Un Palestinien poursuit une entreprise israélienne

Un travailleur palestinien poursuit la société israélienne Solor gaz industries, réclamant 200.000 shekels[environ 41 200 € ndt], affirmant qu’il était payé moins que le salaire minimum et qu’il ne bénéficiait pas des prestations sociales.

Solor gaz industries a dit que, puisqu’il se trouve en Cisjordanie, dans une zone qui n’est pas soumise à la juridiction des colonies, la loi israélienne ne s’applique pas au demandeur, mais plutôt le droit jordanien.

Le travailleur, Nazar Fukra, dit avoir été payé seulement 79 shekels par jour [16,20 €], sans aucun des avantages sociaux requis par la loi. Il poursuit la compagnie pour 186.071 NIS à la Cour du Travail de Tel-Aviv.

la colonie de Nitzanei Shalom, près de Toulkarem
la colonie de Nitzanei Shalom, près de Toulkarem

«L’employeur estime qu’il peut exploiter les travailleurs pour faire des profits et puis s’en sortir sans payer leurs salaires ou des indemnités », est-il écrit dans la plainte déposée par l’avocat Oron Meiri. « Ce n’est pas sans rappeler des jours sombres de l’exploitation du tiers-monde que nous ne voulons pas voir en Israël. »

Fukra, du village cisjordanien de Beit Lid, a été employé par Solor pendant plus de huit ans. La société opère dans le secteur industriel de Nitzanei Shalom [« bourgeons de paix » ndt], près de Tulkarem. Elle fournit des produits et des services aux compagnies d’énergie, aux industries chimiques et pétrochimiques ainsi que de la défense et des services de secours.

Fukra dit avoir travaillé à temps plein, de 7 heures à 16 heures, gagnant 8,7 NIS par heure [1,8€]. Dans sa dernière année de travail, il gagnait 100 NIS par jour [20,60€]. Le salaire minimum pour quelqu’un qui travaille une semaine de six jours est actuellement de 154 NIS par jour [31,70€]. Lorsque Fukra à commencé à travailler pour l’entreprise, le salaire minimum était de 118,6 NIS par jour [24,40€].

En outre, il n’a pas bénéficié de ses droits, comme les journées de vacances et les congés de maladie. Son salaire n’était versé que le 18 de chaque mois – plus tard que la date limite prescrite par la loi – ce qui constitue une rétention illégale de salaire.

En octobre 2008, Fukra a été licencié sans avertissement et sans indemnité de départ, malgré ses années d’emploi. Toutes ses tentatives pour bénéficier de ses droits ont échoué, comme noté sur la plainte.

La société a répliqué que Fukra n’a pas été licencié, mais a démissionné. Il a également déclaré que, conformément à la législation en vigueur à cet endroit – la loi jordanienne – il a reçu tout ce qui lui était dû. La zone industrielle, selon elle, n’est pas différente de toute autre zone dans une ville palestinienne, comme Naplouse ou Tulkarem, ce qui signifie qu’elle est soumise à la loi jordanienne.

Elle a également rejeté la demande Fukra selon laquelle il n’avait pas joui de ses droits et avait été régulièrement payés en retard et a dit qu’il ne méritait pas l’indemnité de départ, car il avait démissionné et avait refusé de revenir, malgré les demandes de son employeur.

Par Weiler Dana-Polak

source : Haaretz

traduction : Julien Masri

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