Questions réponses

1. Sodastream c’est quoi ?

Sodastream est une entreprise israélienne qui fabrique des gazéificateurs, à savoir des machines qui transforment l’eau du robinet en eau pétillante. A partir de là, les utilisateurs peuvent fabriquer eux-mêmes leurs sodas.

SodaStream était initialement implantée dans une colonie israélienne en Cisjordanie. Elle a récemment annoncé vouloir quitter cette colonie pour installer son usine dans le désert du Néguev – en Israël près d’une ville où ont été regroupés de force des Bédouins.

  1. Qui sont les Bédouins du désert du Néguev ?

 Historiquement, les Bédouins sont des pasteurs nomades qui se sont progressivement sédentarisés sur des terres qui en 1948 ont été annexées de force à l’Etat d’Israël. A l’époque, 90% du Néguev était habité par des Bédouins. Cependant, ils en ont massivement été chassés. Seuls 10 à 15% ont réussi à rester sur leurs terres. Ils sont alors devenus citoyens d’Israël bien qu’ils continuent à se considérer comme Palestiniens. La majorité a été regroupée de force dans 7 villes. Ce regroupement a détruit leur mode de vie traditionnel en les privant d’accès aux terres pastorales, ce qui a eu pour conséquence la paupérisation de leurs communautés.

Les Bédouins qui n’ont pas été transférés de force dans ces 7 villes vivent dans 11 villages en cours de reconnaissance et 35 villages non reconnus. La non-reconnaissance de leur village implique pour ces 90 000 personnes qu’elles sont discriminées par rapport aux citoyens juifs d’Israël. Elles ne peuvent ni acquérir de nouvelles terres ni construire sur les leurs. Elles sont soumises en permanence à des menaces de démolition. Le village d’al Araqib a ainsi été démoli 83 fois. L’objectif d’Israël (matérialisé dans le plan « Prawer/Begin) est de les déloger afin de permettre la construction de villages juifs et de les regrouper, contre leur volonté, dans un des 7 townships existants.

  1. Pourquoi faire une campagne contre Sodastream ?

Sodastream profite, depuis sa création, des violations du droit international commises par Israël.

Au vu de l’impunité dont jouit Israël et de l’inaction de la communauté internationale face aux violations répétées du droit international commises par Israël, l’action citoyenne est nécessaire pour faire pression sur Israël pour que le droit soit respecté. La pression s’exerce notamment sur les entreprises qui profitent des politiques israéliennes qui constituent des violations du droit international.

Sodastream fait partie de ces entreprises. D’abord installée dans la colonie illégale israélienne de Mishor Adumin (sur des terres palestiniennes volées), elle a décidé, en réponse à une campagne citoyenne, de déménager son usine dans le nord-est du Néguev, en Israël même, sur des terres qui historiquement appartiennent aux Bédouins.

Le déplacement forcé d’une population constitue une violation grave du droit international et des droits de l’homme. Le transfert forcé des Bédouins a notamment été condamné par les Nations Unies et le Parlement européen. SodaStream profite donc d’une violation grave du droit international, subsidiée qui plus est.

  1. L’entreprise a annoncé qu’elle allait se retirer des colonies, est-ce que ça ne règle pas le problème ?

Non car elle continue de bénéficier de violations du droit international commises par Israël : transfert forcé de la population, accaparement des terres et ressources naturelles, discrimination sur base ethnique au profit unique de la population juive israélienne. Les terres « vidées » sont utilisées pour construire des villes réservées aux Israéliens juifs. Les Bédouins sont relégués dans des réserves dans lesquelles ils n’ont pas la possibilité d’exercer leur mode de vie traditionnel ce qui a pour conséquence la désintégration leurs communautés et leur paupérisation. Par ailleurs, le ce transfert forcé est illégal.

  1. Quel est le rôle du gouvernement belge ?

Initialement produites dans les colonies, les machines Sodastream auraient dû être interdites par le gouvernement belge, ce qui n’a pas été fait.

De plus, à compter de juin 2015, les appareils Sodastream pourront être achetés avec des éco-chèques. Les éco-chèques constituent un avantage extra-légal qui peut être octroyé par un employeur à un travailleur. Ce dernier peut alors s’en servir pour acheter des produits à caractère écologique qui se trouvent sur une liste annexée à la convention collective du travail 98 approuvée par les partenaires sociaux qui siègent au sein du Conseil national du travail.

