Un prix Nobel de la paix à la tête d’une organisation coloniale

Avant Rosh Hashana, les juifs orthodoxes se rassemblent la nuit pour lire et étudier lors d’un rituel connu sous le nom de Selichot («prières de pénitence»). Le rituel est destiné à harmoniser spirituellement l’esprit et l’âme à la repentance et l’introspection, les thèmes principaux des Grandes Fêtes.

Un des principaux accapareurs de terres à Jérusalem-Est est une ONG coloniale israélienne, Elad, dont l’une des tactiques a été de déclarer sites archéologiques des maisons palestiniennes. Cela leur permet de condamner et d’expulser les résidents et ensuite créer des parcs archéologiques artificiels. Elad a célébré l’un de ses grands projets, l’ouverture d’un tunnel jusqu’ici prétendument secret de la cité de David (un de ses sites archéologiques) au Mur occidental (Kotel), lors d’une telle cérémonie Selichot.

Les fouilles entreprises par Elad à Silwan (@Emeq Shaveh)
Les fouilles entreprises par Elad à Silwan (@Emeq Shaveh)

L’objectif d’Elad est de débarrasser des Arabes Jérusalem, en particulier les parties de celle-ci ayant une signification historique juive (qui le plus souvent se trouvent dans les quartiers palestiniens). Il le fera coûte que coûte. Comme les Palestiniens ne prennent généralement pas bien que leur domicile leur soit enlevé par dessous-eux, c’est habituellement par escroquerie. Elad fait partie du mouvement des colons qui cherche, intentionnellement ou non, à créer un conflit religieux entre les Juifs israéliens et les Palestiniens. Pour Elad, c’est un djihad juif, littéralement une lutte pour la domination juive de la ville sainte.

Qui devait rejoindre ces colons pour la commémoration de leur service au nom du peuple juif et leur expropriation des terres palestiniennes ? Nul autre que le gagnant du Nobel de la Paix et l’humanitaire juif par excellence, Elie Wiesel. En fait, il est président du conseil consultatif de ce groupe de colons. Il a été rejoint par deux anciens chefs du renseignement israélien, Shabtai Shavit et Amos Yadlin, un certain nombre de juges éminents, des avocats, des artistes et des représentants du gouvernement.

Il ne semble pas que l’esprit introspectif de Selichot, par lequel nous contemplons nos péchés et comment nous et notre peuple n’avons pas été à la hauteur, ait pénétré le cerveau de Wiesel. Rien de tout cela ne devrait nous surprendre puisque Wiesel a déjà pris des centaines de milliers de dollars de John Hagee et pris la parole lors d’un de ses CUFI, célébrations de chrétiens sionistes pro-Israël. L’argent, j’en suis sûr, a servi à reconstituer une partie des millions que Bernie Madoff lui a chapardé. Wiesel a aussi rejoint Alan Dershowitz pour parrainer un groupe juif anti-iranien. Il a appelé le rapport Goldstone un « crime contre le peuple juif ». Comment l'(autrefois) puissant est tombé.

Je me souviens de la fin des années 1960, lorsque Wiesel parlait fréquemment lors de rassemblements communautaires juifs à Rockland Country, État de New York, où j’ai grandi. Le rabbin de ma congrégation me prenait et m’emmenait l’entendre parler, parce qu’il pensait que cela ouvrirait mon esprit à la dignité morale, les enseignements et les valeurs juives de ce grand homme. Wiesel était alors une telle source d’inspiration. Un exemple imposant de dignité au milieu des souffrances juives. Maintenant, il est une caricature de lui-même.

source : Tikun Olam

traduction : Julien Masri

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