Militants et agriculteurs palestiniens accusés à tort de pyromanie

La région comprise entre Bethleem et Hebron, dans le sud de la Cisjordanie, serait devenue le terrain de jeu d’apprentis pyromane à en croire une certaine presse israélienne. Les prétendus incendies volontaires seraient l’œuvre de “vilains” anarchistes israéliens accompagnés et aidés dans leur tâche par quelques militants internationaux « de gauche ».

Agriculteur palestinien utilisant une technique ancestrale« Des anarchistes mettent le feu à un champ proche d’une colonie », titre Yair Altman, journaliste pour Ynet News. « Les anarchistes filmés en train de brûler les oliviers ont aussi brûlé la mosquée », ajoute le site internet Arutz Sheva qui parle de « ville juive » et non plus de colonie et qui cite le parlementaire israélien Yaakov Katz – membre du Ihoud Leoumi (parti d’Union Nationale).

Pourtant de pyromanie il n’est point question. Cette pratique agricole ancestrale a un autre nom : l’écobuage ou débroussaillement par le feu. Elle consiste à directement brûler certains végétaux sur pied, tout en veillant à maîtriser le feu. D’ailleurs, une vidéo mise en ligne par Ma’an News Agency montre clairement que des tranchées sont creusées pour circonscrire les flammes.

Mais depuis deux semaines, les choses s’emballent. Certains médias israéliens surenchérissent dans la désinformation, des grenades lacrymogènes ont été tirées sur des sympathisants venus supporter les agriculteurs palestiniens, et de nombreux militants israéliens et internationaux ont été arrêtés à plusieurs reprises alors qu’ils accompagnaient les agriculteurs vers leur terre.

Si les anarchistes israéliens et les militants internationaux s’y trouvent mêler, c’est suite aux demandes répétées d’agriculteurs palestiniens de la région de Beit Ommar. Cet appel à l’aide et à la solidarité est en effet l’ultime moyen dont disposent les agriculteurs face aux harcèlements et pressions de l’armée israélienne d’occupation, et aux violences continues des colons, en général, et les attaques de ceux de Bat Ayin en particulier  – qui ont récemment détruit par le feu une septantaine d’oliviers dans la vallée de Saffa.

Pourtant, c’est sans ironie aucune que les responsables de colonies juives continuent d’accuser les palestiniens d’être responsables des incendies volontaires et non-contrôlés, tout en se disant victimes des violences palestiniennes. Pour Yair Wolf, adjoint au Conseil régional de Gush Etzion (groupement de colonies dans le sud de la Cisjordanie), ce sont les « anarchistes dont le comportement est intolérable qui doivent être stoppés. Les étrangers parmi eux doivent être déportés. Ils ne font que nourrir le conflit ».

Si pour l’instant ces militants internationaux ne sont pas encore expulsés, leur situation est néanmoins plus compliquée. Et chaque jour plus tendue.

Bien que n’ayant reçu aucune explication en ce qui concerne leur arrestation, ceux-ci ont été détenus près de cinq heures. Ils avaient la possibilité de s’expliquer ou de rester silencieux, ils sont restés silencieux. Après ces quelques heures de détention, un document en hébreu leur était présenté. Certains, prétextant de ne pas comprendre l’hébreu, ne l’ont pas signé. Ils sont cependant interdits de séjour dans le sud de la Cisjordanie pour une durée de quinze jours. Ils risquent maintenant une arrestation, avant une éventuelle déportation.

Sources : AIC, Ma’an News Agency, Ynet News, Arutz Sheva

NVC

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