Reconnaissance de l’Etat Palestinien à l’ONU : quelques arguments

En septembre, la question de la reconnaissance de l’Etat palestinien se posera aux Nations-Unies. Nous avons ici rassemblé quelques arguments pour pousser la Belgique, et l’Union européenne, à prendre l’initiative sur la question.

1.    Assurer l’existence du peuple palestinien et son droit à l’autodétermination.
La politique israélienne actuelle vise à faire disparaître les Palestiniens comme entité. Si la Palestine est reconnue comme un Etat souverain « Tous les stratagèmes israéliens pour échapper à la loi internationale sont déjoués. La Palestine est maintenant explicitdrapeau-palestinien-cisjordanieement occupée. Finies les discussions sur la réalité même de l’occupation, plus moyen d’exploiter des termes ambigus comme territoires « disputés » ou territoires « administrés » pour brouiller les pistes. Finie l’ « annexion » de Jérusalem-Est. Maintenant ce sont les gouvernements et les Nations-Unies, pas seulement les amis de la société civile, qui appellent à des sanctions internationales efficaces contre Israël, notamment le boycott des matériels militaires. Et, de première importance : ils insistent sur les obligations d’Israël remontant à 1948, au premier rang desquelles, le droit au retour des réfugiés palestiniens. » Jef  HALPER, http://www.info-palestine.net/article.php3?id_article=10749&var

2.    Donner à Israël l’assurance d’une reconnaissance d’une solution à deux états sans préjudice de négociations.
Voir déclaration du ministre palestinien, Ryad Malki. http://www.rtbf.be/info/monde/detail_etat-independant-les-palestiniens-demandent-le-soutien-de-l-ue?id=6279773
Car comme le dit Jef HALPER : « …le rejet de l’entrée palestinienne aux Nations-Unies reviendrait à mettre fin à la « solution à deux États ». Or tant que la possibilité de deux États résistait, toute autre option, dont celle pour un État unique ou une confédération régionale, était de fait écartée. Avoir dépassé cela après septembre ouvre la voie à la seule authentique et possible solution : un État ouvert à tous. »

3.    Sortir de l’impasse des non-négociations.
« Vingt ans ont passé depuis le lancement à Madrid d’une négociation qui devait aboutir à « l’échange de la terre contre la paix ». Dix-huit ans ont passé depuis la signature à Washington de l’accord intérimaire israélo-palestinien dit d’Oslo. Celui-ci fondait explicitement la négociation sur le droit international et fixait un calendrier devant permettre l’émergence d’un État palestinien indépendant, souverain, dans les frontières de 1967, au plus tard dans les cinq ans. On sait ce qu’il en a été : outre que la colonisation israélienne, et singulièrement dans et autour de Jérusalem, a littéralement explosé, la reconnaissance de l’État de Palestine a été ajournée jusqu’à une date indéterminée. Huit ans ont passé depuis la « Feuille de route » qui devait conduire à l’établissement de cet État en 2005 ; quatre ans depuis Annapolis qui devait voir s’établir un État palestinien en 2008. »
« En mai dernier, Benyamin Netanyahu a réitéré aux États-Unis, devant le Congrès, les grandes lignes de son projet. Un programme qui se résume à une série de refus : refus des frontières de 1967, refus du démantèlement des colonies – pourtant illégales –, refus du gel de la construction d’implantations coloniales quelles qu’elles soient, refus du partage de Jérusalem pourtant appelée à renouer avec son histoire riche et plurielle et à devenir la capitale de deux États, et refus de la reconnaissance des droits des réfugiés palestiniens.
Benyamin Netanyahu se déclare certes favorable à la création d’un État palestinien, mais à la condition inacceptable de nommer « État » une suite de mini enclaves privées de tout droit et de toute viabilité. » Jean-Claude Lefort , Lettre ouverte à Mme Ashton, http://www.lemonde.fr/idees/chronique/2011/07/14/reconnaissance-de-l-etat-palestinien-lettre-ouverte-a-mme-ashton_1548009_3232.html

4.    Renforcer la stabilité de la région. Comme le disent d’anciens députés européens (dont Louis Michel et Hubert Védrine) : « En reconnaissant la souveraineté et l’indépendance de la Palestine, et en accompagnant ce geste de l’indispensable soutien financier qu’il requiert, l’Europe ancrera solidement l’Etat palestinien dans le camp de la paix et de la coexistence et renforcera la stabilité de la région. » http://www.france-palestine.org/article17865.html

