Terrorisme ou révolte ?

Bulletin N°66

Par Pierre Galand

Dire « Les Palestiniens tuent des Juifs » sous-entend « ce sont des terroristes criminels ». En fait (et Amira Hass, que vous lirez dans ce bulletin, l’affirme haut et clair), les Palestiniens se révoltent contre l’occupant israélien et les colons juifs dont la violence et l’arrogance ne cessent de leur rendre la vie impossible au point de les contraindre eux-mêmes à la violence ou à l’exil.

Le gouvernement Netanyahou pousse à l’extension des colonies en Cisjordanie et, à Jérusalem, multiplie les arrestations arbitraires des Palestiniens, soutient les comportements violents et assassins de ses forces policières et militaires, encourage les colons et les religieux extrémistes à provoquer et harceler les Palestiniens dans leurs maisons et sur leurs lieux de culte, maintient le blocus contre Gaza et boucle hermétiquement des villes comme Naplouse ou de nombreux villages accusés « d’abriter des terroristes ». Et la liste n’est pas exhaustive.
Ce gouvernement, qui jette quotidiennement de l’huile sur le feu en Palestine, n’espère-t-il pas en fait que ces provocations suscitent une réaction violente de la rue palestinienne échappant au contrôle de l’Autorité palestinienne ?
Les alliés d’Israël étant occupés militairement dans les Etats voisins – Syrie, Irak, Turquie – Netanyahou en profite pour appliquer à la Cisjordanie la thérapie mortifère déjà utilisée contre Gaza en 2009 et en 2014.
En tout cas, le vice-Premier israélien Naftali Bennett (extrême droite) annonce clairement la couleur en appelant à « réagir aux assassinats de juifs en créant de nouvelles colonies pour faire comprendre aux terroristes que nous sommes les plus forts et qu’il n’y aura jamais d’État palestinien indépendant ».

Les gouvernements occidentaux et les pétromonarchies se taisent, préférant se réunir d’urgence à propos de la violation de l’espace aérien turc par un avion militaire russe. Entretemps, la situation empire tragiquement pour les Palestiniens qui vivent dans les territoires occupés et pour les réfugiés dans les pays voisins.

Nous devons nous mobiliser, dès à présent, pour exiger que le Conseil de sécurité de l’ONU se réunisse en urgence et prenne les mesures indispensables pour éviter un nouveau bain de sang d’ampleur en Palestine.

A défaut, il nous faudra descendre une fois encore dans la rue pour clamer notre indignation face à une énième répression massive et criminelle des forces armées israéliennes, lancées dans une confrontation totalement asymétrique.

La Coordination européenne des Comités et ONG de soutien à la Palestine (ECCP) a déjà adressé des messages en ce sens aux Présidents du Conseil de Sécurité et de l’Assemblée générale de l’ONU ainsi qu’à la Haute représentante des relations extérieures de l’UE. Elle les appelle à intervenir pour obtenir l’application du chapitre 7 de la Charte des Nations Unies afin de garantir la protection des populations civiles par le déploiement d’une force onusienne d’interposition sur la Ligne verte ainsi que la fin de l’occupation et de la colonisation par Israël des territoires palestiniens de Cisjordanie, de Gaza et de Jérusalem-Est.

N’hésitez pas à joindre votre voix à la nôtre en faisant la même demande à vos représentants dans les différents parlements ainsi qu’à notre ministre des Relations extérieures.

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