Les colons harcellent les agriculteurs palestiniens

Des colons de Cisjordanie ont fréquemment évité les forces armées israéliennes qui protègent les agriculteurs palestiniens dans la récolte de leurs olives. Les colons entrent dans les oliveraies palestiniennes avant que l’armée puisse envoyer des troupes pour protéger les agriculteurs – et volent les olives ou détruisent les arbres.

Les habitants du village de Burin, près de la colonie de Yitzhar dans le nord de la Cisjordanie a déclaré qu’un groupe de colons a essayé de les éloigner de leurs terres avant de jeter des pierres sur eux. Par la suite, les forces de sécurité sont intervenues et personne n’a été blessé. Cependant, il y a apparemment beaucoup moins d’affrontements violents entre les colons et les fermiers palestiniens que ces dernières années.

oliviers palestiniens au printemps, village de Ni'lin (@Ahmed Mesleh)
oliviers palestiniens au printemps, village de Ni'lin (@Ahmed Mesleh)

Comme au moment de la récolte de l’an dernier, l’Administration civile [administration militaire israélienne pour les affaires civiles palestiniennes ndtr] a contacté les agriculteurs palestiniens propriétaires de terres à proximité des colonies avec lesquelles il avait eu des frictions pour leur offrir, une protection pendant la récolte. Des compagnies de la police des frontières et de l’armée israélienne avancent graduellement du nord au sud, fournissant une protection aux agriculteurs afin qu’ils puissent récolter leurs cultures sans entrave de la part des colons.

Le nombre d’affrontements entre colons et Palestiniens a en conséquence chuté brusquement.

Cette année, la récolte a commencé il y a environ 10 jours et, selon des officiers de l’armée israélienne, il y a eu des cas où les colons savaient à l’avance les jours où l’armée allait surveiller les vergers. On croit que les colons sont arrivés avant que les gardiens puissent être présents et, protégés par l’obscurité, ils ont récolté la plupart des olives.

Dans les vergers près de l’avant-poste de Havat Gilad, dans le centre-nord de la Cisjordanie, un officier a déclaré qu’une patrouille de l’armée israélienne avait vu deux colons venir avec deux sacs d’olives dans l’une des maisons dans l’avant-poste.

Dans deux cas, le personnel de l’Administration civile a trouvé les voleurs, confisqué les olives volées et les a renvoyées à leurs propriétaires légitimes.

Toutefois, selon des sources sécuritaires, il est très difficile de prévenir le vol et la police du district ne traite pas durement des voleurs quand ils sont pris.

Selon Sarit Michaeli, porte-parole de B’Tselem, qui suit la récolte des olives, a déclaré que les colons sont soupçonnés d’avoir une «nouvelle stratégie» et que plutôt que de recourir à la violence physique, ils profitaient du fait que tout le monde connaît les moments où les gardes devraient être en poste.

« Dans un certain nombre d’endroits où les Palestiniens ne sont pas autorisés pendant le reste de l’année, quand ils viennent durant les jours qui leur sont alloués, ils se rendent compte que les olives ont disparu », a dit Michaeli. Environ 100 arbres avaient été percés de trous et détruits près du village de Turmus Aya au nord de Ramallah, a dit Michaeli. « Dans le village de Deir al-Hatab, au sud de Eilon Moreh, un travailleur de terrain de B’Tselem a trouvé un groupe de jeunes hommes juifs avec leur professeur, récoltant des olives sur des terres palestiniennes privées », dit-elle.

Aussi, près de Turmus Aya, les fermiers palestiniens ont constaté qu’environ 400 arbres avaient été récoltés avant qu’ils puissent y arriver.

Itai Zer, le chef de Havat Gilad, nie que quiconque à l’avant-poste soit impliqué dans le vol des olives. « Un de nos gars est allé récolter des olives sur notre terre », a-t-il dit. « Puis l’Administration civile est venue et a dit ne pas être sûre que ce fût notre terre. En revanche, ce serait une zone contestée, aujourd’hui l’affaire est devant le tribunal », dit-il.

L’Administration civile a distribué des instructions écrites aux soldats impliqués dans la surveillance des vergers, leur ordonnant d’agir de façon décisive contre le harcèlement des Palestiniens qui récoltent leurs olives. « Les soldats ne sont pas autorisés à rester les bras croisés et doivent agir dans le cadre de leur fonction pour éviter les infractions et rétablir l’ordre. Les soldats sur les lieux doivent également empêcher les délinquants de fuir et préserver les preuves, si possible », selon ce que disent les instructions.

Avi Issacharoff et Anshel Pfeffer

source : Haaretz

traduction : Julien Masri

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