5.    Ce faisant, placer l’Europe en position de pointe par rapport au monde arabe en pleine mutation.
« On peut, une fois encore, se dire que, dans de telles conditions, l’Union européenne devrait enfin jouer un rôle moteur d’autant qu’un engagement concret en faveur d’un règlement de ce conflit viendrait renforcer de manière décisive la crédibilité de ses tentatives de soutien au processus de démocratisation dans le monde arabe. Agir avec détermination pour faire avancer la démocratie dans le monde arabe ET la paix au Proche-Orient lui permettrait de revenir avec force dans toute cette région et de s’affirmer comme un véritable acteur des relations internationales avec lequel il faudrait désormais compter. » Jean-paul CHAGNOLLAUD, 6 juin 2011 (http://www.confluences-mediterranee.com/L-urgence-de-la-reconnaissance-d)
« La colère et la frustration peuvent prendre bien des formes différentes – un nouveau cycle de violences, ou bien le rejet, par cette impressionnante jeune génération, de tout ce que l’Occident peut avoir de positif. Nous sommes donc à un moment-clé où il faut que l’Europe fasse le lien entre des Etats-Unis de plus en plus dépassés, et ce formidable potentiel qui s’éveille au Moyen-Orient. Dans le cas contraire, l’Europe risque, elle aussi, de perdre cette nouvelle génération. » Avraham BURG (http://www.france-palestine.org/article17857.html)

6.    Soutenir les démocrates israéliens qui défendent Israël.
« 20 mai 2011
Nous, citoyennes et citoyens d’Israël, appelons la population à soutenir la reconnaissance d’un Etat palestinien démocratique comme une condition pour mettre un terme au conflit et parvenir à des accords acceptés sur la base des frontières de 1967. La reconnaissance d’un tel Etat palestinien est d’un intérêt vital pour Israël. Elle seule garantira la résolution de ce conflit par le biais de négociations sur des frontières définitives, avec possibilité d’échanges limités de territoires. Ce qui répond à l’essentiel des soucis de sécurité d’Israël. Le succès de la mise en œuvre des accords exige deux leaderships, israélien et palestinien, qui se reconnaissent mutuellement, optent pour la paix et s’engagent pleinement dans ce processus. C’est le seul moyen d’éviter le dangereux isolement d’Israël dans le monde. Seule cette politique permettra à Israël de maîtriser son destin et sa sécurité. Elle seule permettra aux développements politiques ultérieurs de se produire avec l’accord d’Israël de façon à garantir sa sécurité. Toute autre politique de la part d’Israël contredit les fondements du sionisme. Elle met en danger l’Etat lui-même et le peuple juif dans le monde. » Parmi les signataires : des anciens généraux, ambassadeurs, députés, des professeurs d’université etc.
( http://www.jcall.eu/La-reconnaissance-d-un-Etat.html?lettre=P )

7.    Donner à la Palestine le droit d’entrer dans les institutions internationales où elle pourra prendre en mains son sort à part entière.
« Les ambassadeurs palestiniens remplacent les « représentants » dans les capitales du monde, de même qu’aux Nations-Unies. Le gouvernement palestinien est maintenant en mesure de saisir les tribunaux internationaux et de lancer les procédures onusiennes pour demander justice et réparation pour des décennies d’occupation, sans avoir à passer par des intermédiaires. » Jef  HALPER, http://www.info-palestine.net/article.php3?id_article=10749&var_recherche=+Jef+Halper

« Certes, personne ne saurait croire que la seule proclamation d’un Etat palestinien dans les frontières de 1967 résoudrait comme par enchantement les problèmes concrets, quotidiens, de l’édification d’un Etat mais elle modifierait la donne en termes de droit international. Ainsi les colonies israéliennes seraient zones d’occupation d’un Etat souverain, ce qui ouvrirait par exemple la possibilité de recours auprès de la Cour internationale de justice internationale et internationaliserait le conflit. » Didier BILLION, Rédacteur en chef de La revue internationale et stratégique, IRIS http://www.affaires-strategiques.info/spip.php?article5176

« Une adhésion aux Nations-Unies renforce cependant cette reconnaissance internationale ainsi que la position juridique de l’Etat concerné. L’occupation militaire israélienne de la Cisjordanie et de Jérusalem-Est sera alors considérée comme une agression contre un Etat souverain. La présence de colonies juives de peuplement sera également considérée comme une violation de la souveraineté de cet Etat, au même titre que le blocus imposé à la bande de Gaza. La position d’Israël en sera ainsi grandement affaiblie. » Hicham Mourad http://www.palestine-solidarite.org/analyses.Hicham_Mourad.150611.htm

RAPPEL :
1° D’après le FMI et la Banque mondiale, vu la gestion efficace de Salam Fayyad, les fondements économiques et financiers d’un Etat palestinien existent.
2°  Monique Chemillier-Gendreau , « Selon la théorie du droit international, la reconnaissance d’un nouvel État par des États déjà existants est un acte unilatéral souverain de chacun d’entre eux. L’appréciation de l’opportunité de cet acte ne saurait dépendre de la volonté d’un tiers, elle n’est soumise à aucune condition, si ce n’est la vérification de l’existence des bases d’un État. » Et ces bases existent : le territoire (dans les frontières de 67), le peuple, une autorité. http://www.france-palestine.org/article16407.html

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