Un garçon de 16 ans arrêté, battu par des soldats et des colons

Basel montrant à l'agent de terrain de DCI les dommages causés par l'agression
Basel montrant à l'agent de terrain de DCI les dommages causés par l'agression

Le 23 mars 2010, Basel D. (16 ans) étudiait à la maison pour un examen scolaire. À 6h du soir, il a fait une pause pour se préparer à accomplir la prière du Maghreb [coucher du soleil]. Tout d’un coup, il entendit des bruits dans la maison. Comme il sortait de la salle pour vérifier ce qui se passait, il s’est retrouvé face à deux soldats israéliens armés qui l’ont attrapé et traîné, pieds nus, vers une jeep de l’armée garée en face de la maison. Tout en étant traîné de force vers la jeep, il vit deux autres soldats frapper son père, qui tentait de venir le défendre.

Basel a été placé à l’arrière de la jeep. Il a ensuite eu les yeux bandé avec un morceau de tissu qui sentait le gaz lacrymogène et ses mains furent étroitement liées derrière le dos avec des liens de plastique. Alors que le véhicule commençait à se déplacer, l’un des soldats assis à côté de Basel lui a demandé pourquoi il avait jeté des pierres. Lorsque Basel a déclaré qu’il n’avait pas jeté de pierres, le soldat l’a frappé à la jambe avec le canon de son fusil. « Les hommes ne crient pas », lui ont dit les soldats, en arabe. « Les larmes coulaient sur mon visage, mais pas à cause de la douleur, à cause de l’odeur du bandeau. »

Lorsque la jeep est arrivée à destination, une base militaire comme l’a vu plus tard Basel, un soldat a délié ses mains pour les attacher à nouveau mais devant lui. Il ordonna à Basel de mettre ses chaussures, l’a sorti de la jeep et le fit marcher environ 50 mètres, les yeux toujours bandés. Ils sont arrivés à ce qui a été pris par Basel pour un conteneur, où les soldats bavardaient et riaient. L’un d’eux dit à Basel : « Une demi-heure ou une heure et tu vas rentrer à la maison. » Puis, les soldats ont commencé à le frapper à plusieurs reprises pendant environ cinq minutes.

le calvaire commence

« J’ai été battu par les soldats sur ma tête, au visage et à la jambe gauche. Il y en avait beaucoup mais je ne sais pas combien, je ne les voyais pas. Ils se sont approchés, un par un, m’ont frappé sur la tête et m’ont tapé sur le visage. Ils m’ont insulté moi et ma famille utilisant certains gros mots sexuels que je ne veux pas répéter. Ils parlaient entre eux en hébreu. L’un d’eux m’a brutalement frappé à la jambe gauche. Je n’ai pas dit un mot, malgré une très forte douleur. »

À ce stade, un homme a demandé à Basel s’il avait soif. Il lui a délié les mains et lui offrit de l’eau. Après qu’il eut bu, il a à nouveau attaché ses mains, l’emmena à l’extérieur et le fit asseoir dans la cour dans un grand froid. Quelques minutes plus tard, un groupe de jeunes colons est venu vers le garçon et a commencé à le battre. Basel explique qu’ils étaient probablement des mineurs :

« environ une ou deux minutes plus tard, un groupe de jeunes colons s’est approché de moi. Je savais qu’ils étaient des mineurs parce que, pour d’une certaine manière j’ai pu voir un peu sous le bandeau près de mon nez. J’ai vu leurs pieds, qui étaient de petite taille. Ils portaient des chaussures, pas des chaussures de soldats, de combat ou de gros souliers. Il y a une autre raison, les coups étaient moins douloureux que ceux des adultes. Je sentais que les mains qui me frappaient étaient petites. Ils m’ont donné une gifle et sur mes bras et mes jambes des coups de pied à plusieurs reprises. L’un d’eux m’a poussé et je suis tombé de la chaise sur mon côté. » Le passage à tabac a duré environ 10 minutes. « J’avais vraiment très mal aux jambes et j’avais très peur, mais je n’ai pas pleuré ou crié. »

