conception domestique quotidienne, tels que les produits pour la vie de tout les jours, reste assez allègre. Contrairement aux beaux-arts macabres israéliens, vous ne trouverez pas des impacts de balle dans les chaises, du sang dégoulinant de draperies ou un vocabulaire cynique. »

Faisant partie d’un plus grand festival international de design, l’exposition de Bruxelles est parrainée par l’ambassade d’Israël en Belgique. PromiseDesign a déjà visité Milan et Paris et s’inscrit clairement dans le concept de « BrandIsraël ». Ce projet est le résultat de plusieurs années de discussions entre le ministère israélien des Affaires étrangères et des cabinets de relations publiques (y compris le géant mondial Burson-Marsteller) pour améliorer l’image d’Israël à l’étranger.

« BrandIsraël » a tenu son ouverture internationale majeure à Toronto en 2008. Le moment culminant fut une section consacrée au cinéma israélien au Festival du film de Toronto l’année suivante. Cette campagne tente de détourner l’attention des crimes d’Israël – et plus particulièrement son assaut contre Gaza en 2008-2009. Elle a été dénoncé dans une déclaration signée par l’écrivain Alice Walker, le chanteur David Byrne (ex-Talking Heads), le cinéaste Ken Loach, les journalistes John Pilger et Naomi Klein, le directeur de théâtre Juliano Mer-Khamis (qui a été assassiné à Jénine tôt cette année), et feu l’historien Howard Zinn.

Contrairement à ce que prétend Mel Bryars, l’art n’est pas fait hors contexte. Permettre une exposition qui sera parrainée par l’Etat israélien est politique par définition.

Et il y a quelque chose d’obscène à célébrer des chaises en « matériaux joyeux » provenant d’Israël, lorsque les écoles de Gaza sont bombardées ou n’ont pas de quoi obtenir des sièges pour leurs enseignants (comme a expliqué John Ging, alors chef de l’agence onusienne pour les réfugiés de Palestine (UNRWA). « L’allègre » conception israélienne promue est destinée à nous distraire de l’étouffement de la Palestine. Pour cette raison, « BrandIsraël » doit être boycotté.

source : electronic intifada

traduction : Zakaria Arrassi

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