Les colons acceptent de quitter un avant-poste illégal en Cisjordanie

(Photo: MaanImages/file)
(Photo: MaanImages/file)

JERUSALEM (Reuters) – Après des mois de négociations et pour éviter une expropriation forcée, des colons ont conclu un accord avec le gouvernement israélien ce dimanche, visant à quitter le plus grand avant-poste illégal dans la Cisjordanie occupée, et à se déplacer vers un autre site.

Mais les militants contre les colonies décrivent cet accord comme honteux, dans la mesure où les familles ont été autorisées à se déplacer vers une autre colonie déjà établie en Cisjordanie, quelques kilomètres plus loin.

Malgré les revendications populaires pour un Etat palestinien indépendant, les gouvernements successifs d’Israël continuent de soutenir les colonies dans les territoires que les Palestiniens réclament comme les leurs.

Ces dernières décennies, le gouvernement a dépensé au moins 4 millions de shekels (1.1 million de dollars) pour financer l’établissement et le maintien de squats, bungalows préfabriqués à Migron.

Mais suite à une décision sans précédent prise en août 2011, la Cour Suprême d’Israël a demandé au gouvernement une évacuation de Migron, à 32 km de Jérusalem et ce, au plus tard le 31 mars 2012, en appuyant que le territoire était celui des Palestiniens.

Environ 500.000 Israéliens et 2.5 millions de Palestiniens vivent en Cisjordanie et à Jérusalem-Est, des territoires confisqués à la Jordanie lors de la guerre de 1967, que les Palestiniens réclament pour la création d’un futur Etat qui comprendra la bande de Gaza.

Les Palestiniens disent que les colonies s’opposent à un Etat viable pour eux et ils demandent un gel des constructions de colonies avant de reprendre des négociations de paix avec Israël, gelées depuis un an.

Sur plus d’une centaine d’avant-postes, Migron est le plus grand n’ayant pas l’autorisation du gouvernement israélien pour s’établir en Cisjordanie, et accueille environ 2000 personnes.

D’après le porte-parole des colons de Migron, Itai Hemo : « Cet accord a pour objectif de respecter la décision de la Cour Suprême et de prévenir contre des scènes d’expropriations et de démolitions de maisons vues dans le passé…  Le gouvernement a pris toutes ses responsabilités envers une colonie qu’il a établie ».

La porte-parole du groupe Peace Now plaidant contre les colonies, a qualifié l’accord de « honteux »

Selon Hagit Ofran de Peace Now : « Cet accord n’est autre qu’une honte. Le gouvernement israélien dit en fait « nous n’allons pas retirer Migron, nous n’allons pas faire ce que la Cour Suprême nous demande. Et nous allons céder aux menaces des colons. » … Le message envoyé par Israël est celui-ci : Israël (ne veut pas) la paix (et va) construire davantage de colonies.

Selon les sources officielles israéliennes, le nouvel emplacement alloué aux colons n’a pas le statut de propriété privée palestinienne.

Alors que les Nations Unies considèrent toutes les colonies de la région comme illégales, Israël soutient 120 colonies officielles, qui accueillent quelque 310.000 personnes.

Source: Ma’an news Agency – 12 mars 2012

Traduction: F.C

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