Les forces de sécurité soupçonnées de trois cas d’abus sur des Palestiniens ces derniers mois

B’Tselem a recueilli ces derniers mois trois cas dans lesquels des Palestiniens soupçonnés d’être en Israël sans permis ont dénoncé de graves agressions par les forces de sécurité israéliennes. Après que B’Tselem a déposé une plainte, l’unité des enquêtes de la police militaire et le département des enquêtes de la police ont ouvert des enquêtes sur ces incidents.

B’Tselem a recueilli plusieurs témoignages concernant trois incidents distincts au cours desquels les forces de sécurité sont soupçonnées d’avoir agressé et gravement maltraité des Palestiniens qu’elles accusaient de séjourner en Israël sans permis. Dans leurs témoignages à B’Tselem, les victimes ont déclaré qu’elles auraient été sévèrement battues, humiliées, et maltraitées. Deux des victimes ont eu besoin de soins médicaux. En octobre dernier, B’Tselem a révélé une série similaire de cas d’abus, qui a eu lieu dans les collines du sud d’Hébron.

A'amar Abou Hashhash
A'amar Abou Hashhash

Le premier cas est survenu le 10 janvier 2010. Les soldats ont arrêté Ashraf A’amar alors qu’il était sur la terre de sa famille près de Khirbet Jinba, dans le district d’Hébron. Les soldats l’accusaient d’avoir été en Israël sans permis et l’ont emmené pour interrogatoire, sans doute en Israël, par un organisme de sécurité dont l’identité n’est pas connue de B’Tselem. Dans son témoignage à B’Tselem, A’amar a déclaré que ses interrogateurs l’ont battu jusqu’à le rendre inconscient. Il ne sait pas ce qui s’est passé par la suite. B’Tselem a des documents indiquant que, le jour de l’incident, à 19:45, le Magen David Adom a reçu un appel signalant qu’il y avait une personne à demi-conscient à l’entrée de Aro’er, une communauté dans le Néguev . Les médecins qui sont venus sur les lieux ont conduit A’amar, dont l’identité leur était inconnue, vers la salle d’urgence à l’hôpital Soroka de Beersheva. Après seulement quelques heures à l’hôpital, la police l’a emmené au poste de police de la région du Néguev pour interrogatoire. Le lendemain matin, A’amar a été libéré sans qu’aucune accusation ne soit déposée contre lui. Il a ensuite été hospitalisé à l’hôpital publique Aliya, à Hébron, pendant douze jours. B’Tselem a contacté les autorités chargées d’enquêter sur la conduite des forces de sécurité et a exigé qu’ils enquêtent sur l’affaire immédiatement. B’Tselem a été informé que le Département des enquêtes de la police a ouvert une enquête.

Zidane As-Samamreh
Zidane As-Samamreh

Le second cas s’est produit le 7 mars 2010. Les soldats ont arrêté Zidane As-Samamreh et Mohamed As-Samamreh alors qu’ils tentaient d’entrer en Israël. Selon leur témoignage à B’Tselem, les soldats leur ont ordonné de se déshabiller, jusqu’à leurs sous-vêtements. Un soldat, qui est arrivé sur les lieux un peu plus tard, les a menottés et a bandé leurs yeux et puis les a frappés à coups de pied et avec son fusil. Pendant l’agression, le soldat a fracturé la main de Zidan As-Samamreh. Par la suite, les soldats leur ont permis de se rhabiller. Les soldats ont gardé les hommes pendant plusieurs heures, pendant laquelle ils les ont battus par intermittence et ont refusé de leur donner de l’eau à boire. Les deux ont ensuite été relâchés sans que des accusations soient déposées contre eux. Zidan As-Samamreh a été soigné à l’hôpital public Aliya pour sa main cassée. B’Tselem a écrit au juge-avocat pour les questions opérationnelles, exigeant une enquête immédiate sur l’incident. Une unité d’enquête de la police militaire étudie la question.

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Fouad al-Ghaneimat

Le 9 mai 2010, des policiers ont arrêté Fouad al-Ghaneimat à Bet Shemesh. Selon son témoignage à B’Tselem, les policiers l’ont agressé, le frappant de leurs mains et avec un bâton. Ils l’ont ensuite emmené au poste de police local, où l’un des policiers a frappé la tête d’al-Ghaneimat contre le mur, lui faisant perdre conscience. Après qu’il a repris conscience, le policier a continué à le battre. Battu et menotté, al-Ghaneimat a été emmené à l’interrogatoire. Sous la menace, il a signé une déclaration à la fin de l’interrogatoire, indiquant qu’il n’avait pas été battu par la police. Il a été libéré dans la nuit sans recevoir de traitement médical et sans qu’aucune accusation ne soit déposée contre lui. B’Tselem a écrit au Département des enquêtes de la police pour demander une enquête. Le Département des enquêtes de la police enquête sur les circonstances de l’incident.

30 juin 2010

source : B’Tselem

traduction : Julien Masri

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