Le rôle du ministère de l’économie et des consommateurs est donc de mettre en place des critères éthiques afin d’empêcher que des produits tels que Sodastream se retrouvent sur la liste approuvée par la Convention Collective. A défaut, le gouvernement subventionne une entreprise qui profite des violations du droit international commises par Israël.

  1. Quelles sont les organisations qui portent cette campagne en Belgique ?

L’Association Belgo-Palestinienne a lancé cette campagne, qui est soutenue par la plateforme BDS-Belgium.

  1. Qu’en est-il des Palestiniens qui travaillent dans l’usine et qui risquent de perdre leur source de revenus ?

SodaStream reçoit des subsides pour exploiter son usine dans une zone industrielle établie sur des terres dont les Bédouins ont été chassés illégalement. Leur expulsion de ces terres et regroupement forcé dans des townships ont eu pour conséquence de les appauvrir. Certains n’ont d’autre choix que d’accepter de travailler dans des usines comme celles de SodaStream. L’entreprise profite donc d’une main d’œuvre facilement disponible et bon marché – dont la paupérisation est due à des politiques gouvernementales (accaparement de terres, transfert forcé, discriminations). Elle se targue ensuite d’offrir un travail à une population démunie alors qu’en réalité, elle profite de sa paupérisation et de son déplacement forcé. Les femmes bédouines qui travaillent dans l’usine se sont récemment plaintes d’une décision de la direction qui les oblige à travailler 12h de suite, en contravention avec le droit du travail.

Cette logique n’est pas sans rappeler celle qui était à l’œuvre dans les colonies : en Cisjordanie, l’entreprise profitait d’une main d’œuvre palestinienne bon marché à qui il n’était pas permis de se syndiquer et qui a tout moment pouvait se voir retirer son permis de travail. L’asphyxie de l’économie palestinienne – conséquence de l’occupation israélienne – ne laissait d’autre choix à certains palestiniens que d’être exploités dans les colonies, à défaut de pouvoir développer leur propre industrie. Dans les médias, l’entreprise se vantait ensuite d’offrir du travail aux Palestiniens, alors que par son activité, elle profite et donc soutient des politiques israéliennes contraires au droit international.

  1. Le BDS, c’est quoi ?

Le BDS est la campagne de « Boycott, Désinvestissement et Sanctions » lancée en 2005 par la société civile palestinienne. Constatant le refus d’Israël de respecter le droit international et le laisser faire de la communauté internationale, la société civile palestinienne a appelé les organisations de solidarité, les individus et les gouvernements des pays tiers (ainsi que les organisations et individus israéliens) à exercer des actions de boycott, désinvestissement et sanctions jusqu’à ce qu’Israël respecte l’ensemble de ses obligations internationales.

La campagne contre Sodastream s’inscrit dans ce mouvement. L’entreprise est et restera une cible de boycott tant qu’elle profite des violations des droits de l’Homme commises par Israël.

  1. Est ce que cette campagne existe ailleurs ?

Des campagnes contre Sodastream est menée par aux Etats-Unis mais aussi par diverses coalitions en Norvège, au Canada, en Finlande, en France, en Allemagne, aux Pays-Bas et en Grande-Bretagne.

  1. Quels sont les objectifs de la campagne ?

  1. Faire pression sur Sodastream afin qu’elle s’établisse en Israël de manière conforme au droit international et que ses activités respectent la législation relative au travail et les droits de l’homme.
  2. Envoyer un message clair au gouvernement israélien à savoir que les entreprises qui profitent de ses violations du droit international seront boycottées. Il s’agit donc aussi de faire pression sur le gouvernement israélien.
  3. Faire pression sur le gouvernement belge afin qu’une charte éthique soit adoptée et mise en œuvre lors de l’attribution de la convention collective relative aux éco-chèques afin d’éviter que des produits issus des colonies ou conçus dans des conditions où le droit international est bafoué profitent de subventions belges.
  1. Est-ce que cette campagne fonctionne ?

Oui, l’entreprise ayant déjà annoncé vouloir se retirer des colonies. Elle doit maintenant se retirer de zones où vivent les Bédouins afin de ne pas tirer profit de leur transfert forcé.

Ressources

En français

En anglais

Fichier PDF : Sodastream _ questions réponses

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