Israël approuve les enquêteurs nommés par l’ONU

Ban Ki-moon a annoncé lundi 2 août 2010 la constitution d’un comité de quatre experts chargés d’enquêter sur le raid meurtrier contre une flottille d’aide destinée à la bande de Gaza, une enquête qui a été acceptée lundi par Israël alors qu’il l’avait refusée jusque-là.

Le comité sera présidé par l’ancien Premier ministre néo-zélandais Geoffrey Palmer, secondé dans sa tâche par le président colombien sortant Alvaro Uribe. En feront partie un Turc et un Israélien, a indiqué Le chef de l’ONU. Il a précisé que le groupe d’experts entamerait ses travaux le 10 août et soumettrait un premier rapport d’ici à la mi-septembre.

navire de guerre israélien ( A. GHARABLI / AFPU. SINAI / EPA / SIPA)
navire de guerre israélien ( A. GHARABLI / AFPU. SINAI / EPA / SIPA)

Jusqu’à maintenant, Israël s’était opposé à la création d’une commission internationale d’enquête sur cette affaire et avait ouvert deux enquêtes internes. Mais lundi, le bureau du Premier ministre israélien a indiqué que «Benjamin Netanyahu a informé le secrétaire général de l’ONU qu’Israël prendrait part au comité». «Israël n’a rien à cacher, a commenté Netanyahu. L’intérêt national de l’Etat d’Israël commande que la vérité soit mise en lumière sur les événements. C’est ce principe-même que nous servons.» Ce geste fait suite à des consultations ces dernières avec un groupe de sept ministres israéliens et des diplomates semaines visant à s’assurer que ce comité « est effectivement doté d’un mandat écrit équilibré et juste », a-t-il ajouté.

Ankara, qui réclamait la mise en place d’un tel comité, a qualifié sa mise sur pied d’«avancée très importante vers la réparation de l’injustice subie par la Turquie dans ce raid».

Le ministre turc des Affaires étrangères Ahmet Davutoglu a estimé que la décision d’Israël montre que «tous les pays doivent rendre des comptes en droit international». Mais bien qu’elle soit «une première», cette décision «ne devrait pas être considérée comme une chose extraordinaire», a déclaré Davutoglu à l’agence Anatolie. «En tant que membre de l’ONU, Israël doit répondre de ses actes devant la communauté internationale», a-t-il ajouté.

Le porte-parole de Ban Ki-moon, Martin Nesirky, a précisé qu’«il ne s’agit pas d’une enquête criminelle». Il a indiqué que les experts auraient accès aux rapports des enquêtes israélienne et turque en cours. Ils auront la possibilité de demander des «clarifications et des informations complémentaires». Ils auront pour tâche de mettre en lumière «les faits, les circonstances et le contexte de cet incident» et de décider des mesures à prendre pour que cela ne se reproduise pas, a-t-il précisé. L’incident de la flottille avait provoqué une crise profonde entre Israël et la Turquie, un temps proches alliés.

Julien Masri avec AFP

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