Bulletin 49, octobre 2011
Edito
C’est le 14 décembre 1960, voici 50 ans, que le droit des peuples à l’autodétermination a été reconnu par l’Assemblée générale des Nations Unies avec l’adoption de la résolution n°1514 (XV). Cette résolution portait sur l’octroi de l’indépendance aux pays et aux peuples coloniaux. C’est sous le choc des résistances et des luttes des peuples pour leur libération nationale que les empires coloniaux vont se désagréger dès le lendemain de la fin de la deuxième guerre mondiale. La victoire du Vietnam en 1954 et le déclenchement de la lutte du FLN algérien la même année sonneront le glas du colonialisme.
La lutte du peuple palestinien pour la reconnaissance de ses droits les plus légitimes s’inscrit en droite ligne dans le prolongement de ce pan de l’histoire du XXe siècle.
Dès avant la fin de la Seconde guerre mondiale, les Palestiniens ont combattu l’occupant britannique mais en 1947, ils se sont vu imposer la partition de leur pays. 800.000 Palestiniens ont été chassés de leurs foyers par l’armée israélienne et le restant a été contraint à un statut de citoyens de deuxième catégorie dans les territoires devenus Israël au lendemain de la guerre 47-49.
Aujourd’hui, ils poursuivent le combat pour résister à l’offensive israélienne d’extension de ses colonies de peuplement en Cisjordanie et à Jérusalem. Ils poursuivent également le combat pour défendre au sein des institutions internationales leur droit à un Etat souverain, mais aussi le droit au retour pour les réfugiés chassés de leurs terres, villages, propriétés et pour mettre fin à l’occupation coloniale israélienne en Palestine et en Syrie. Enfin, ils poursuivent le combat pour contraindre Israël à respecter la légalité internationale et pour dénoncer les Etats, les grandes firmes multinationales et les institutions qui se rendent complices des violations israéliennes de leurs droits fondamentaux.
L’admission de l’Etat indépendant de Palestine, telle que proclamée par l’OLP à Alger en 1988 comme 194eme Etat de l’Assemblée des Nations Unies ne serait que justice. Comble de l’hypocrisie : d’aucuns reprochent à l’OLP de procéder de manière unilatérale en demandant l’entrée de leur Etat au sein de l’ONU alors qu’il s’agit là d’un vote libre et démocratique de toutes les nations membres de cette assemblée.
Plus que jamais le travail de solidarité restera d’actualité car une reconnaissance de L’Etat de Palestine à l’ONU sans la fin de l’occupation et sans le droit au retour ne sera pas une véritable reconnaissance d’indépendance pour les Palestiniens.
Les travaux du Tribunal Russell sur la Palestine dont la 3eme session se tiendra début novembre à Cape Town en Afrique du Sud porteront sur le sociocide dont est victime le peuple palestinien, sur les conséquences d’un tel crime et sur les obligations qui en découlent pour la communauté internationale.
L’action BDS, de plus en plus suivie par les citoyens du monde entier, y compris en Israël, représente aujourd’hui le message le plus clair que la solidarité avec les Palestiniens ne faiblit pas et qu’elle se poursuivra jusqu’à ce que les Palestiniens jouissent des mêmes droits que ceux qui ont été garantis à Israël. C’est d’ailleurs la condition sine qua non d’une paix juste et durable dans la région.
Pierre Galand,
Président




