Occupation et vol des ressources

 

Minerais

Israël tire largement profit des ressources minérales que recèle le territoire palestinien occupé. De nombreuses carrières y sont établies, notamment pour exploiter le gravier, qui compte désormais pour 20% de la consommation totale de l’État d’Israël. C’est également le cas du sel, du sable et de l’argile de la mer Morte, utilisé pour l’industrie cosmétique. Les Palestiniens sont exclus des bénéfices de cette exploitation, qui profitent aux entreprises et à l’administration civile israéliennes, laquelle a encaissé plus de 285 millions de shekels de droits et redevances entre 2009 et 2015.

Alors que les conventions de Genève garantissent l’accès aux ressources naturelles des populations vivant sous occupation et interdit leur exploitation par la puissance occupante, la Cour suprême israélienne, saisie par l’ONG israélienne Yesh Din, a estimé en 2012 cette pratique légale, arguant que le droit international devait être adapté pour le cas d’une occupation prolongée ». Selon Yesh Din, ce jugement est susceptible de s’appliquer au vol de l’eau et des découvertes archéologiques. Depuis, la quantité de minerais exploité a encore augmenté, de même que les profits qui en sont tirés. L’ONG affirme que les autorités disposeraient d’un plan à long terme leur permettant de s’appuyer sur le potentiel minier de la Cisjordanie pour au moins les 30 prochaines années.

Eau

La gestion de l’eau tient une large place dans la politique de l’occupant visant à la fois à miner le développement économique des Palestiniens et d’assurer celui des colonies.   80% des eaux souterraines disponibles sont accaparées par Israël, alors que 75% se trouvent en Cisjordanie. Seulement 10% de l’eau du territoire occupé sont utilisés au profit des  Palestiniens  qui  doivent  se  contenter  de 50  à 70 litres par jour contre 270 à 400 pour    les   Israéliens, soit sous  le minimum vital. de  l’OMS   estimé  à  100. Les autorisations de forer de nouveaux puits sont délivrées au compte-gouttes aux Palestiniens, et les puits installés illégalement par ces derniers systématiquement détruits.

Cette inégalité manifeste dans l’accès à cette ressource élémentaire est poussée à son paroxysme dans la vallée du Jourdain, où la misère des communautés palestiniennes confrontées aux pénuries chroniques d’eau tranche avec la prospérité des colonies agricoles israéliennes, rendue possible par la spoliation des premiers.  Les Palestiniens qui font face aux stress hydriques à répétition n’ont d’autre choix que de se fournir par citernes à Mekorot, la compagnie israélienne des eaux, qui la leur vend quatre fois plus cher qu’aux colons.

À Gaza, le confinement organisé du territoire surpeuplé a des conséquences dramatiques puisque 96% de l’eau est impropre à la consommation, et qu’un foyer sur dix n’a pas accès à l’eau potable. Ses habitants n’utilisent que 15% des ressources de l’aquifère côtier, le reste étant capté par les Israéliens.

Terres

Historiquement agricole, la Palestine pâtit grandement du grignotage chronique des terres cultivables par l’occupant. Les expulsions de terres pour des motifs prétendument sécuritaires ont eu un effet dévastateur pour les cultivateurs palestiniens. À Gaza, la zone tampon mise en place conjointement au blocus les prive de 35% de leurs champs, tandis que la construction du Mur en Cisjordanie a eu pour conséquence d’isoler plus de 150 communautés de leurs propriétés terriennes. Entre 1980 et 2010, la surface des cultures a été réduite de 57% (CNUCED, 2015).

Les considérations sécuritaires masquent mal les réelles intentions de la puissance occupante : accaparer un maximum de terres afin d’en tirer profit, tout en morcelant le territoire. Rien qu’en 2017, 978 hectares ont été confisqués en Cisjordanie et à Jérusalem-Est. Selon l’ONG pacifiste israélienne La Paix Maintenant, les terres palestiniennes privées représenteraient 40% des terres utilisées par les colonies. En 2017, le Parlement israélien a adopté un texte légalisant a posteriori les colonies établies sur des terres privées palestiniennes, et donc le vol de celles-ci.

Sources : CNUCED, Yesh Din, Al-Haq

 

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