torture psychologique

Ensuite, un soldat du nom de Shadi a conduit Basel vers une tente, l’a assis sur un lit et lui a demandé qui lançait des pierres. « Je ne sais pas », répondit-il. Le soldat a insisté. Compte tenu du refus de Basel, un autre soldat a appelé le père de Basel et a mis le haut-parleur : « Dites à votre fils de nous dire qui a jeté des pierres. » Comme Basel continuait à nier connaître quelqu’un qui lançait des pierres, le soldat a tenté une tactique différente :

« Shadi m’a bandé les yeux. « tu as froid ? » a-t-il demandé. « Oui, j’ai froid », dis-je. « Alors avoue qui lançait des pierres », dit-il. Il m’a fouillé et a trouvé mon examen d’arabe. Il en a lu une partie et a vu que j’avais eu 29 sur 30 à cet examen. « tu es bon à l’école, alors pourquoi ne veux-tu pas nous dire qui a jeté des pierres », dit-il. « Je ne connais personne », lui ai-je dit. « Il suffit de mentionner un nom, n’importe lequel de ceux que tu détestes parmi les enfants de ton quartier, quelqu’un de plus de 18 ans et qui a une carte d’identité » a-t-il dit. « Je ne connais personne », lui dis-je. « tu ne te bats pas avec les enfants du quartier ? » A-t-il demandé. « Non » … dis-je. « tu ne veux pas avouer, alors le Shabak [Agence israélienne de sécurité] viendra te prendre à la prison, dit-il …. “Si tu n’avoues pas, je vais t’électrocuter », a-t-il dit et m’a forcé à m’asseoir sur une chaise en plastique. J’étais terrorisé. Je pense qu’il a placé deux fils sur mes mains parce que je sentais quelque chose me piquer. « Branchez, dit-il …. »

Rien ne s’est passé, et Basel a réalisé que le soldat était juste en train d’essayer de lui faire peur.

abandonné dans un village

Environ une demi-heure plus tard, les mains toujours liées et yeux bandés, Basel a été emmené dans une jeep militaire. « Nous allons t’emmener à la prison », lui dirent-ils. Après une demi-heure, il était sorti de la jeep, les liens autour de ses mains ont été desserrés. « Assieds-toi ici et ne te détache pas, sauf si tu entends la jeep partir », lui expliqua un soldat. « Je ne savais pas où j’étais ni où aller … J’ai marché pendant environ deux heures. Il faisait sombre et froid. J’avais très peur. » Alors que des voitures de colons passaient, Basel avait peur d’être agressé de nouveau.

Après avoir marché pendant un certain temps, il a identifié les lumières vertes d’un minaret et se rendit compte qu’il était près d’un village palestinien appelé al Sammou’a, à environ 20 kilomètres au sud de al Tabaqa, son propre village. Là-bas, à environ 3h du matin, il a réussi à appeler son père. « Je suis retourné sur la rue principale, utilisée par les colons, et j’ai attendu mon père. Quand j’entendais des voitures venir, j’étais effrayé et je courrais me cacher derrière le pilier d’un grand panneau d’affichage. Je me suis endormi là et mon père m’a trouvé après m’avoir regardé pendant longtemps. Il m’a dit qu’il me cherchait sur les routes et s’est rendu au village d’al Sammou’a. » Basel et son père ont finalement rejoint la maison à environ 8h30.

Le 29 mars 2010, lorsque DCI-Palestine a rencontré Basel, six jours après l’agression, il était encore sous le choc mais résolu à aller de l’avant : « Je suis le premier de ma classe. Parfois, je suis à la deuxième place. Je suis en 11e année dans la section littéraire. Je ressens encore de la douleur dans mes jambes, les bras et la tête. Je suis épuisé, mais je suis motivé, je veux dire psychologiquement. »

DCI Palestine, le 20 avril 2010

traduction : Julien Masri

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