Les tunnels de Gaza se convertissent à l’exportation

Les affaires sont devenues si mauvaises pour les contrebandiers de Gaza depuis qu’Israël a assoupli son blocus que les commerçants des tunnels ont renoncé à l’importation des marchandises dans l’enclave pendant que certains sont même devenus exportateurs souterrains.

Les propriétaires de souterrains avaient fait fortune en transportant toutes sortes de marchandises en provenance d’Égypte par des tunnels vers la bande de Gaza, en fournissant 1,5 million de Palestiniens gravement touchés par le blocus imposée par Israël en 2007 après la prise de contrôle des institutions sécuritaires par le Hamas dans le petit territoire.

tunnel à Rafah, novembre 2008
tunnel à Rafah, novembre 2008

Mais en juin Israël, en réponse à la pression internationale, a légèrement assoupli le blocus, officiellement destiné à affaiblir le Hamas à empêcher ses alliés de lui fournir des armes.

Les importations clandestines depuis l’Egypte, généralement hors de prix, ont perdu leur attrait lorsque les marchandises meilleur marché introduites par les passages frontaliers israéliens sont devenus disponibles. Beaucoup de propriétaires de tunnels ont fait faillite et la plupart des 2.500 tunnels ont été fermés ou mis en veille.

Mais quelques entrepreneurs se sont adaptés et ont inversé le mouvement, exportant à travers les tunnels restant des produits de base vers l’Egypte, seul marché disponible pour Gaza.

« Cette entreprise est très rentable, puisqu’il n’y a pas d’exportation à partir des points de passages israéliens », a déclaré Abou Khail, un tunnelier de la bande de Gaza. Il estime que de 15 à 20 tunnels sont maintenant en usage vers Egypte et chacun emploie au moins 12 travailleurs.

« Nous sommes exportateurs de matières premières comme l’aluminium, le cuivre, la ferraille, avec des œufs, des canards et des poulets », a déclaré un travailleur désirant rester anonyme qui emballe des sacs qui feront le court voyage de Rafah vers l’Égypte, un pays qui interdit les échanges commerciaux avec la bande de Gaza.

Bien que le blocus d’Israël n’ait pas réussi à briser le contrôle du Hamas sur Gaza, l’assouplissement a conduit à un effondrement des recettes fiscales non officielles qu’il tirait du commerce des tunnels.

Pour les Palestiniens de Gaza, le revers de fortune des contrebandiers est le bienvenu. Pendant trois ans, ils ont payé des prix exorbitants pour tout ce qu’Israël interdisait, ce qui représentait une très longue liste maintenant légèrement réduite, permettant un peu plus d’importations officielles.

D’après Reuters, sur Haaretz

traduction : Julien Masri

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