Questions-Réponses BDS

La campagne BDS fait plus souvent les grand titres pour les attaques qu’elle subie que pour son véritable objectif.  Petit tour des questions/réponses habituelles 

  • Pourquoi le boycott ?

Le boycott est un des moyens choisis par les Palestiniens pour s’opposer à l’occupation israélienne, au même titre que la lutte violente ou les négociations. Le boycott, forme pacifique de résistance, permet aux citoyens soucieux du respect du droit international de participer à la résistante populaire palestinienne. Grâce à la campagne BDS, cet « outil » a gagné en visibilité et engage désormais des milliers de citoyens à travers le monde.
En Belgique, le boycott permet aux citoyens de lutter pour le respect du droit international alors que le gouvernement belge reste inactif face aux violations répétitives du droit international par le gouvernement israélien. La pratique du boycott permet d’envoyer un message simple aux autorités belges : les citoyens ne tolèrent plus l’impunité totale dont jouit Israël et si le gouvernement reste passif, les citoyens quant à eux, se mobilisent.

  • Qui soutient la campagne BDS en Belgique ?

Une trentaine d’organisations belges ont signé l’appel au BDS. Parmi elles, Pax Christi, le Service Civil International (SCI), l’Union des Progressistes Juifs de Belgique (UPJB), le Centre tricontinental (CETRI), Intal, le Mouvement des Jeunes Socialistes, Ecolo J et son pendant flamand Jong Groen vzw, Solidarité Socialiste et son pendant flamand FOS, la COMAC, le PTB, le Comité pour l’Annulation de la Dette du Tiers Monde (CADTM) et la Coordination Nationale d’Action pour la Paix et la Démocratie (CNAPD).
Concernant le boycott académique, ses soutiens se sont regroupés autour du BACBI (Belgian Campaign for an Academic and Cultural Boycott of Israel). Depuis son lancement en mars 2015, quelques 450 membres du corps académique belge, toutes universités comprises, l’ont signé. Un point est particulièrement essentiel à propos du boycott académique : celui-ci est institutionnel, c’est-à-dire que le mouvement BDS refuse le boycott d’individus sur base de leur identité. Le fait d’être affilié à une institution académique israélienne, d’être de citoyenneté israélienne ou de confession juive n’est en aucune sorte un motif de boycott.

  • Le boycott ne risque-t-il pas de radicaliser la droite et d’affaiblir les mouvements progressistes ?

Premièrement, il est primordial de rappeler que la colonisation fut lancée en 1967 par la gauche israélienne, représentée par le parti travailliste israélien, et que lorsque ceux-ci étaient au pouvoir, le processus de colonisation ne fut jamais stoppé. En termes de poids électoral, les partis qui s’opposent à l’occupation représentent – en 2015 – 15% des voix du Parlement.
Deuxièmement, la radicalisation de la droite israélienne s’est développée indépendamment du mouvement de boycott : la croissance des colonies est, en effet, allée de pair avec l’accroissement de la représentativité des colons et des partis religieux d’extrême droite au sein de la Knesset et du gouvernement. La radicalisation de la société israélienne est donc indéniable. Le mouvement boycott est une des manières d’arrêter cette escalade idéologique.

  • Pourquoi appeler au boycott d’Israël et pas au boycott d’autres pays ?

Les Palestiniens ont lancé un appel au boycott, et c’est en réponse à cet appel que la société civile belge soutient le BDS. Si demain les Chinois ou les Saoudiens par exemple, lancent un tel appel, les étudiants belges auront tout le loisir de se positionner.
Ensuite, les pays de l’Union européenne entretiennent une relation plus que privilégiée avec Israël. En effet, de tous les pays hors Union européenne, c’est avec Israël que l’Union européenne entretient la coopération la plus intense. Ce degré de coopération est paradoxal compte tenu du fait que le cadre régissant cette coopération met un point d’honneur au respect des droits de l’Homme. Alors que des mesures de rétorsion ont été prises par l’Union européenne envers la Russie lorsque celle-ci a annexé la Crimée, rien de tel n’a été envisagé concernant l’annexion de Jérusalem-est et la colonisation de la Cisjordanie. Deux poids, deux mesures.

  • Le boycott est-il antisémite ?

La réponse est sans appel et sans interprétation possible : Non. Le mouvement BDS est animé par un antiracisme virulent et dès lors, toute forme d’antisémitisme, d’islamophobie,… est rejetée. Le mouvement BDS dénonce uniquement la politique de l’Etat d’Israël et les nombreuses violations des droits de l’Homme qu’elle engendre.
En Belgique, des associations juives telles que l’Union des Juifs progressistes de Belgique soutiennent le BDS et par leur participation au mouvement, rendent toute argumentation tentant de d’assimiler antisionisme à antisémitisme vaine. (je ne sais pas si cette phrase à sa place/est nécessaire).

  • Le boycott n’empêche-t-il pas le dialogue entre Israéliens et Palestiniens ?

Les « Israéliens progressistes », bien que minoritaires au sein de la société israélienne, sont surreprésentés dans les médias européens, donnant faussement l’impression que la fin de l’occupation, des discriminations et du blocus sont des idées consensuelles en Israël et que le boycott n’est pas justifié. Pourtant, 51% des Israéliens soutiendraient la réinstallation de colons à Gaza48 et 75% s’opposent à la création d’un Etat palestinien dans les frontières de 1967 avec Jérusalem-Est pour capitale49.

Par ailleurs, force est de constater que le « dialogue » et les nombreux projets destinés à « rapprocher » les deux peuples n’ont pas fait plier la politique israélienne. En 2017, la Palestine connaitra sa 50ème année sous occupation. Sans fin de l’occupation, des discriminations et du déni des droits des réfugiés, le rapprochement entre Israéliens et Palestiniens est impossible. Le boycott peut donc contribuer au rapprochement entre les communautés en conditionnant leurs relations au respect du droit et de la justice.

De plus, sans tomber dans une vision binaire du conflit, il n’en reste pas moins vrai qu’il y a un occupant et un occupé. La solidarité, lorsqu’elle a pour objectif de rétablir une situation d’injustice ou de déséquilibre, ne doit pas tomber dans une forme de condescendance néocoloniale où celui qui est responsable de la situation coloniale serait aussi celui qui décide des moyens à déployer pour y mettre fin. Les projets de « normalisation » des relations entre Palestiniens et Israéliens qui «visent à promouvoir la coexistence» donnent la fausse impression de rapports symétriques, normaux. Ils véhiculent l’idée que le dialogue peut contribuer à « pacifier » les relations entre les parties au « conflit », sans jamais remettre en cause les conditions d’un tel dialogue et les raisons sous-jacentes du ressentiment des Palestiniens. Des questions centrales telles que le déni de justice ou d’oppression systémique et étatique sont mises de côté pour promouvoir l’illusion de paix alors que la paix véritable ne peut advenir que si la justice et l’égalité sont rétablies.

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